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blement pointés dans le fac-similé et les minutes d'Esterhazy à partir de cette publication, elle est sans valeur. Cette particularité n'existe pas dans la photogravure où l’i de manière a trois points et celui de « disposition » un point et un trait ; et elle n’est pas constante dans les minutes d’Esterhazy, où elle n'apparaît ni dans la lettre à M. Cabanes de septembre 1898, ni dans les leltres à Christian Esterhazv de 1897 (1).
Il est au surplus impossible de soutenir qu'Esterhazy ait frauduleusement cherché à imiter l’écriture du bordereau dans le but de mettre Dreyfus hors de cause. Les lettres du 17 avril 1892, du 17 août 1894, cette dernière contemporaine du bordereau, sont au dossier, saisies dans des conditions qui ne peuvent laisser aucun doute sur leur authenticité, quoiqu'on en ail dit (2).
Elles ont été reconnues formeilement par Esterhazy dans sa déposition devant la Chambre criminelle en 1899 (3). Cet aveu, qui, isolé, offrirait peu de garanties, est corroboré par l'examen minutieux que MM. Meyer, Giry et Molinier ont fait subir à ces pièces en février 1899, et qui n'a révélé l'existence d'aucun caractère suspect.
En ce qui concerne la lettre du 17 avril 1892, le commandant Corps attache pourtant une importance particulière à l'apparence exceptionnelle de la lettre n dans le mot « dans » de la ligne 9 et dans le mot « tiens » de la ligne 12. La forme tremblée de cette lettre qui aurait entraîné la conviction du commandant Corps n'a paru déterminante à aucun des trois experts, MM. Darboux, Appel et Poincaré. :
Que M. Schmidt ait gardé cette lettre pendant un an, avant qu'elle ait été saisie à la requête de M. Mathieu Dreyfus, rien n’est plus naturel. Chargé par le tailleur Rieu de poursuivre contre Esterhazy le payement de sa note, M. Schmidt, dont les démarches n'avaient pas encore abouti, a gardé cette lettre par laquelle Esterhazy répondait à un billet de Rieu du 14 avril précédent, avec toutes les autres pièces du dossier. k
Ce n’est qu'après le suicide d'Henry, et quand la revision a été ordonnée que M. Mathieu Dreyfus, ayant connu son
(1) Broch. Molinier, p. 11 et 12. — Broch. Monod, p. 21. ME D) Cpr. Général Mercier, Enq. crim. 1, 586. — Général Roget, Rennes I,
(3) Esterhazy, Cass. 99, L. 597.