‹ L'affaire DreyfusChapitre 72 sur 178 · ET EN ES RE EE OR AMP RO · texte numérisé non relu

ET EN ES RE EE OR AMP RO

de nature à entraver leur liberté d'action, ils n’ont pas hésité à faire appel aux témoignages étrangers toute les fois qu'ils ont cru pouvoir tirer de leurs dépositions un argument favorable à l'accusation. C'est ainsi qu'ils se sont empressés de faire état d'un rapport dans lequel la culpabilité de Dreyfus aurait été affirmée, sous la plume du colonel Schneider, attaché militaire d’Autriche-Fongrie à Paris (1). Tous ont également tiré parti de là dépêche adressée le 2 novembre 1894 par l’attaché militaire B... à son chef d'Etat-Major, aussi longtemps qu'à la faveur d'hésitations dans la traduction ils ont cru pouvoir en donner une version compromettante pour Dreyfus (2).

Ils se sont également appuyés sur le témoignage de l’ancien lieutenant autrichien Cernuszky, qui à élé appelé devant le Conseil de guerre de Rennes, à la requêle du Commissaire du Gouvernement et en vertu du pouvoir discrétionnaire du Président (3).

Ils ont même jeté dans le’ débat la haute personnalité de S. M. l'Empereur d'Allemagne, lorsqu'ils sont venus affirmer par la bouche de M. Mertian de Muller, que ce souverain avait annoté la Libre Parole en inscrivant sur un de ses numéros ces mots : « Le capitaine Dreyfus est pris (4) ». Ainsi donc, les témoins à charge et l’accusation n'ont, au cours des débats, opposé une fin de non-recevoir aux déclarations de l'étranger, que lorsqu'elles leur étaient défavorables ; ils les ont au contraire accueillies avec empressement quand elles semblaient devoir accabler Dreyfus, et M° Labori a pu leur faire observer avec raison qu'ils avaient ainsi pris l'initiative et, par conséquent, accepté la responsabilité du débat porté sur ce terrain (5).

Si illogique qu'elle puisse paraître, cette attitude a été encore celle des adversaires de la revision au cours de l’enquête à laquelle vient de procéder la Chambre criminelle.

(1) Général Mercier, Rennes I, 76 et Enq. crim. — Cavaignac, Rennes I, 197. — Général Roget, Rennes I, 339. — Commandant Cuignet, Rennes I, 499,

(2) Général Mercier, Rennes I, 159, — Cavaignac ,Rennes I, 196. — Général Roget, Rennes I, 279. — Commandant Cuignet, Rennes I, 497. — Général Gonse, Rennes I, 545.

(3) Czernuszki, Rennes III, 312 et suiv. — Voir page 595.

(4) Mertian de Muller, Rennes II, 27%. — Voire page 360-361.

(5) M° Labori, Rennes II, 316.

Tandis, en effet, que le général Roget a persisté à considérer le rapport du colonel Schneider comme une pièce à charge contre Dreyfus (1), le général Gonse, appelé à s'expliquer sur Ce fait que certaines pièces favorables au condamné n'avaient pas élé versées au dossier secret, a expliqué cette omission en déclarant qu'il s'agissait d’affirmations émanées de personnes diplomatiques étrangères et, comme telles, dénuées de toute valeur (3). Le commandant Cuignet à été encore plus explicite et plus inconséquent : il a longuement fait observer qu'en ces matières la parole des diplomates étrangers ne doit pas être crue, et qu'elle est éminemment suspecte parce qu'elle émane de personnes qui n'ont pas craint de se servir de leur immunité diplomatique pour faire œuvre d'espionnage (3) ; néanmoins il n’a pas hésité à invoquer cette même parole toutes les fois qu'elle lui a paru compromettante pour Dreyfus. C'est ainsi qu'il à insisté de nouveau sur le télégramme du 2 novembre 1894. Il s'est même empressé de produire deux nouvelles affirmations venues de l'étranger, bien qu’elles ne concernent pas directement Dreyfus. L’une émane d’un attaché militaire, successeur de A... et est ainsi conçue : « Il est temps pour l'hon- « neur de notre armée que l'agitation pour Dreyfus cesse en « France ; car si cela devait continuer encore, il serait à « craindre que cet honneur ne reçoive une grande atteinte « au delà des frontières (4). » A supposer que cette phrase contint un aveu d'espionnage, elle pourrait tout aussi bien impliquer la culpabilté d'Esterhazy que celle de Dreyfus. Le commandant Cuignet à également invoqué un télégramme du 12 novembre 1897 adressé à notre Gouvernement par un de nos attachés militaires, reproduisant la conversation qu'il aurait eue avec le souverain près duquel il est accrédité, et l'opinion émise par ce dernier sur la puissance des partisans de Dreyfus à propos de l'agitation faite en sa faveur. Et le commandant Cuignet est si désireux de relever tous les témoignages de l'étranger qui ne sont pas, croit-il, défavorables à sa thèse, qu'il fait grief au Ministère des Affaires étrangères de ne pas avoir introduit dans le dos-

