‹ L'affaire DreyfusChapitre 137 sur 178 · DOI · texte numérisé non relu

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photographie de Cernuszki, et plusieurs correspondances avec lui. Cela se passa au commencement de novembre 1899 au café Métropole à Bruxelles (1).

Dès le 16 mars 1900, Wessel avait fait allusion à ces déclarations de Przyborowski dans une note écrite pour le bureau des renseignements. Il y énonçait que Przyborowski (alias Alex) avait raconté qu'il avait été acheté par l’Etat-Major en vue

d'un faux témoignage. Przyborowski disait que l’Etat-Major p. 412

lui avait promis une somme importante au cours du procès de Rennes, en août 1899, pour amener Cernuszky, mais qu’au début on ne lui avait versé que 1.000 francs en même temps qu'on l'avertissait qu'il devait se rendre à Londres pour quelques semaines. Depuis lors, il élait, ajoutait-il à cette époque, mars 1900, demeuré créancier de la plus grande partie de la somme promise pour l'intervention de Cernuszki (2}.

À la même époque, le 4 mai 1900, Wessel avait fait des déclarations semblables à M. Boissière, alors commissaire central à Nice. Il avait même précisé le chiffre auquel avait été coté le parjure de Cernuszki : 30.000 francs, crovait-il, semme sur laquelle à cette époque 11.000 francs restaient encore dûs. Przyhorowski ayant annoncé que, si on ne soldait pas ce reliquat, il ne verrait aucun inconvénient à révéler le marché, Wessel avait averti un officier attaché au zureau des renseignements, le capitaine Mareschal, qui, tout en niant avoir jamais eu aucun rapport avec Cernuszky (3), ne méconnait nullement avoir été en relations tant avec Wessel qu'avec Przyborowski (4) :

Que le secret n'était pas bien gardé par Przyhorowski qui était

prêt à dire la vérité si l'Etat-Major ne lui payait pas le reste de la gratification promise.

À cette communication, l'officier aurait répondu :

Przyborowski n’a qu'à se taire ; sans quoi, je le fais arrêter et après cela, on l'expulsera certainement. Il verra après ce que les Autrichiens feront de lui (9).

(1) Enq. crim. I, 18-19-20. — Cpr. Przyborowski, Eng. crim. Il, 124-185. (2) Eng. crim. Il, 95 et suiv.

(3) Mareschal, Eng. crim. Il, 132.

(4) Mareschal, Eng. crim. II, 132-153.

(5) Wessel. Procès-verbal Boissière, Eng. Crim. If, 95 et suiv.

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Wessel se réclamait, à l'appui de ses dires, du double témoignage d’une dame Gertrude Haussmann et d’une nommée Catherine Panfy, devant lesquelles Przyborowski aurait fait le même récit. Ces deux femmes n’ont pu être entendues, la première étant actuellement au Transvaal, la seconde à Berlin. Mais la femme de Wessel, Mathilde Baümler, a fait, quoique avec beaucoup d'hésitation et de réticences, des déclarations qui confirmaient dans certaines parties tout au moins celles de son mari. Le 25 avril 1903, elle écrivait à M. Gabriel Monod :

Mon mari n'a pas pris part plus que moi au marché conclu par M. Cernuszky à Przyborowski.….. et des complices dont la haute situation m'empèche de parler dans une lettre qui peut être rendue publique. Si nous avons connu les fégociations, nous ne sommes pas tombés assez bas pour nous associer à un contrat infâme qui vendrail la vie même d'un innocent (1).

Entendue le 24 mars 1904, elle déclarait :

En 1899, Przyborowski dit à mon mari qu'il y avait de l'argent à gagner avec l'Etat-Major en trouvant quelqu'un pour faire un faux témoignage devant la Cour de Rennes. Je conseillai à mon mari de ne pas se mêler de cela parce que nous pourrions aller tous les trois en prison. Przyborowski, ne réussissant pas de notre côlé, s’adressa alors à Cernuszki (3). Je ne puis vous en donner des preuves : mais j'affirme que Przyborowski s'en est vanté devant nous et nous a même montré des lettres de Cernuszki. Mon rôle à moi s’est borné à présenter Przyborowski à l'Etat-Major français et je n'ai pas été au courant des affaires qu'il a pu traiter.

