‹ L'affaire DreyfusChapitre 68 sur 178 · OÙ · texte numérisé non relu

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tes, et dont nous venons de faire justice, que des raisonnements que, les faits en mains, nous avons sans peine réfutés.

À l'audience du 4 septembre 1899 apparut un témoignage imprévu, celui du sieur Cernuszki qui prétendit prouver les rapports personnels de l'accusé avec un agent d'espionnage étranger qu'il indiqua. Nous aurons à revenir sur cette déclaration que nous entendons étudier dans tous ses détails. Nous verrons que, loin de constituer une charge contre Dreyfus, sa fausseté découverte postérieurement à la condamnation constitue l’un des faits nouveaux qui rendent la revision nécéssaire (1).

9° et 10° Au cours de l'enquête nouvelle, deux autres tentatives de surprise nous étaient réservées, l’une de la part de la femme Bastian, l’autre de celle d’un soldat de la Légion étrangère, nommé Kadur.

A. Femme Bastian.

Alors que Dreyfus n'a cessé de soutenir qu'il n'a jamais eu de relations quelconques avec l'agent militaire A... et les représentants du pays de celui-ci, quels. qu'ils fussent, alors que les recherches les plus minutieuses n'avaient jamais rien découvert qui püt infirmer sa déclaration (2), la femme Bästian est venue déclarer à la Chambre criminelle qu'elle avait un jour vu Dreyfus dans là maison où elle servait.

Je l'ai vu, a-t-elle dit, chez le comte d'A... qui demeurait dans la maison. Je Vy ai vu une\fcis dans une soirée. D’A.. donnait ‘deux soirées, une la veille de Noël l’autre la veille de l’an : c'est à l'une de ces deux soirées là ; mais je ne puis préciser. Un domestique nommé Joseph, dont j'ignore le nom de famille, m'a montré un Monsieur avec un binocie et le mez busqué, habillé en civil, et m'a dit que c'était un capitaine français très bon pour Allemand. Tout le monde était en habit et en cravate blanche. Il pouvait y avoir cent ou cent cinquante personnes, rien que des hommes. J'ai répondu au domestique : « très bon, très bon » ; mais c'était ironiquement : car j'ai le cœur français. -

D. À quelle époque ?

R. La veille de Noël ou du jour de l'an, peut-être sept ou huit mois avani l'arrestation de Dreyfus. Je l'ai dit au colonel Henry la première fois que je l'ai vu après cette soirée, et il m'a répondu : « Vous n'avez pas demandé son nom ? »

(1) Voir pages 595 et suiv.

(2) Gribelin, Enq. crim. EF, 146, — Picquart, Enq. crim. I, 670.

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