WILHEM
(1) Charles Dupuy, Enq. crim. I, 848-849.
(2) Ferlet de Bourbonne, Eng. crim. I, 429.
(3) Ferlet de Bourbonne, Enq. crim. I, 430.
(4; Ferlet de Bourbonne, Eodem. — Cpr. Stoffel, Enq. crim. I, 400.
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Il lui avait déclaré tenir ces renseignements de son vieil ami le comte de Münster {1}, alors encore ambassadeur, sans avoir jamais dit qu'il eût vu l'original {2). I ne lui avait pas demandé le secret que l'ambassadeur, fort mécontent de l'attitude de l'Empereur à son égard dans toute cette affaire (3), ne paraissait pas d’ailleurs avoir sollicité (4).
M. Ferlet de Bourbonne ajoulait qu'il fallait imputer à son ignorance de la langue allemande le fait que l’orthographe du nom de Wilhelm n'avait pas été entièrement respectée par lui et qu’un L v avait été omis (5).
Le colonel Stoffel devenait en dernière analyse le seul témoin dans les déclarations duquel l'histoire du document impérial! püt trouver une base quelconque. Encore fallait-il qu'il fournit des preuves formelles pour infirmer les dépositions si précises et si calégoriques qui s’élaient produites au cours de l’enquêle. Ses confidences liraient une certaine importance de ce qu'il ne les avait pas faites seulement à M. Ferlet de Bourbonne, mais de ce qu'il en avait fait part à plusieurs autres de ses amis, et que dès lors elles ne pouvaient être considérées comme l'expression d’un sentiment fugitif. M. Rey Roize est entièrement d'accord avec M. Ferlet de Bourbonne sur la nature des révélations que l’ancien attaché militaire à Berlin a cru devoir faire dans son salon et à sa table (6). Lui aussi atteste que les renseignements fournis étaient présentés comme émanant directement du comte de Münster (7), ce qui lui a paru bien extraordinaire (8). Au général Schnéegans, qui déclare « n'avoir pas attaché grande « importance à ce récit », le colonel Stoffel a également parlé « d’un papier venant de l'étranger et ayant trait à l'affaire « Dreyfus (9) ». A M. Robert Mitchell, avec lequel il a d’ancennes relations et qu'il à rencontré un jour sur le boulevard près du Crédit Lyonnais, il a affirmé, sans lui demander le secret et sans lui dire de qui il tenait ce renseigne-
(1) Ferlet de Bourbonne, Eng. crim. I, 429-430, 432.
(2) Ferlet de Bourbonne, Eodem 1, 430-131-432.
(3) Ferlet de Bourbonne, Eodem I, 433.
(4) Ferlet de Bourbonne, Eodem I, 433.
(5) Ferlet de Bourbonne I, 431. — ‘Sémenoff End. crim. I, 387.
(6) Rey Roïze, Eng. crim. T: 439.
(7) Rey Roiïize, Eodem I, 440.
(8) Rey Roïize, Eodem I, 440.
(9) Général Schnéegans, Erq. crim. Il, 206. — Cpr. Interview Schnéegans : Petit Temps, 3 février 1899. — Aurore, 7 février 1899.
ment, l'existence d’une annolation de i Empereur d’Allemagne dans laquelle Dreyfus était nommé en toutes letires (1), et lui en avait récité le texte (2). Au général Mercier, qui l'avait prié de venir le voir, il a fait des confidences plus complètes, lui récitant de mémoire, sans lui rien montrer, le texte de l’anrotation, et lui attestant qu’un de ses amis possédait la photographie, non pas d’un bordereau annoté, mais d’une lettre de l'Empereur d'Allemagne au comte de Münster, el la lui avait montrée (3).
Ces révélations, que M. Ferlet de Bourbonne à accueillies avec tant d'empressement, ont laissé incrédules et M. Robert Mitchell — qui à eu l'impression « que le colonel Stoffel avait « été la victime d’une mystification (4) » — et le général Mercier (9). Elles apparaïssaient, en effet, comme bien peu vraisemblabies par leur texte qui, non seulement prêtait à un souverain des expressions inadmissibles (6, mais encore était diamétralement contraire aux déclarations que M. de Münster avait faites au comte de Turenne (7; et à tant d’autres, à la note parue à ce sujet dans le Moniteur de l’Empire allemand, et à la déclaration officielle du comte de Bülow devant la commission du Reichstag (8.
Invité à éclairer la justice sur le mérite de ses mformations, le colonel Stoffel a tenté d’abord, pour se dispenser de répondre, de se couvrir d'ordres du Ministre de la Guerre, qu'il interprétait faussement ; il s'est borné à prétendre « n'avoir jamais vu ni dil à personne au monde avoir vu ni « un bordereau quelconque sur gros papier ou sur papier « pelure, ni une lettre de l'Empereur d'Allemagne, ni même « une photographie de l’une ou l’autre de ces pièces, où un « document quelconque (9) ». Prenant à partie le général Mercier, il a déclaré n'avoir jamais dit à personne qu'un de ses amis possédàt une photographie de cette nature et la lui
(1) Robert Mitchell, Eng. crim. I, 441. — Cpr. Le Radical, ? février
(2) Robert Mitchell, Enq. crim. I, 442, 4 (3) Général Mercier, Enq. crim. 1, 6, 279.
(4) Robert Mitchell, Enq. crim. I, 442.
(5) Général Mercier, Enq. crim. I, 256, 272 et 585.
(6) Général Mercier, Enq. crim. 1, 272. Ë ÿ
(7 Stoltel, Enq. crim. 1, 404. — Cpr. Comle de Turenne, Cass. 99, I, 612. — Petile République, 22 déccmbre 1898.
(8) Voir page 351.
(9) Stoffel, Enq. crim. I, 399.