‹ L'affaire DreyfusChapitre 61 sur 178 · MON CHER AMI · texte numérisé non relu

MON CHER AMI

Je regrette bien de ne pas vous avoir vu avant mon départ : du reste je serai de retour dans huit jours. Si (sic) joint, douze plans directeurs de Nice que ce canaille de D... m'a donnés pour vous. Je lui ai dit que vous n'aviez pas l'intention de reprendre les relations. Il prétend qu’il y a eu un malentendu, et qu'il ferait tout son possible pour vous satisfaire. Il dit qu'il s'était entété, et que vous ne lui en vouliez pas. Je lui ai répondu qu'il était fou, et que je ne croyais pas que vous voudriez reprendre les relations avec lui. Faîles ce que vous voudrez. Au revoir, je suis très pressé.

Jusque devant le Conseil de guerre de Rennes, le général Mercier a soutenu que l’on pouvait très bien appliquer l'ininiale D... de cette lettre à Dreyfus malgré ces termes méprisants qui ne semblent pas viser un officier (1}. Et le général Roget a parlagé ce sentiment (2).

M. Cavaignac, sans croire que la pièce soit fausse, doute qu'elle puisse s'appliquer à Dreyfus : il se borne toutefois à faire des réserves (3).

Henry, au procès Zola, disait que « jamais la pièce « Ce canaille de D... » n'a eu de rapports avec le dossier Dreyfus ». Entendait-il par là dire seulement qu'elle n'avait jamais figuré à la procédure, ainsi que le pense M. Cavaignac (4) ? Nous ne savons.

Mais ce qui est absolument prouvé aujourd'hui et ce que votre arrêt du 3 juin 1899 a constaté expressément, c’est que dès celte époque « le document était considéré comme inap- « plicable au condamné. » Tout se réunit en effet pour le démontrer.

D'une part il est certain que les fuites des plans directeurs auxquelles la pièce 25 fait allusion avaient commencé bien avant l'entrée de Dreyfus à l'Etat-Major de l’armée, contrairement à la prétention du commandant Cuignet (5) : elles étaient même antérieures à 1892, puisque la pièce 17 du dossier secret, qui est du 12 décembre 1892, et qui émane Je

(1) Général Mercier, Rennes I, 82. — Cpr. Cuignel, Cass. 99, I, 357. — Picquart, Cass. 99; 14137.

(2) Général Roget, Cass. 99, I, 56.

(3) Cavaignac. — Chambre des députés, 7 juillet 1898. — Cass. 99, 35 et Rennes I, 203, 204.

(4) Cavaignac, Cass. 99; 1 35.

(5) Cuignet. Rennes I, 494.

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« Dufour », pseudonyme du chef du service des renseignements étrangers porte : « On pourrait renouveler les relations « avec l’ancien fournisseur des plans directeurs (1) ». I n’est pas moins acquis qu'elles ont continué, alors que Dreyfus était détenu à l’Ile du Diable en 1895 et 1896.

D'autre part, le lieutenant-colonel Picquart a déclaré qu’au moment où la lettre 25 est arrivée au Ministère, on a vérifié avec soin si les plans directeurs manquaient au Service géographique et à la 4° direction, et qu’on avait constaté qu'ils y étaient tous (2). Il a ajouté que « à supposer, comme lavait « dit M. du Paty de Clam dans son commentaire, que les « plans dirécteurs dont il s'agissait se trouvassent dans une « armoire du 4° bureau », ce qui n’est pas suffisamment élucidé et ce que conteste le général Roget affirmant qu'il n'y a pas de plans directeurs à ce bureau (3), « il n'était pas admis- « sible que Dreyfus se fût introduit dans ce bureau, y eût « pris les plans et les eût emportés, sans que personne s’en « fût aperçu (4, ».

Le commandant Cuignet a, de son côté, déclaré que « rien « n'indique dans le dossier que des plans directeurs aient été « livrés (5) ».

