‹ L'affaire DreyfusChapitre 148 sur 178 · OT CAIN TT TN · texte numérisé non relu

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eût montrée (1) et «n'avoir pas pu le dire, parce que ce n'est « pas vrai (2) ».

Sa croyance en l'existence de cetle pièce demeurait pourtant entière : il tiendrait ces renseignements d’une personne haut placée qui lui inspire la plus entière confiance et en situation d’être admirablement renseignée (3) ; mais « tout « en se rendant comple que son témoignage perdait ainsi « toute valeur par sa réticence (4) », 1l refusait absolument d'en dire le nom (5).

Entendu une seconde fois, il à persisté à se prétendre tenu vis-à-vis de la justice à une réserve qui ne lui permettait pas de divulguer des secrets confiés à son honneur. Oubliant qu'il avait parlé sans restriction devant de nombreux témoins qu'il attaque aujourd'hui avec la dernière inconvenance (6), en indiquant les noms qu'il veut taire aujourd'hui et en précisant ses allégations, il a affirmé ne pas tenir ses renseignements du comte de Münster et n'avoir dit à personne quelle était la source de ses renseignements. « Jamais — a-t-il pré- « tendu — je n'ai dit que M. de Münster m'avait parlé du « bordereau. Je ne suis pas un inventeur d'histoires. Jamais « M. de Münster et moi n'avons parlé du bordereau (7) ».

Suivant lui ses propos ont été déformés par ses interlocuteurs qui l'ont mal compris ; et, pour les réduire à leur vérilable portée, il les représente comme l'écho de conversations particulières, comme le résullat de lectures qu'il aurait faites dans les journaux, ou de déductions auxquelles 1} s'était livré et qu'il était permis à tout homme de faire en suivant le procès et les témoignages. ils ne deviennent plus ainsi que l'expression d'une simple appréciation purement personnelle (8).

Quant au texte même de l’annotation, il lui est impossible de se souvenir o° il l'a prise (9). 11 l'a dicté à M. Ferlet de

(1) Stoffel, Eng. crim. I, 401, 402.

(2) Stoffel, Lodem. 402.

(3) Sloffe], Eodem I, 403.

(4) Stoffel, Enq. crim. I, 403.

(5) Stoffel, Enq. crim. I, 398, 401, 402, 403. — Cpr. lettre de M. Seymour de Ricci, publiée par Le Temps, 24 avril. — Le colonel Stoffel aurait dit à M. Seymour de Ricci tenir cette histoire du général Coïffé.

(6) Stoffel, Enq. crim. I, 576, 577, 578 el suiv.

(7) Stoffel, Enq. crim. 1, 577.

(8) Stoffel, Enq. crim. I, 577, 579, 580.

(9) Sloffel, Enq. erim. I, 581. — Cpr. Sloffel 1, 408.

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Bourbonne comme étant celui que la presse indiquait, sans y attacher d'importance (1). Il n’a jamais eu chez lui de pièce qui pourrait avoir la valeur qu'on donne à celle dont parle M. Ferlet de Bourbonne (2).

Et c'est ainsi que s'effondre le dernier témoignage sur lequel pourrait reposer celte invraisemblable légende. I ne s'agit plus d'informations précises, émanant d'une source autorisée et qui s'imposeraient à tous. Nous ne sommes plus qu'en face d'une appréciation individuelle dont l'origine réside dans des bruits publics, dans des commérages de journaux, et qui ne mérite plus l'attention des gens sérieux.

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