Entendue de nouveau le 14 mai 1964, elle a précisé un peu plus.

Après le procès, a-t-elle dit, nous sommes allés, mon mari et moi, à Bruxelles et nous y avons retrouvé Przyborowski. Dans un moment d'expansion il dit un jour à mon mari et en ma présence, qu'il avait fait de concert avec Adamovitch, une affaire avec le général Mercier qui lui avait rapporté 30.000 francs. Il dit que cette affaire avait consisté à concerter avec un certain Cernuszki un faux témoignage qui avait été produit par ledit Cernuszki à la Cour de Rennes. Il ajouta qu'il avait eu toutes les

(1) Lettre de Mathilde Baümiler, femme \Wessel, à M. G. Monod, Eng. CENTS ON

(2) Mathilde Baümler, femme Wessel, Enq. crim. Il, 71.

(3) Cpr. Przyborowski, Eng. crim. II, 127.

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peines du monde à déterminer Cernuszki, à lui faire la leçon. Il dit à Wessel en terminant que, s'ils n'avaient pas été brouillés, il l'aurait fait participer à cette affaire (1).

C'est au mois de novembre que, suivant cette même déposition, ces propos auraient été tenus par Przyborowski.

Au mois d'avril 1900, les papiers de Wessel ont été saisis à Nice. On y remarque notamment un carnet où figurent entre autres les deux annotations suivantes :

Czern. Milt. G. Stab. (c'est-à-dire Cernuszki avec l'Etat-Major

général) et Czern. 30.000 f. und anderes. Math. fragen (2).

Ce n'est pas seulement devant Wessel et sa femme, c’'est-àdire devant des témoins peut-être récusables s'ils étaient isolés, que Przyborowski à fait allusion aux faits qui précèdent.

M. Jean Galmot, rédacteur du journal le Petit Niçois (3) entendu le 24 mars 1904 à déclaré :

Le dimanche 17 mai 1903, alors que je voyais Przyborowski pour la troisième fois, il me dit au café de la Régence, qu'il connaissait parfaitement les conditions dans lesquelles Cernuszki avait été présenté au capitaine Mareschal à « l'Hôtel Moderne et Nouvel Hôtel » à Paris (4). Il me fit remarquer comme élément de conviction que Cernuszki avait fait état dans sa déposition d’une conversation avec Adamovitch. Or, il n'avait jamais parlé de cet Adamovitch qu'à M. Mareschal, qui connaissait par lui les particularités contenues dans la déposition de Cer-

nuszki (9).

Plus précise encore est la déposition d'un ami de Przybo- ‘rowski, Bronislas Slaski, recueillie à Nice le 50 mars (6) et le 28 avril 1904 (7).

En 1900, au printemps, à Nice, dil ce témoin, Przyborowski m'aborda en me disant qu'il avait beaucoup gagné d'argent, mais qu'il l'avait perdu à Spa. Il ajouta qu'il devait bientôt toucher 6.000 francs... La conversation étant tombée sur l'affaire Dreyfus, il me déclara d’une manière formelle et à plusieurs reprises qu'il y avait joué un rôle et qu'il y avait gagné beaucoup d'argent. La meilleure affaire qu'il avait faite, disait-il, était celle de Cernuszki.

) Mathilde Baümler f Wessel, Enq. crim. IT, 83. — Cpr. Przyborowski, Eng. crim. Il, 187.

(2) Cpr. François, Enq. crim. I, 142. — Mareschal, Enq. crim. 11, 132. (3) Voir les n°* du Pelit Niçois des 9, 12, 14, 19 mars 1904. (4) Cpr. Mareschal, Enq. crim. II, 132 et suiv. (5) Jean Galmot, Eng. crim. II, 65.

(6) Bronislas Slaski, Enq. crim. II, 74.

(?) Bronislas Slaski, Enq. crim. IN, 77, “8.