Et, dans le rapport qu'il adressait au Ministre en 1894 à la suite de son enquête, le commandant du Paty de Clam affirmait que « de cette enquête il était résulté qu'aucun docu- « ment secret n'avait disparu ou pu disparaître du Minis- « tère (6) ».

Enfin, et surtout, M. Trarieux a affirmé qu'au cours d'une conversation qu'il eut avec M. le comte Tornielli au cours de l’année 1898, celui-ci s’est exprimé en ces termes :

L'agent B., ne se rappelle aucunement avoir recu cette pièce (n° 25). Quant à l'agent A... il peut l'avoir écrite, sans en avoir gardé le souvenir. De deux choses l’une : ou cette pièce est fausse, ou elle est vraie. Si elle est fausse, elle doit être l’œuvre d’un certain Lemercier-Picard que nous savions très expert dans l’imitalion des écritures, et qui, notamment en maintes circonstances, a su imiter l'écriture de A. Si au contraire cette pièce est vraie, si ellea

(1) Dossier secret, pièce 17.

(2) Picquart, Rennes I, 406.

(3) Général Roget, Cass. 99, I, 56.

(4) Picquart, Cass. 99, I, 136; Rennes TI, 406, 407 et Enq. Criün. I, 658. — Cpr. Cuignel, Rennes I, 504, 514. — Général Gonse, Rennes I, 544.

(5) Cuignet, Rennes I, 514.

(6) Rapport du Paty de Clam, du 31 octobre 189% Rennes I, 514,515.

été écrite vraiment de la main de l'agent À. qui peut très bien ne plus s'en Souvenir, l’épithète Ce canaille de D... ne peut s’appliquer qu'à un personnage qui avait des relations avec les attachés militaires pour leur procurer, non pas à proprement parler des éléments d'espionnage caractérisant la haute trahison, mais des plans et des cartes topographiques, qu'on ne pouvait trouver dans le commerce. Ce personnage se nommail Dubois (1).

En présence de toutes ces indications corroborées par ce fait que A. écrivait correctement le français et savait que le mot « Canaille » était féminin dans notre langue aussi bien que dans la sienne (2), il n'est personne aujourd'hui, en dehors du général Mercier, qui soutienne encore que « Ce canaille de D... » puisse s'appliquer à Dreyfus, et c'est pourtant sur elle qu’en 1891 il a élé condamné ! (3).

Berre Bet. 9°

Les pièces n° 44 (télégramme du 2 novembre 1894) — 365 à 370 (faux Henry) — 371 (car D... m'a porté...) — 26 (l'organisation miltaire des chemins de fer) — 27 à 32 (les cours de l'Ecole de guerre) feront l’objet de chapitres spéciaux, auxquels nous nous bornons à renvoyer en ce moment. Ce.sont autant de faux caractérisés sur lesquels il convient d'insister. Quelques-uns constituent des faits nouveaux qui justifient et imposent la revision à laquelle nous concluons.

On a longuement discuté sur la pièce 14 (4. Cest un brouillon en langue étrangère de là main de À, dont le texte original a été donné à Rennes par M. Cavaignac (5) et dont la traduction est la suivante :

Dreyfus-Bois (un morceau de papier manque sur lequel se trouvait-la fin du nom : Boisdeffre)... Je ne veux pas ici. (un autre morceau de papier manque). La pièce est arrivée entre les mains de l'attaché mililaire ou au grand Etat-major à Be…. Ce que je puis affirmer verbalement, c'est qu’elle est réellement arri-

(1) Trarieux, Rennes III. 426 et Cass. 99. I. 465. — Cpr. général Roget, Rennes I, 283. — Général Mercier, Rennes I, 82, 83. (2) Casella, Procès Zola IT, 519.

(3) Cuignet, Cass. 99. I, 357. —— Général Gonse, Rennes I, 544. (4\ Cpr. Général Gonse. Rennes I, 546. — Cuignet, Rennes I, 498, 500. — Picquart, Rennes I, 413. — Cavaignac, Rennes I, 201.

