GONSE, HENRY
Remarquons en passant que cette date du 20 octobre 1R97 est manifestement inexacte : la déclaration est dite reçue en présence du général Gonse et du lieutenant-colonel Henry. Cr Henry n'a été promu lieutenant-colonel que vingt jours après, le 40 novembre 1897, ainsi que le prouve le Journal ojficiel versé aux débats (3).
Enfin, au mois de juillet 1898, le Ministre de la Guerre, M. Cavaignac, fit appeler le capitaine Lebrun-Renault et lui demanda de lui répéter ce qu'il avait dit autrefois au généraux Mercier et Gonse. « M. le Ministre, je vais vous dire ce qui ma été dit, lui répondit le capitaine ; maintenant j'ai encore chez moi une petite feuille ; j'ai pris ces notes le lendemain de la dégradation vers deux heures. Si vous voulez, je vais vous les rapporter ». Je lui rapportai cette feuille el c'est cette copie qu'il lut dans sa déclaration à la Chambre des députés, qui fut ‘imprimée et affichée sur les murs de toutes les communes de France (4). »
Retranché du monde à l’île du Diable, Dreyfus ne savail rien de tout ce bruit qui se créait ainsi autour de la scène du 5 janvier 1895 ; personne n'avait pensé à l’interroger, à contrôler auprès de lui l'exactitude des propos qu'on lui attribuait
(1) Lebrun-Renaud, Rennes III, 75, 76.
(2) Dossier secret, pièce 254.
(3( Targe, Enq. Crim."Il, 43:
(4) Lebrun-Renault Rennes II, 76.