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du deuxième et à égale distance de chacun d'eux. Les chaîinons impairs ont, en effet, sur les réticules l'i, le tet le 2° e, tandis que les chaînons pairs ont li, le { et l'e à demi-réticules (1). Comme it est vraisemblable que les deux chaines superposées ont dù être tracées avec des encres de couleur différente, pour les rendre plus distinctes, M. Bertillon les a respectivement appelées chaîne rouge et chaîne verte dans ses explications (2).
Pour établir que le gabarit a été celui dont le scripteur s'est servi, M. Bertillon s’est livré aux vérifications suivantes
Il a fait passer la double chaîne sous les différentes lignes du bordereau, en ayant soin de faire coincider le bord libre du document avec un réticule du gabarit, afin d'assurer une superposition réticule sur réticule. Il a cru constater que les divers mots du bordereau venaient se mouler avec la plus grande exactitude sur les jambages des mots intérét (3), et il y à vu la preuve que tel avait été l’artifice de construction auquel on avait eu recours.
Ce système a présenté l'avantage de lui donner une explication très simple des repérages réticulaires et des phénomènes de superposition avec recul des polysyllabes redoublés. Le repérage réticulaire de deux initiales se produit, en effet, toutes les fois qu'elles ont été tracées sur les mêmes lettres de deux motsintéret de même alternance. Quant à la coïncidence des polysyllabes redoublés entre eux, elle est inévitable, puisque ceux-ci ont été tracés d'après une matrice commune ; elle se produit réticules sur réticules, quand ces mots ont été écrits sur des mots intérêt de parité semblable et par conséquent semblablement réticulés ; elle se produit au contraire à demi-réticules, quand l'écriture a été guidée par des mots « intérêt » de parité différente. Elle a lieu après glis-. sement de 1 m/m. 25 quand l’un d'eux a été écrit sur la chaîne rouge et l’autre sur la chaîne verte. Il se peut enfin que le glissement ne doive s'effectuer que partiellement dans le cas où une partie des deux mots a été écrite sur la même chaîne (rouge ou verte) et l’autre sur des chaînes différentes. C'est ainsi que, d’après M. Bertillon, la ligne 13, « 5° le projet de
(1) Capit. Valério, Rennes, II, 392.
(2) Bertillon, Rennes II, 347.
(3) Broch. verte, p. 32.
manuel de tir », Se superpose sur la ligne 30, « Je vais partir en manœuvres », réticules sur réticules,. parce que ces deux hgnes contiennent des parlies communes qui ont été tracées dans des parties correspondantes du gabarit et sur des mots « intérêt » de même alternance. Au contraire pour les mots manœuvres des lignes 22 et 30; tandis que les jambages initiaux de l’m et les lettres n et o coïncident réticules sur réticules, parce qu'ils ont été écrits les deux fois sur la chaine rouge, il faut effecluer un glissement de 1 m/m. 25 pour obtenir la superposition de la syllabe œuvres, celle-ei avant été écrite la première fois sur la chaîne verte et la deuxième fois sur la chaîne rouge (1).
M. Bertillon à fait une autre constatation qu’il a présentée à Rennes Comme une preuve à l’appui de son système : en superposant le bordereau au gabarit réticules sur réticules, il a remarqué que la plupart des mots commençant par la même lettre, commençaient également sur une même lettre du gabarit et que certaines initiales dw bordereau avaient une tendance à venir s'appliquer sur certaines lettres correspondantes de la chaîne. C'est ainsi que les à de « intérêt » lui ont apparu comme localisant les à, les n.…. m et p, les 1... c, d, r. s,t,u, 0, ñn;les c… fete. Ilest vrai que le gabarit peut occuper par rapport à chaque ligne du bordereau 5 positions différentes, le mot intérêt ne reprenant la même position par rapport aux réticules que toutes les 5 divisions ; il est également vrai que M. Bertillon a pu choisir celle de ces positions qui était la plus favorable à la localisation des initiales et que, malgré ces facilités, il a dû opérer 11 glissements. Néanmoins, il a estimé que la localisation de ces diverses initiales n’était pas obtenue arbitrairement, et il a conclu, sans nous donner le chiffre de celles qu'il à constatées, que toutes, à de très rares exceptions près, étaient obtenues (2).
Le capitaine Valério a sur ee point complété la théorie de M. Bertillon et à cherché à démontrer qu’il existait également une localisation anormale des lettres non initiales. Si le bordereau a été effectivement écrit sur le gabarit, il est vrai-
) Bertillon, Rennes II, 344 et suiv. ; Broch. verte, p. 34; capit. Valério, Rennes II, 391 et 392.
@) Bertillon, Rennes IT, 347-348. — Capitaine Valério, Rennes If. 391. Br. verte, p. 33. — Cpr. rapport D. A. P., Enq. crim. ÉE, 352: — Broéh. Painlevé, 41.