(5) Cavaignac, Rennes I, 201.

x sie

vée entre les mains d'un des attachés nilitaires et qu'elle a fait ensuile retour au Bureau des renseignements. Berger, Constantinople. Bogoluboff. 1iscours. Je porte un toast chaleureux à la “réunion des drapeaux franco-russes sur le prochain champ de batuille. Régiment n° 48. Giovaninelli, Saussier, de Négrier, Hervé, 19 corps. Recrutement des zouaves. 6° Corps bis écarté nie année. Je ne comprends pas lire LE on est si circonspect à . officiers russes. (1)

La pièce n'est pas datée ; mais elle est manifestement postérieurè au 17 septembre 1895, car c’est ce jour que le général russe Bogoluboff a, dans un diner offert à Mirecourt aux officiers étrangers qui avaient assisté aux manœuvres françaises, prononcé le discours auquel il est fait allusion.

Le commentaire donné par le général Roget de ce document vaut la peine d'être signalé comme un spécimen curieux de la façon dont il sait torturer les textes pour en faire sortir une charge contre Dreyfus.

Cette pièce est évidemment le brouillon d’un rapport fait au gouvernement étranger. Les mots Dreyfus-Bois.., qui la commencent, indiquent nécessairement qu'il s’agit de l'affaire Dreyfus

puisque le mot est en toutes lettres. Le mot pièce s'applique non

moins évidemment au bordereau qui est la seule pièce dont il ait éte-question au procès Dreyfus et la seule sur laquelle l'agent

. étranger dont il s’agit eût à fournir des explications à son gouvernement.

La dernière phrase du texte qui se tient indique d'une façon

. tout à fait formelle que la pièce est arrivée réellement entre les

mains d'un des attachés et qu'elle a fait ensuite retour au bureau . des renseignements. |

Il y a une destruction dans le texte, entre : Je ne peux pas ici et Je peux assurer verbalement. Cette pièce est écrite dans une

» langue que ne connait pas le commandant Henry. Elle est de . . l'écriture de la personne que nous avons désignée sous le nom “de A. . jusqu'à présent, écriture bien connue.

me pièce a été apportée au Ministère, par la voie que l’on sait, au mois d'octobre 189%5. Rien ne prouve qu'elle n'ait pas été écrite

. à une date antérieure. Peut-être pourrait-on avoir quelque précision en cherchant la date du toast dont il est question.

4 I] peut, d’ailleurs, n'avoir été question qu'assez tard du borde- “reau, attendu que le procès Dreyfus a eu lieu à huis-clos et qu'il Re se faire que les agents dont il s'agit n'aient eu connaissance - qu'assez tard de la base de l'accusation.

D. Comment expliquer que l'auteur de cette note parle de lui-

. même à la troisième personne ?

R. Je ne suis pas du tout certain qu'il parl® ici de lui-même ; il n'est pas sûr, en effet, que le bordereau ait été remis à Paris ; il peut très bien se faire qu'il ait été remis dans un autre centre d'espionnage (Bruxelles par exemple).

Une pièce du dossier secret datant de l'époque du procès

A0 (1) Roget. Cass. 99, I, 62.

Esterhazy, mais se référant à un rapport fourni après l'affaire Dreyfus et le confirmant, établit formellement que Dreyfus a été en relations avec un bureau de renseignements établi à Bruxelles, et un voyage de Dreyfus à Bruxelles est établi par un témoin très honorable que je connais.

Sur interpellation : Ce témoin est M. Lonquety. directeur de l'usine de ciments de Boulogne-sur-Mer, ancien élève de l'Ecole polytechnique (1).

La pièce « Dreyfus Bois. » se trouve ainsi rattachée aux relations alléguées de Dreyfus avec Bruxelles, que le général Roget affirme avec une superbe assurance et que rien n'’établit, ainsi que nous le démontrerons ultérieurement (2), Elle devient ainsi d'autant plus accusatrice qu'elle nomme Dreyfus en toutes lettres.

