‹ L'affaire DreyfusChapitre 53 sur 178 · DPI OM PINCE PT LT. LL · texte numérisé non relu

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« grand intérêt pour nos adversaires éventuels » qui « bien « cerlairnement a dû être envoyée » (1). Ce qui le prouve pour le général Mercier, c'est que « à ce moment-là, cette note était « aux mains du commandant du Paty de Clam qui était au « 3° bureau et à ce moment au mois d'août 1894, Dreyfus était « au 3° bureau : il à pu avoir, soit par conversation avec Du « Paty de Clam, soit en faisant des recherches indiscrètes « dans l'entourage du commandant du Paty de Clam, con- « naissance de ces documents relatifs à Madagascar » (2). M. Cavaignac (3) ct le général Gonse (4) parlagent ce sentiment que le commandant Carrière a adopté dans son réquisitoire (5).

Mais le lieutenant-colonel Picquart a fait observer que «le « rapport sur Madagascar à été fait en dehors du bureau, le « commandant du Paty de Clam ayant été détaché complè- « tement pour cette affaire, que la note elle-même n'a pas « passé par ses mains, à lui chef de bureau, et qu'il se « demande comment, dans ces conditions, Dreyfus, qui n’était « pas dans la section de du Paty ni même dans la pièce voi- « sine, aurait pu le connaitre » (6).

Le lieutenant-colonel du Paty de Clam à confirmé les indications données par le lieutenant-colonel Picquart sur le secret par lui gardé au sujet du rapport dont il avait été chargé : par ordre de ses chefs il n’en a parlé à personne ; …il n'a Commis aucune indiscrétion (7). Et il a eu soin de garder son travail dans une armoire à secret qui était dans son bureau et dont il connaissait seul le mot (8).

Revenant toutefois devant la Chambre criminelle sur une indication qu'il avait déjà fournie au cours de l'information d'Ormescheville et les débats de 1894, mais dont il n'avait parlé en 1899, ni devant la Cour de Cassation, ni devant le Conseil de guerre de Rennes, M. du Paty de Clam a ajouté que, revenant un soir dans son bureau vers 6 heures et y rentrant à l'improviste, il y avait frouvé Dreyfus, qui parut

) Général Mercier, Rennes I, 122.

) Général Mercier, Rennes I, 122.

Cavaisgnac, Cass. 99, 1; 19.

\ Général Gonse, 99, 1, 243.

) Commandant Carrière, Rennes III, 578.

) Picquart, Rennes I, 391.

1) Du Paty de Clam, Eng. erim. I, 199.

8) Du Paty de Clam, Eng. crim. I, 199.

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surpris et lui dit qu'il cherchait un papier. Mais il a lui-même réduit cet incident à sa valeur exacte en déclarant que, pour lui « cela n’a aucune importance ». Il n’est pas inutile de reproduire son récit lui-même

Un jour, à 6 heures du soir, je suis rentré dans mon bureau, parce que j'avais laissé dans mon tiroir quelques notes à ce sujet, le tiroir d'un bureau comme ceux de la Cour, un bureau ministre. Je trouvais qu'elles n'étaient pas suffisamment en sûreté. J'ai trouvé dans mon bureau le capitaine Dreyfus. Je n'en ai fait aucune espèce d'induction, et vous remarquerez que je n'en ai pas parlé dans mes dépositions à Rennes et devant la Cour de Cassation. J'en ai parlé au procès de 1894. Je constate simplement le fait. Il était 6 heures du soir ; je suis rentré à l’improviste. Il a paru surpris ; Ce qui, je me hâte de le dire, n'est d'aucun indice contre lui, parce que je suis entré ce qu'on appelle en coup de vent. Il m'a dit qu'il cherchait un papier. Je ne veux pas en inférer qu'il ait pu trouver ainsi les éléments d’une note sur Madagascar. Je constate simplement qu'il y avait à ce moment, dans Île tiroir de mon bureau des notes sur Madagascar. Je n'en tire aucune conclusion contre Dreyfus, et je n’en avais parlé ni à Rennes, ni à la Cour de Cassation, en 1899. :

M. le Procureur général. — Vous avez retrouvé, d’ailleurs, toutes les notes que vous cherchiez ?

M. du Paly de Clam. — J'ai pris les notes dans mon üroir. J'ai dit au capitaine Dreyfus : « Faites votre affaire », et je suis parti. Nous n'avions pas de suspicion les uns vis-à-vis des autres, et je n'ai vu là rien de mal, à ce qu'un stagiaire de mon bureau, bren qu'il ne fût pas de ma section, vienne chercher un papier. Cela n'a aucune importance (1).

Dreyfus avait été déjà interrogé sur ce point par le commandant Du Paty de Clam, le 20 octobre 1894 (2), par le commandant d'Ormescheville, le 15 novembre suivant :

D. Le commandant Du Paty de Clam, lisons-nous dans ce dernier interrogatoire, vous a trouvé seul dans son bureau un soir de septembre dernier et vous lui avez dit spontanément que vous y cherchiez quelque chose : qu'y cherchiez-vous ?

R. Aulant que je me le rappelle, c'était pour chercher le capitaine Corvisart auquel je voulais rendre compta des travaux dont il m'avait chargé de faire faire l’autographie ; quand le commandant Du Paty m'a trouvé seul dans son bureau, il pouvait être 5 h. À du soir à 6 heures. Ma mémoire ne me permet pas de dire si j'ai répondu spontanément que je cherchais quelqu'un ou quelque chose (3).

(1) Du Paty de Clam, Eng. crim. I, 199, 200!

(2) Interrogatoire du 20 octobre 189%. Proc. Paris, cote 12 ; Enq. crim. 11, 399.

{31 Interrogatoire du 20 octobre 1894. Proc. Paris, cote 73 ; Enq. crim. Il, 412.

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