Ilme raconta à son sujet qu'il avail rencontré en Belgique ce Cer-.. nuszki, qu'il avait connu en Autriche. L'idée lui était venue alors de se servir de lui pour faire un témoignage devant la Cour de Rennes. Il me dit quil l'avait conduit à Paris à « l'Hôtel Moderne » et que là, il l'avait mis en relations avec des officiers d'Etat-Major et que ce témoignage avait été concerté entre eux. Przyborowski parlait de Cernuszki avec force détails : il disait que cet individu

était très dépensier et qu'il avait eu beaucoup de difficultés à le tenir avec Iui (1). S ù

Nous lisons enfin dans une déposition.faite le 27 avril lui par M. Tomps (2) :

Mathilde Baümler, que je connaissais, m'écrivit pour me faire connaître que Przyborowski prétendait avoir fourni lui-même le témoin Cernuszki aux officiers de la section de statistique moyennant une somme de 30.000 francs sur laquelle on lui devait encore 11.000 francs. Mathilde Baümler me déclara qu'elle avait été mise au courant de ces faïts par Przyborowski lui-même, qui lui aurait dit avoir connu Cernuszki en Autriche et qui, furieux de ce que les officiers dont 11 s’agit ne lui aient pas versé les 11.000 francs qui formaient son solde, était disposé à me dévoiler ces faits... Ceci se passait en mai 1900... Quelques mois auparavant, à Paris... Przyborowski m'avait dit connaître Cernuszki depuis son enfance.

Toutes ces déclarations tendent à élablir que Przyborowski a tenu à diverses personnes des propos suivant lesquels il aurait, au mois d’août 1899, au cours du procès de Rennes, en vue d’un faux témoignage à prix d'argent, mis en rapport Cernuszki avec le capitaine Mareschal à Paris, où aurait été arrétée par avance, suivant une leçon qu'il aurait eu grand’peine à retenir, une déposition de pure invention que Cernuszki devrait réciter et qu'il a en effet produite devant le Conseil de guerre de Rennes, à la fin des débats.

Nous allons avoir à rechercher si, en lui-même, ce récit de Przyberowski est ou non mensonger. Mais dès à présent, si même nous écarlons comme suspects les témoignages de Wessel et de sa femme. ceux de M. Jean Galmot et de Bronislas Slaski ne permettent pas de douter que Przyborowski ait réellement fait le récit, vrai ou faux, d’une machination criminelle dans laquelle il s'attribuait un rôle effectif ou imaginaire.

(1) Cpr. Przyborowski, Eng. crim. I, 124-127. — Mareschal ; Enq. crim. 11, 132-133. (BE (2) Tomps, Enq. erim. II, 78-79.

pe

Entendu à son tour ies 23, 24 mars, 10 mai et 1° juin 1904, Przyborowski n’hésita pas (et sur ce point il n’a pas varié} à déclarer que Cernuszki a fail un faux témoignage et il affirma sa conviction que le capitaine Mareschal a préparé le témoignage.

« J'ai souvent parlé de Mosetig au capitaine Mareschalï (f), a-t-il dit, et je crois que cela à pu lui donner l’idée de le mêler au témoignage de Cernuszki : j'en suis même certain (2). » EF le 1 juin il a ajouté : « J'ai dit, parce que je le crois, que Cernuszki avait fait un faux témoignage. De cela, je suis convaincu parce que Cernuszki, dans son témoignage, a parlé de Mosetig qu'il ne pouvait pas connaître sans qu'on le lui ait indiqué et parce que, d'autre part, Cernuszki a mis en cause Mosetig au moment où, étant en prison, Mosetig ne pouvait pas le démentir (3). »

D'autre part Przyborowski a déclaré le 10 mai 1904 qu’il est bien venu de Liège à Paris pour deux jours au moment du procès Dreyfus, qu'il y a logé sous le nom de Petrino à « l'Hôtel Moderne », qu'il y &æ vu le capitaine Mareschal auquel il avait donné rendez-vous et qui lui a remis de l’argent en l'invitant à aller en Belgique ou en Angleterre. Mais il a soutenu ne connaître en aucune facon Cernuszki, ne

l'avoir jamais vu, n'avoir eu Jamais de rapports d'aucune sorte avec lui et n'avoir pu par suite le mettre en relations avec le capitaine Mareschal (4).

Le capitaine Mareschal à, de son côté, déclaré ignorer absolument l'existence de Cernuszki (5).