Mais quelle valeur peut avoir ce oommentaire du général Roget qui torture le texte, — où A parle de lui même tantôt à la troisième personne, tantôt à la première, qui suppose que le bordereau est venu de Bruxelles quand les déclarations mêmes de tous les témoins à charge s'accordent à dire qu'il a été pris à Paris, qu'il est parvenu par la voie.ordinaire ? Que signifient toutes ces incohérences, toutes ces confusions volontairement cherchées pour rendre tout obscur, quand la simple lecture du document faite sans arrière-pensée et sans parti pris en révèle tout naturellement le sens ? A... est aux manœuvres auxquelles assiste le général de Boisdeffre. On est au banquet. Une conversation s'engage. Le général de Boisdeffre prend la parole ; il parle de l'affaire Dreyfus et dit : « Je ne peux pas ici (vous donner des détails, mais) la pièce est arrivée entre les mains de l’attaché militaire ou du grand Etat-Major à Be...; ce que je puis affirmer verbalement (mündlich), ou sous serment (eidlich) ou bien plus simplement, enfin, (endlich), c'est qu'elle est arrivée entre les mains d’un des attachés militaire et qu’elle a fait ensuite retour au Bureau des renseignements ». Suit l’'énumération des incidents du banquet, l'indication des discours prononcés. Mais, on le voit, c'est le général de Boisdeffre qui parle au début et dont la conversaticn est rapportée par A... et ce n’est pas, Comme le prétend le général Roget, A... qui dit tout cela. Certes, cette interprétation est simple, elle est naturelle, elle est raison-

(1) Général Roget, Cass. 99, I, 62.

(2) Voir page 321-322.

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nable, et surtout elle est conforme au texte. Elle a, il est vrai le tort de ne plus permettre d'y rien puiser qui soit de nature à accuser Dreyfus et, à ce point de vue, elle ne peut évidemment plaire au général Roget dont l'ingéniosité dans l’accusation a été jusqu'à voir dans toutes les pièces où il est question de Dreyfus, sans que leur auteur ait cru nécessaire de protester aussitôt de sa foi en l'innocence du condamné, « des « preuves de la culpabilité de Dreyfus par prétérition d’inno- « cence (1) ». Pascal n'a jamais imaginé rien de plus parfait.

C'est une preuve de même valeur que le commandant Cuignet (2) et M. Cavaignac (3) ont découverte dans la pièce 45.

Le colonel de L... faisait partie de l’Etat-Major général auquel appartient Fattaché militaire A... Le 18 novembre 1894 et non pas le 5, comme l'écrit le général Gonse, qui ne peut toucher à une date sans l'altérer, à un moment où la presse de tous les pays du monde s'occupait des poursuites commencées contre Dreyfus, il écrivil à A... en se plaignant de Ia mauvaise volonté que l'Etat-Major français mettait à lui donner les renseignements que sa fonction de chef de la Section historique de son Ministère l'amenait à lui demander et, faisant tout spécialement allusion à une réponse du colonel Collard, chef du 2° Bureau, à l’une de ses demandes, il écrivait :

En ce qui concerne la réponse du colonel Collard, c'est un modèle. Mais je ne m'en étonne pas autrement, car c'est une manifestalion du vieux levain de haine qui existe toujours et qui ne fait que croître avec les années, ou bien Dreyfus joue-t-il un rôle dans celle affaire ?

C’est là que le commandant Cuignet, rééditant le mot du général Roget, appelle « un aveu de culpabilité par prétérition d'innocence ». (4)

Et M. Cavaignac d'ajouter : « Je déclare que, quant à moi, «ce n’est pas le langage qu'il me paraît qu'on tiendrait d’un « homme qu'on ne connaîtrait pas ; il me paraît singulier... « tout à fait singulier, qu’au lendemain de la publication

) Général Roget, Cass. 99, I, 68.

) Cuignet, Cass. 99, I, 363, Rennes I, 498.

(3) Cavaignac, Rennes I, 196.

(4) Cuignct, Cass. 99, I, 363.

