‹ L'affaire DreyfusChapitre 45 sur 178 · AO · texte numérisé non relu

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ont-ils été d'accord pour déclarer « qu'il était matériellement impossible d'attribuer le bordereau à Dreyfus, et que ce bordereau était de l'écriture courante du commandant Esterhazy » (1) ; et M. Charavay n'a pas hésité à se ra'lier à celle opinion, qu'il avait d'abord combattue (2).

Des explications que nous venons de fournir avec tous les documents versés aux débats, nous pouvons tirer les conclusions suivantes qui s'imposent :

1° Le bordereau n'est pas d’une écriture « courante, mais simulée » — comme l’a prétendu M. Teyssonières.

2° Il n’a pas été forgé au moyen de mots calqués sur l'écri- ‘ture d'Esterhazy et introduits frauduleusement dans son texte, comme l'ont affirmé MM. Belhomme, Couard et Varinard.

3° Il n'a pas été truqué par l'emploi d’un transparent ou gabarit qui aurait guidé la plume du scripteur. Les théories de M. Bertllon et de ses adeptes aussi bien que celles du com” mandant Corps, ne sont que d'obseures dissertations qui reposent sur des principes faux, procèdent sur des bases matérielles inexactes et qui sont étrangères aux méthodes d’une saine discussion scientifique.

4° Il est d’une écriture naturelle et courante. Cette écriture présente des particularités caractéristiques qui la distinguent nettement de celle de Dreyfus et qui sont toutes reproduites dans les pièces de comparaison émanant d'Esterhazy. Le papier pelure du bordereau, quoique d’un usage peu courant, est le même que celui dont s’est servi Esterhazy à l'époque même où ce document a été écrit.

La science répudie hautement les théories imprudentes qui n'ont pas craint de se présenter sous son égide. Et nous estimons avec tous les experts dont le nom fait autorité et est entouré de l'estime de tout le monde savant que le Bordereau n'est pas écrit par Alfred Dreyfus, mais qu'il est l'œuvre d'Esterhazy qui l'avoue.

(1) Molinier, Rennes Il, 27. — Cpr. Paul Meyer, Rennes HI, 15. — Giry, Rennes III, 48.

(2) Charavay, Rennes II, 466.

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$ 2. — Examen technique du Bordereau

Personne ne saurait contester l'importance du débat à ce point de vue. Si le bordereau n'a pas été le seul élément du premier procès (1), il en a été certainement « l'élément essenliel », a dit avec raison M. Cavaignac (2) et sa force probante résiderait, non pas seulement dans le fait de l'écriture que nous venons d'étudier, mais aussi dans la nature même des documents qui y sont énumérés (3). L'accusation s’est aitachée à démontrer qu'ils étaient tels qu'à n’en pas douter, celui qui les a livrés devait être un officier d'artillerie attaché à l'Etat-Major de l’armée et que Dreyfus remplissait ces conditions nécessaires,tandis qu'Esterhazy était dans l'impossibilité absolue de se procurer ces mêmes pièces qui ne pouvaient provenir que des bureaux du Ministère de la Guerre où il n'avait pas accès.

Avant d'aborder l'examen de chacune des pièces énumérées dans le bordereau,il convient de rappeler quelques observations préalables qui dominent toute la question.

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