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semblable de penser que le scripteur a cherché autant que possible à suivre les lettres du mot inférét qui se rapprochaient le plus de celles qu'il avait à tracer et que notamment il a dû écrire le plus souvent que possible les lettres à,
r, t sur les lettres correspondantes du gabarit. Sans doute il ne pouvait être question d'appliquer cette méthode d'une manière absolue ; car l'écriture eût alors présenté des lacunes et des trous, qui eussent fait remarquer le procédé ; mais lorsque la lettre à tracer s’est suffisamment rapprochée d'une lettre semblable de gabarit, il est à présumer que le scripteur a resserré ou augmenté un peu l'intervalle pour faire la localisation. Si tel est l’artifice de construction du bordereau, on devra donc trouver un plus grand nombre de lettres localisées sur des lettres similaires du gabarit que ne l'indique la probabilité (1). C’est ce qu'a cru constater le capitaine Valério ; et son raisonnement est le suivant : la lettre à occupant dans le mot intérét un espace de 1 m/m. 7 occupe donc
5 p 100 de la longueur totale de ce mot dans la chaîne qui est de 12 m/m. 5. La probabilité pour que chaque à du bordereau vienne se localiser sur l'i de la chaîne est donc de 13,5 p. 100. Or, sur 52 i médians que présente le bordereau, 17 sont localisés sur l’i du gabarit, soit plus du double de la proportion normale. De même il y à quinze localisations sur le & au lieu de 7, 46 au lieu de 26: sur le lé ; la lettre r donne 20 localisations au lieu de 9, le 2° é 39 au lieu de 19 ; enfin le 4 final, 10 au lieu de 6. L’'n paraîtrait faire exception, Car il n'offre que 10 localisations au lieu de 11. Ceite anomalie tiendrait à ce que ln, étant généralement précédé
de voyelles qui se localisent sur le 1% é, se localise luimême sur la lettre suivante, c'est-à-dire sur r ; en effet sur r il y a 17 localisations au lieu de 7. Parmi ces localisations anormales, celle du mot frein serait absolument topique, Pr, l’e, li et ln viennent se mouler exactement sur les, lettres Simi-
laires de la chaîne (2). s 13 L'auteur de la brochure verte à ajouté à ces .ebse rvations les deux remarques suivantes :
1° Le mot intérét ne comptant que 6 je do il est enchaîné par suite de la superposition de l'i.sur le € fimal, la
(1) Broch. verte : tabl. II.
(2) Capitaine Valério, Rennes, II, 393 ef 394, Broch.. verte, pi 38.
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PRE TRE MS NN 0 GE A SR RO 0 me ON CN ES ITNE A PET
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moyenne théorique de l’espace occupé par les lettres du gabarit est de 12 m/m. 5 : 6 = 2 m/m. 08. L'espace occupé par chaque lettre du bordereau ne peut être apprécié qu’en faisant abstraction des lettres initiales et finales, qui sont pourvues de déliés dont la longueur ne doit pas être prise en considération, et en comptant l’m pour 2 lettres, ainsi que le prouve la superposition au gabarit. Ainsi calculée la somme de ces longueurs pour les 391 lettres des polysyllabes du bordereau est de 3.304 m/m., soit une moyenne de 2 m/m. 11 correspondant à 3 centièmes de millimètre près à la moyenne théorique du gabarit (1).
2° Quant à la longueur absolue moyenne des lettres du bordereau, l’auteur de la brochure verte l'a appréciée à 1 m/m. 025 différant de 16 millièmes de millimètres de Ja moyenne théorique du gabarit (12m/m.5 : 12=1 m/m. 04) (2).
Ces deux observations tendraient à établir deux nouveaux rapports entre le tracé du bordereau et celui du gabarit, et à démontrer par conséquent que le premier à été obtenu en avant recours au second (3).
Enfin M. Bertillon a signalé les hésitations, les retouches, dont le bordereau contiendrait la trace. Ces hésitations, qui d'après lui sont très visibles sur les mots redoublés et particulièrement sur le mot intéressant, ne serment pas suffisamment caractérisés pour permettre l'hypothèse d'un décalque ; mais elles donneraient l'impression que ces mots ont été tracés, en se servant d’un sous-main comme guide (4).
Nous avons montré jusqu'à présent comment, d'après M. Bertillon et ses adeptes, les lignes auraient été écrites, à supposer leur emplacement et leur inclinaison déterminés. Il reste à expliquer le repérage vertical de ces lignes : devant le Conseil de guerre de Rennes, M. Bertillon n'y a fait qu'une allusion rapide dans sa déposition (5). Interrogé sur ce point par MM. Darboux, Appel et Poincaré, il a déclaré n'être pas l'auteur de cette théorie et s'en référer purement et simplement aux explications du capitaine Valério, qu'il a considé-
(1) Broch. verte, tabl. IV.
(2) Broch. verte, tabl. IV.
(3) Broch. verte, p. 39, Rap. D. A. P., Enq. crim., Il, 361. 4) Bertillon, Rennes II, 355.
(5) Bertillon, Rennes II. 340.
rées comme exactes (1). L'auteur de la brochure verte a au contraire consacré de longs développements à cette question.