Dès qu'on a su à l'Etat-Major que Wessel et Przyborowski avaient parlé et que le témoignage de Cernuszki et les conditions dans lesquelles il avait été produit étaient mis en suspicion, 1l semble qu'il se soit aussitôt employé avec une ardeur, qui à paru impliquer des responsabilités en jeu, à obtenir à toutes fins éventuelles des rétractations écrites de ces agents.

Au mois d'avril 1900, les papièrs de Wessel sont saisis à Nice. Le capitaine Fritsch se rend aussitôt sur place, par-

Lo Przyborowski, Enq. erim. IE, 129. — Cpr. Mareschal, Eng. crim. II,

) Przyborowski, Eng. crim.. Il, 134.

) Eodem., Eng. crim. II, 134.

) Przyborowski, Eng. crim. II, 81.

5) Mareschal, Eng. crim. II, 132.

vient à se faire remettre ces papiers par le commissaire cen- : tral de police ; puis, « violant tous ses devoirs », suivant le mot du général de Galliffet (1) et, soldat, faisant « un acte politique, .…. un acte de folie » (2), il cherche à provoquer, par l'indiscrétion inqualifiable qu'il commet en les livrant à la publicité, une émotion qui force l’inaction de ses chefs hiérarchiques et les oblige à lutter contre ce qu il appelait « les machinations des agents du Ministère de l'Intérieur » substitués depuis peu par le Ministre de la Guerre au Service aes renseignements pour la surveillance de l’espionnage. L’incident entraîne la démission du général Galliffet après un débat des plus vifs à la Chambre des députés (3).

De même, en avril 1900, le capitaine Mareschal « commande » à Przyborowski un rapport, que celui-ci a effectivement rédigé, su” les agissements auxquels se serait livré M. Tomps par l'entremise de Mathilde Baümler pour chercher à établir que le témoignage de Cernuszki était faux. « Il m'a dit, a raconté Przvborowski, ce qu'il fallait mettre dedans; il m'a même dit que, si je faisais un joli rapport comme il le voulait, il me donnerait 1.000 francs. J'ai fait le rapport ; j'avais besoin d'argent, il ne m'a rien donné du tout... Pour cette note, M. Mareschal m'avait dif : « Vous écrirez comme ça et comme ça (4). » Ce rapport a été remis le 21 avril ; le mois suivant Przyboroweki revient à Paris : il réclame toujours ses 6.000 francs. Le capitaine Mareschal lui explique, prétend-il, qu'on ne peut lui donner satisfaction, mais qu'il se fera davantage en écrivant pour un journal un article sur Tomps dans l'affaire Cernuszki, dans le sens du rapport du 21 avril. Il est dans la misère : il consent encore. Par l'agent Brücker (5) et sous les auspices du capitaine Fritsch (6), il est mis en rapport avec le journal l'Eclair dans les bureaux duquel il écrit un article où il impute à M. Tomps derechef d'avoir sollicité Mathilde Baümler de trouver la preuve que

(1) Général de Galiffel, séance de la Chambre des députés du 28 mai 1900 : Journal officiel du 29, p. 1308, col. 2.

(2) Général de Galliffet, eodem, p. 1308. col. à.

(3) Séances de la Chambre des dépulés du 22 et du 28 mai 1900, Journal afficiel du 23 et du 29. — Cpr. général de Galliffet, Eng. crim. I, 898. — François, Eng. crim. If, 141. — Cavard, Enq. crim. I, 894.

(4) Przyborowski, Enq. crim. II, 128.

(5) Przyborowski, Enq. crim. I], 124-125. —- Brucker, Enq. crim. IT, 162.

(6) Brucker, Eng. crim. IH, 160, 162. — Cpr. Przyborowski, Eng. crim. 0129;

Cernuszki est un faux témoin. Il reçoit en paiement, avec une somme de 1.600 france et l'affirmation qu'il vient de rendre un grand service à la France, le conseil de partir en Belgique où il fera bien d'attendre que les choses aient changé « parce que Waldeck-Rousseau et Galliffet sont capables de tout vis-à-vis de lui (1). » L'article dont Przyborowski avait ainsi fourni le thème a été remanié, grossi ; « on en a fait

n éléphant » (2) et c'est celui qui à ensuite servi de base à l'interpeliation de M. le comte de Castellane devant la Chambre des Députés (3).

