‹ L'affaire DreyfusChapitre 130 sur 178 · ESPIONNAGE DE LA COUR DE CASSATION · texte numérisé non relu

ESPIONNAGE DE LA COUR DE CASSATION

Rien n'a élé respecté pendant toute cette campagne inouïe et il n’est pas jusqu'à la Cour de Cassation elle-même qui n'ait été l'objet des attaques les plus violentes et, jusque dans son palais, du plus honteux espionnage, dès que l'Elat-Major s’est rendu compte que, n'ayant d’autres soucis que le culte de la justice et la recherche de la vérité, elle ne ménagerait rien pour remplir la haute et belle mission que la loi lui confie.

Comme le lieutenant-colonel Picquart se trouvait, pendant l'enquête de la Chambre criminelle en 1899, détenu à la prison militaire du Cherche-Midi sous l’inculpalion invraisemblable de faux et d'usage de faux, il était, chaque fois que la Cour avait à l'entendre, conduit au Palais par un officier de la garde républicaine, le capitaine Herqué. Dans les nombreux rapports qu'il a adressés au Gouverneur militaire pour rendre compte de l’accomplissement de sa mission (2), cet officier n'a pas craint de se livrer sur l'attitude des magistrats à l'égard du prisonnier confié à sa garde à une série d'appréciations aussi déplacées que malveillantes. C'est ainsi

(1) Pauffin de Saint-Morel, Enq. crim. I, 425-426.

(2) Rapports du capitaine Herqué, 22, 23, 25 novembre, 3 et 30 décembre 1898. Cpr. lettre du lieutenant-colonel Picquart au Ministre de la Guerre du 16 janvier 1899. 2

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