Nous avons dit comment, dans la théorie que nous exposons, toutes les lignes du bordereau sont entre elles et par rapport aux trois repères, c'est-à-dire le bord supérieur, le bord inférieur et l'encoche, à des multiples de 1/6° de centimètre ; nous avons ajouté que chacune des lignes se trouve à un nombre entier de centimètres ou de demi-centimètres de l'un des trois repères susindiqués. Pour repérer les lignes, on construit un gabarit comprenant la chaîne du mot intérêt collée sur une feuille de même papier, c'est-à-dire filigrané à 4 millimètres ; de sorte que les filigranes verticaux coïncident, et que dans le sens horizontal la chaîne tombe exactement entre deux filigranes de la feuille ; on établit sur cette feuille une division centimétrique ayant pour origine la ligne virtuelle sur laquelle se trouve la chaîne. Les divisions de cette échelle coïncident de 2 en 2 avec la division filigranique et de 2 en 2 tombent entre deux filigranes. On appelle F C les lignes centimétriques coïncidant avec les filigranes et C V les autres situées entre les filigranes (2). On prend ensuite une feuille de papier calque de la dimension du bordereau et portant comme lui, en son bord libre, une encoche située à 53 m/m. 33 du bord inférieur. La première ligne du verso étant repérée à 13 centimètres de l’encoche, il suffit, pour en déterminer l'emplacement, de fixer l’encoche à 13 centimètres de la chaîne, c’est-à-dire sur une ligne F C. L’encoche étant sur une ligne F C, le bord supérieur qui est à 153 m/m. 33 audessus d'elle se trouve à 6 m/m. 66 au-dessous d'une ligne F C (153 m/m. 33 + 6 m/m. 66 — 16 cent.) ; il faut donc remonter le bord supérieur sur cette ligne, pour avoir l'emplacement de la deuxième ligne sur la chaîne. Le bord inférieur qui est à 206 m/m. 66 du bord supérieur se trouve alors à 6 m/m. 66 au-dessous d’une autre ligne FC, sur laquelle on le fait remonter, pour pouvoir écrire la troisième ligne. L'intervalle constant de 6 m/m. 66 existant entre les lignes du verso se trouve ainsi obtenu de la manière la plus simple, en amenant successivement chacun des trois repères : bord inférieur, encoche et bord supérieur, en coïncidence avec la ligne F C ou cenumé-
(1) Bertillon, 1” déposit. dev. les experts, 3, p. 39. (2) Broch. verte, pl. 8.
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trique immédiatement supérieure. Cet ordre est invariable et
“si la ligne 29 est repérée par rapport au bord supérieur, ‘et la ligne 30 par rapport à l’encoche, cette anomalie tient à ce qu'il existe entre les deux un intervalle en blanc correspondant au repérage par le bord imférieur (1).
Le repérage des lignes du recto est plus complexe. Pour l’'établir, il faut reprendre l'échelle centimétrique des lignes F Cet CV et numéroter de 1 à 4 les filigranes intermédiaires entre les lignes F C. La, ligne 1 étant repérée à 170 m/m. du bord inférieur, son emplacement sur la chaîne du gabarit est obtenu en plaçant le bord inférieur à 17 centimètres de cette chaîne: il est alors en coïncidence avec une ligne FC. Remonté sur le filigrane n° 2 qui se trouve immédiatement au-dessus, il entraîne un déplacement de la feuille de 8 m/m. qui détermine l'emplacement d la 2° ligne sur la chaîne. Le bord inférieur étant calé sur le filigrane n° 2, l’encoche, qui est à 53 m/m. 33 de ce bord, se trouve à 8 m/m. 86 d’une ligne virtuelle C V 53 m/m. 33 + 8 m/m. 86 — 62 m/m. 19) ; il suffit de l’amener en coïncidence avec celle-ci, pour assurer l'intervalle qui doit séparer la 2° de la 3° ligne. En faisant ensuite remonter l'encoche de cette ligne C V à la ligne F C immédiatement supérieure, on effectue un déplacement de 10 m/m. qui donne la position de la 4° ligne. Remontée ensuite sur le filigrane n° 2 le plus voisin, cette encoche détermine la position de la 5° ligne sur la chaîne. L'emplacement des trois lignes suivantes est obtenu en faisant successivement coïncider le bord supérieur avec la ligne C V, puis la ligne F C, puis le filigrane n° 2 immédiatement placés au-dessus ; et c’est ainsi que les lignes du recto se trouvent déterminées, en amenant successivement, et dans cet ordre : bord inférieur, encoche, bord supérieur, chacun des trois repères dans les trois posithonséligne CG V, ligne F CMligrane n°24@2%
Quant à l’obliquité en sens inverse des lignes du recto et de celles du verso, elle s'obtient, d'après l’auteur de la brochure verte, « en amenant le filigrane de la pelure qui est « oblique par rapport au bord libre du papier, en coïncidence « avec le quadrillage vertical de la feuille du gabarit, cette
(1) Capitaine Valério, Rennes II, 393. — Broch. verte, p. 35 et 50. (2) Capitaine Valério, Rennes, IT, 393. — Broch. verte, p. 35 et 36 et p. 49 et 50.