‹ L'affaire DreyfusChapitre 127 sur 178 · C. D. E.F. — Les autres faux. p · texte numérisé non relu

C. D. E.F. — Les autres faux. p

Le faux Weiler et le faux Henry ne sont pas, hélas ! les seuls dont Dreyfus ait eu à se plaindre. Le dossier est bourré de quantité d’autres pièces qui ont été altérées à l’aide de gratitages et de surcharges.

Sans reparler du petit bleu, nous aurons à étudier bientôt la réfection frauduleuse de toute une partie de la comptabilité du bureau des renseignements, à laquelle a procédé Gribelin de concert avec le général Gonse et le lieutenant-colo-

nel Henry dans le but d'appuyer les déclarations des prinei-

(1) Général Gon&., Enq. crim. I, 235-236.

(2) Darly, Eng. crim., I, 305.

(3) Matton, Eng. crim. I, 245.

Re. en

paux lémoins à charge relativement au marquis de Val

Carlos (1).

Nous nous expliquerons sur l'incident relatif aux cours

de l'Ecole de Guerre et au procès-verbal erroné versé et maintenu aux débats, pour faire croire à la livraison par Dreyfus de renseignements confidentiels, alors qu’on savait le fait

controuvé (2).

Nous reviendrons sur les falsifications qui ont porté sur les pièces 26 et 371 du dossier secret pour en faire contre

Dreyfus des charges redoutables (3).

Mais nous devons dès ici insister sur la pièce n° 96 du dossier secret et sur l'incident auquel eile a donné lieu : il montre une fois de plus la valeur des rapports dressés par le général Gonse.

G. — L'incident Painleve-Hademard.

Sous le n° 96, le dossier secret contient en effet une pièce qui porte la date du 8 mars 1898 et qui est ainsi conçue :

Dans le courant de l’année 1897, M. Painlevé, professeur à l'Ecole normale supérieure, a déclaré à M. d'Ocagne, professeur à l'Ecole des ponts et chaussées, qu'il était prêt à affirmer le fait suivant. Quelque temps après le départ de Dreyfus pour les îles du Salut, M. Hadamard, cousin de Dreyfus, faisait part à M. Painlevé, son collègue à la Sorbonne ou au Collège de France, de ses doutes sur la régularité du jugement. En présence de l'attitude de M. Painlevé, qui coupa court à la conversation sur ce sujet, en affirmant sa conviction dans l'exactitude du jugement rendu, M. Hadamard, craignant d'être allé trop loin, a ajouté textuellement : « Je n'ai pas voulu vous dire que je croyais Dreyfus innocent ; d’ailleurs depuis mon arrestation, nous avons eu dans sa famille connaissance de certains faits de sa conduite, qui font que nous ne pouvons pas répondre de lui. » M. Painlevé, dans les premiers jours du mois de mars 1898, a confirmé en présence du général Gonse et de M. d'Ocagne la précédente déclaration.

Paris, le 8 mars 1898.

Le Général Sous-Chef d'Etat-Major Général, GONSE (4).

) Voir page 681 et suiv.

mor page 711. | ) Voir pages 729 el suiv., 740 et suiv.

] Dossier secret, pièce 96 ; texte, déposition Painlevé, Enq. erim. I, 645.

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