VOICI
« C'était, a dit M. Lépine, l'apparition du justicier : quand « je me remémore, au bout de quatre ans, cette vision d'Henry « levant la main, la croix de la Légion d'honneur sur sa large « poitrine, il me semble qu'il n’y ait eu que deux mots dans « sa déposition : « C’est lui, je le sais, je le jure !»4(8;
L'impression produite fut profonde sur les juges du Conseil (4). Elle fut moins vive sur le lieutenant-colonel Picquart, qui savait quelle était « la personne honorable » dont parlait Henry, et nous verrons, en étudiant ultérieurement l'incident
Val Carlos (5), que la déposition d'Henry n'était, suivant toutes vraisemblances, qu’un faux témoignage.
L'impression, qui résulla de cet épisode, fut encore augmentée par un autre incident (6) qui, longtemps dissimulé, nié avec ténacité, a fini par être prouvé, par être avoué, et qui, montre par quels procédés l'Etat-Major à pu enlever la condamnation de Dreyfus, dont l’acquittement, même alors, restait encore possible (7).
Suivant un usage, qu’il dit pratiqué dans la plupart des
(1, Picquart Cass., 99, I, 130 et Rennes I, 380. -— Freyslailer, Cass. 99, II, 6 et S.— Note Gonse (Doss.secret n° 35). Note Deimange sur le huis clos : La revision de l'affaire Dreyfus. Débats de la Cour de Cass., 605. — Note Dreyfus, eodem, 608.
(2) Picquart Cass., 95, I, 150 et Rennes I, 380.
(3) £épine "Cass..95, 11; p.10;
(4) Freystaiter, Cass. 99, 11, 5. — Picquart, Cass., 99, I, 130 et Rennes 1, 350. — Maurel, Rennes II, 192.
(5) Voir pages 681 et suiv.
(6) Voir Chambre des Députés, 24 janvier 1898 : Journ. off. du 25. — Procés Zola : audiences du 12 et du 19 février 1898. I, p. 382 et II, p. 177. — Lettres du lieutenant-colonel Picquart au Garde-des-Sceaux: 6, 14 et i5 septembre 1898. —— Ficquart, Cass. 99, I, 152. — Du Paty de Clam, Cass. 99, I, 442. — Note Nivard : large, End. crim. I, 113, 114.
(7) Picquart, Rennes I, 380 et Cass. 99, I, 131.
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