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« donnée à cetle arrestation, il se trouve tout à coup que dans « les ambassades, dans les ministères étrangers, à B..., à R.., « à Paris, chez les attachés militaires, on parle de l'accusé « comme d’une vieille connaissance (1). »

On serait tenté de s'égayer devant cette gravité, qui ne sait plus comprendre le persiflage si peu dissimulé pourtant de cette lettre ; mais le sujet ne permet même pas un sourire et nous éprouvons bien plutôt un sentiment de tristesse à voir que le sort d'un homme poursuivi pour crime de haute trahison à pu dépendre de pareilles fantaisies.

Tel est tout ce Dossier Secret qui, jusqu'à là dernière heure, est demeuré comme le palladium intangible derrière lequel toutes les préventions ont pu naître, s'abriter et se défendre. Notre devoir étroit était de l’affronter nettement, sans ambages et sans réticences, d'en étaler au grand jour le vide absolu. Notre tâche est accomplie sur ce point. En réalité, dirons-nous avec votre rapporteur de 1899, il ne contient pas une preuve directe, précise, de culpabilité contre

2 Dreyfus, mais seulement des inductions contestées, que l’on

tire subtilement de pièces dont les unes sont informes, les autres incomplètes, dont la reconstitution et la traduction ne s’opèrent qu’à l’aide de raisonnements purement hypothétiques et d’un pur jeu d'imagination, sur l'interprétation desquelles il est assurément permis de ne pas être d'accord. El, à l'inverse, l’on y trouve avec le commandant Cuignet luimême « la preuve qu'il devait y avoir d’autres agents que « Drevfus fournissant des renseignements à A. et à B. pen- « dant que Dreyfus était au Ministère de la guerre, de même « qu'après l'arrestation de Dreyfus, les agents À et B ont « continué à se livrer à des menées d'espionnage et à avoir « à leur disposition des indicateurs ou des individus leur « apportant des renseignements. La correspondance de B à « À, qui est classée dans la 2° partie et qui comprend la « période du commencement de 1892 à la fin de 1897, prouve « l'exactitude de ce que je viens de dire (2). » Nous avons dès lors, croyons-nous, le droit d’écarter du débat ce Dossier dont les documents, ainsi montrés de loin, dans l'ombre, n’ont

(1) Cavaignac, Rennes 1, 196, 197. — Cpr. Général Gonse, Rennes I, J1.

(2) Cuignet, Cass. 99, I, 373.

jamais eu de valeur que par le mystère dont on a eu l’habileté de l'entourer, et de dire que c'est, en vérité, se moquer de la justice que d’user, pour la tromper, de semblables artifices.

$ 4. Les Charges morales invoquées contre Dreyfus.

Les charges morales invoquées contre Dreyfus devant le Conseil de guerre de Rennes ou dans les enquêtes ont été puisées dans des ordres d'idées différents. L’accusation a invoqué :

I. L'attitude de Dreyfus lors de la dictée que lui a fait faire le commandant du Paty de Clam le 15 octobre 1894 :

IE Ses prétendus aveux du 5 janvier 1895 ;:

IT. Son indiscrétion lors d’une conférence du général Vaason.

IV. La coïncidence de sa présence à l'Ecole de pyrotechnie de Bourges et de la livraison probable de renseignemañts secrets sur la fabrication de l’obus Robin et sur le charg?ir?n! des obus à la mélinite :

V. Sa compétence spéciale sur certaines questions militaires ; son indiscrétion ;

VI. L'introduction par lui de personnes étrangères au service dans les bureaux de l’'Etat-Major ;

VII. Les mobiles allégués du crime : les relations de Dreyfus avec des femmes galantes ou soupçonnées d’espionnage ; ses habitudes de jeu : la rancune qu'il aurait ressentie de la « cote d'amour » ; ses propos antipatriotiques ;

VIIE. Ses relations prétendues avec l'étranger.

I ET IL. — DicTÉE ET AvEux.

Nous nous sommes pleinement expliqué sur ces deux premiers points, et nous avons vu l’inanité absolue de l’accusation en ce qui les concerne (1).

(1) Voir pages 43 el suiv. — 93 el suiv.

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