A la même époque, à Nancy, Wessel rédigeait à son tour, sur l’ordre du capitaine Mareschal et en présence de celui-ci dans une chambre d'hôtel, un rapport conçu dans le même ordre d'idées el aux mêmes fins (4).

Depuis Pryzborowski et Wessel ont l'un et l’autre énergiquement désavoué les déclarations obtenues d'eux à cette époque ; ils les attribuent à la toute puissance, dans leur situation, des pressions qu'ils ont subies. Sans rechercher ce qu'il peut y avoir de fondé dans cette attitude, nous tiendrons, puisqu'elles ont varié, leurs déclaralions pour suspectes. Mais, ceci même largement concédé, il reste nécessairement acquis, par les dépositions tout au moins de MM. Galmot et Slaski, sans compter celles de Mathilde Baümler, que Przyborowski s’est, à tort ou à raison, accusé lui-même devant eux d’avoir contribué à organiser le témoignage de Cernuszki.

Envisagé en lui-même, que vaut donc ce témoignage ? Est-il forgé ?

Il est aujourd’hui facile d'établir que le témoignage de Cernuszki, les 5 et 6 septembre 1899, n’est que l'expression d'une leçon hâtivement faite et Sans doute mal retenue. La contexture aussi bien que la nature des matériaux employés en révèlent presque à coup sûr la genèse. Hâtons-nous de

4) Przyborowski, Enq. érim. II, 124-125-126-127-128. (2) Przyborowski, Enq. crim. II, 129. — Cpr. Brucker, Enq. crim. Il,

(3) Chambre des députés, séance du 28 mai 1900 ; Journal officiel au 29. (4) Cpr. Mareschal, Eng. crim. II, 132.

dire que tout cela ne résulle que des données de l'information à laquelle il vient d'être procédé par la chambre criminelle, et n'a pu apparaître aux yeux du Conseil de guerre. Tout ce qu'a su officiellement ce Conseil, c’est que les recherches précipitamment faites aux archives du Ministère de la guerre le 5 septembre 1899 par le capitaine François à l'effet de retrouver le procès-verbal des mêmes déclarations que Cernuszki prétendait avoir été dressé et signé vers la fin du mois de mai 1896 par lui-même et par un agent envoyé du :mimisère, étaient restées infructueuses (1).

Si le témoignage de Cernuszki ne s'était habilement produit tout à fait à la dernière heure, quelques vérifications n'auraient pas manqué de révéler au Conseil de guerre le caractère mensonger des déclarations audacieusement apportées à sa barre. Il importe de faire ressortir leur fausseté dans la partie même que, finalement et d'après sa lettre du 24 octobre 1904, Cernuszky aurait à huis clos déclarée inapplicable à l'accusé.

Dans sa déposition du 6 septembre, suivant sên canevas manuscrit, Cernuszky désigne « Monsieur le comte Schünbeck » comme étant l'officier qui, dans le courant de septembre 1894, à Genève, lui aurait nommé Drevfus et qui, à la fin du même mois ou au commencement d'octobre, à Paris, au « Nouvel Hôtel » 49; rue Lafavette, lui aurait montré des documents militaires à lui livrés, et notamment l'organisation militaire des chemins de fer.

« J'avais, dit M. Tomps dans sa déposition du 27 avril 1904 (2), appris avant l'ouverture du procès, que le parti, dit de l'Etat-Major, avait l'intention de mettre en cause, j'ignore dans quelle mesure, un ancien lieutenant allemand (badois) von Schoënebeck, qui avait été arrêté en France sous l’inculpation d’espionnäge, condamné et détenu et enfin libéré. »

Et ‘e 6 septembre 1899, le général Chamoïin écrit au Ministre de la Guerre :

(1) Cernuszki, Rennes III, 314. — Note du Ministère de la guerre, 5 septembre 1899. — Général de Galliffet, Enq. crim. I, 900, (2) Tomps, Enq. crim. Il, 78 et suiv.

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