‹ L'affaire DreyfusChapitre 166 sur 178 · AR · texte numérisé non relu

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Le général Gonse a déposé dans le même sens ; à différentes reprises il s’est expliqué sur cette impossibilité :

Le motif, a-t-il dit, que j'avais de lui assigner une date antérieure à 18%, c'est que cette pièce (n° 26) ne pourrait pas à mon sens avoir été écrite le 28 mars 18%, arriver au service et se trouver portée dans un bordereau du 1% avril 189%, car les opérations auxquelles chaque pièce donne lieu sont beaucoup plus longues (1).

Développant sa pensée, il a ajouté :

« 11 faut donc que la voie ordinaire, qui a apporté ces pièces,

« ait prévenu, car il faut qu'elle prévienne d’abord qu'elle a des « papiers ; elle les remet, elle les apporte, on les trie ; ce triage « demande toujours un certain temps ; le temps de trier les

« papiers, de les recoller, il me paraît bien extraordinaire que ce

« soit arrivé si vile que cela au service. » (?)

Enfin le commandant Cuignel a reproduit la même argumentation.

Il n'y a pas impossibilité à ce que les pièces, ayant été écrites par leur auteur le 28 mars, aient pu être communiquées en copies au Ministre le 1% avril suivant ; il n’y à pas d'impossibilité, mais c'est tellement près que c'est un peu extraordinaire. (3)

Que faut-il penser de ces appréciations ? Le délai de quatre jours pleins qui s'est écoulé du 28 mars au 1% avril 1895 était-il réellement insuffisant ?

Pour en juger, il importe de se rappeler comment procédait la voie ordinaire et quel était le travail du Bureau des renseignements. Chaque document suhissait successivement trois sortes d'opérations : celle de la transmission à la section de stalistique, éclle de la reconstitution dans celle section, celle de la communication au Ministre et au chef d'Etat- Major. Examinons chacune d'elles :

Les pièces saisies par la femme Bastian se trouvaient en menus fragments dans une corbeille. Elle les transmettait à nos officiers par l'agent Brücker qui venait les chercher er un lieu convenu (4), ou bien elle les remettait directement de la main à la main au celonel Henry, à qui elle fixait un ren-

(1) Général Gonse, Enq. crim. I, 209, 2358.

(2) Général Gonse, Eng. crim. I, 208.

(3) Commandant Cuignet, Enq. erim. I, 799.

(4) Brucker, Enq. crim. I, 306.

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