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La distribution d'un rôle à M. Adamovwitch n'est pas moins caractéristique que la mise en scène de Mosetig. Il a été impossible d'identifier cet Adamovitch et d’en saisir nulle part la personnalité. Mais Przyborowski dit avoir été en relations avec un Adamovitch dont il aurait fait la connaissance en 1898 à Monte-Carlo, et qui serait parti peu après pour la Serbie, son pays (1). Voici donc «le Serbe Adamovitch », le prétendu confident de Mosetig, qui, lui, ne l’& jamais vu ni connu. Tel est l'œuf dont ce personnage est éclos, pour être introduit dans le récit. C'était sans doute qu'il était devenu pour un motif quelconque aussi introuvable que Moselig alors abrité à la fois par les murs d'une prison el par l’affublement du titre de Conseiller aulique. « Przyborowski — a « dit M. Jean Galmot, — me fit remarquer comme élément « de conviction, que Cernuszki avait fait état dans la dépo- « sition d’une conversation avec Adamovitch : or il n'avait « jamais parlé de cet Adamovilch qu'à M. Mareschal qui con- « naissail par lui les particularités contenues dans la déposi- « tion de Cernuszki 2). »
Les noms de Mosetig et d'Adamovitch évoquent donc clairement l'intervention de Przyborowski ; celui de von Schoënebeck, sans parler de celui de Lœbel ou Leblois, semblerait Gcuvrir une échappée sur d’autres participations à la mise en scène de Cernuszki, surtout si l’on considère que cet individu n'était pas, dès avant 1899, un inconnu au Bureau des renseignements, et que Brücker avait eu, dans son service, à s’aboucher avec lui (3). On peut rapprocher de celte circonstance la déposition du témoin Gaillard qui, quelques mois après le procès de Rennes, ayant rencontré à Paris, rue de Clichy, Cernuszki « qui n'était plus alors l’homme sans res- « sources qu'il avait vu à Rennes, mais un Monsieur vêtu « avec la plus grande élégance », s’est vu proposer par lui d'opérer de concert dans une affaire d'espionnage où devait encore figurer une valise contenant de mystérieux papiers (4).
Ces premiers indices de relations de Cernuszki soit avec Przyborowski, soit même avec le Bureau de renseignements
(1) Przyborowski, Enq. crim. II S3.
(2) Galmot, Enq. crim. 11, 66.
(3) Notes Brücker, 20 juin 1906 (voir pages 621-622). — Brücker, End. crim. I, 162 .— Cpr. Gribelin, Enq. crim. I, 920. — Picquart, Enq. crim. I, 689. — Gaillard, Énq. crim. I, 19. — Lauth, Eng. erim. II, 119.
(4) Gaillard, Enq. crim. II, 119.