‹ L'affaire DreyfusChapitre 44 sur 178 · ROUES EN · texte numérisé non relu

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celui de ce document, bien que jusqu'à ce jour il eût toujours affirmé avec la plus grande énergie ne s'être jamais servi de papier calque (1). L'usage de ce papier constitue à raison de sa rareté même une charge accablante contre Esterhazy. MM. Putois, Choquet et Marion ont en effet déclaré dans leur rapport du 26 novembre 1898 que « les papiers de cette espèce « avaient un certain écoulement à Paris, dans les départe- « ments et à l'étranger, il y à une dizaine d'années, mais que « depuis cette époque cet écoulement s'était progressivement « amoindri, sans en être cependant arrivé à disparaitre » (2j.

D'autre part, malgré les recherches les plus minutieuses, M. Cochefert n'a pu découvrir ni le nom du fabricant, ni celui du détenteur du papier ; il lui a été répondu que le papier pelure existait généralement sans filigrane, qu'il était possible d'y ajouter dans les 24 heures le filigrane à 4 m/m. ; mais qu'en fait personne n'était actuellement possesseur de papier filigrané et n'avait conservé le souvenir d'en avoir Jamais eu une commande (3).

Plus heureux, M. Bertillon en a trouvé un échantillon chez M. Marion, marchand de papier en gros, cité Bergère, n°° 14 et 16 ; mais il lui a été déclaré dans cette maison que le modèle n'était plus courant dans le commerce (4). Devant le Conseil de guerre de Rennes, le général Mercier à cherché à diminuer la portée de ces témoignages, en invoquant une conversation au cours de laquelle M. Marion lui aurait dit que, si l'usage de ce papier n'élail pas fréquent, sa fabrication était courante, mais qu'on ne le filigranait que sur commande (5). En réalité ces affirmations ne font que confirmer les précédentes, en étlablissant que la livraison d’un papier pelure semblable à celui du bordereau ne peut être obtenue que sur commande spéciale. Dès lors le fait qu'Esterhazy est convaincu d’avoir fait usage à une époque contemporaine de celle du bordereau d’un papier aussi rare, pour écrire une lettre qui présente avec ce document les ressemblances les plus compromettantes constitue contre lui une charge de la plus extrême gravité. Aussi les trois experts commis par la Chambre criminelle en 1899

(1) Rapp. B. B. p. 391. — Esterhazy (Rav.) Cass. 99, I, 597 et II, 114. (2) Rapp. Putois, Choquet et Marion, Rennes 111. 549. Cass. 99. I-682. (3) Rapp. Cochefert-Brissard. — Rapp. B. B., 188 et 189.

(4) Rapp. B. B., p. 189.

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