‹ L'affaire DreyfusChapitre 160 sur 178 · DORE · texte numérisé non relu

DORE

voque, qu'à aucun moment ils n’ont voulu éclairer la justice sur l’inanité d’une charge qu'ils avaient eux-mêmes forgée à l’aide d’une erreur par eux reconnue, nous devons avouer que les soupçons qui pèsent sur eux reposent sur les bases les plus sérieuses, tandis que les explications manifestement embarrassées et contradictoires qu'ils fournissent sont insuffisantes à les justifier.

Mais en même temps, nous devons ajouter que ce fait ne nous paraît pas devoir être retenu, comme l’un des éléments de la revision sollicitée. Si l'enquête nouvelle en a mieux fixé toutes les circonstances, les débats, qui se sont déroulés devant le Conseil de guerre de Rennes, en avaient cependant déjà fait justice en dehors d'eux. C’est ce qui ressort nettement de la note jointe au dossier secret après les débats par le général Chamoin. C’est ce que constatait également M° Demange dans sa plaidoirie, lorsqu'il disait le 8 septembre 1899 : « En ce qui touche les cours de l'Ecole de guerre,

« dont il a été question, il n’en a plus été parlé devant vous :

« on à reconnu que ces Cours retrouvés chez l'agent A... p. 496 « dataient d’une époque postérieure à celle où Dreyfus fai-

« sait partie de l'Ecole de guerre (1) ». Il est donc certain que

le fait n’est point un fait nouveau au sens de la loi, et s’il

doit être signalé à toute votre attention, comme manifestant : d'une façon frappante les procédés employés par l'Etat-Major

pour accabler Dreyfus, il ne peut du moins devenir l’une

des bases de votre arrêt.

$ 5. — Falsification de la pièce 3871 du dossier secret.

Parmi les pièces versées au dossier secret et dont il a été fait état contre Dreyfus devant le Conseil de guerre de Rennes figurait une lettre écrite au crayon noir sur papier quadrillé par l’agent B. à l'agent A. et ainsi conçue :

(1) M° Demange, Rennes III, 738, 739.

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