(1) Général Roget, Enq. crim. I, 621.

(2) Général Gonse, Eng. crim. I, 234.

(3) Commandant Cuignet, End. crim. I, 778.

(4) Commandant Cuignet, Enq. erim. I, ©80-781.

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sier diplomalique cette pièce qui, au point de vue de la culpabilité de Dreyfus, est pourtant dénuée de tout intérêt (1). Le général Zurlinden est allé plus loin dans cette voie. Déjà il avait signalé au Conseil de guerre de Rennes que « la clef du procès de trahison était entre les mains de la puissance au profit de qui la trahison avait été faite (2) » ; au cours de la dernière enquête, 11 à fait ressortir le prix qu'il fallait attacher aux déclarations émanées des agents étrangers. Se livrant sur elles à une appréciation d'ensemble, il a observé que l'Allemagne était à même de faire la lumière complète sur l'affaire Dreyfus ; que, connaissant les discussions auxquelles celle-ci avait donné lieu en Frahce, et possédant les notes qui ont accompagné le bordereau, elle avait le moyen de prouver que les suppositions faites sur la valeur de ces notes étaient erronées, et de confondre, pièces en mains, les accusateurs. Or, suivant lui, cette puissance s’est bornée à des déclarations vagues dans lesquelles elle à affirmé, uniquement dans le but de dégager sa responsabilité et celle de ses agents, que ceux-ci n'avaient jamais été en relations avec Dreyfus. Ce langage, à le supposer sincère, ne serait nullement incompatible avec l'hypothèse de la culpabilité ; car Dreyfus aurait pu avoir recours à des intermédiaires, et ne jamais découvrir sa personnalité à la puissance pour le compte de laquelle il aurait trahi. Aussi, le général Zurlinden estime-t-il que, si l'Allemagne avait cru à l'innocence de Dreyfus, elle eût eu une attitude plus nette et eût montré d’une manière indiscutable qu'une erreur judiciaire avait été commise (3).

Puisque les adversaires de la revision portent nettemenb la discussion sur ce terrain, nous avons le devoir de rechercher quelles sont les circonstances et quels sont les termes mêmes dans lesquels l'étranger a manifesté son opinion ; en le faisant, nous répondons en même temps à l'un des désirs les plus pressants de la défense elle-même. Au cours du procès de Rennes, celle-ci a en effet, par l'organe de M° Labori, particulièrement insisté pour obtenir la communication, par la voie diplomatique, des notes énumérées au

(1) Commandant Cuignet, Enq. crim. I, 781. à (2) Général Zurlinden, Rennes I, 205. — Cpr. Trarieux, Rennes IIL, 442. 3) Général Zurlinden, Enq. crim. I, 345.

bordereau (1) ; elle a également multiplié ses efforts pour parvenir à faire entendre les attachés militaires A... el B... et à faire recueillir leurs dépositions par voie de commissions rogatoires (2) ; il n’a pas dépendu d'elle que, dès celte époque, ce moyen n'ait été mis en œuvre pour faire briller la lumière (3).

La même demande a été présentée à la Chambre criminelle, et nous nous y serions joint si nous n’avions pas pensé que les règles qui gouvernent les relations internationales

et les convenances diplomatiques interdisaient une sem-

blable procédure (4.

Mais ce n'est point à dire que nous puissions être centravé dans là recherche de la vérité. Nous avons le droit incontestable, dans l'étude que nous avons à faire des témoignages venus de l'étranger, d’avoir recours aux déclarations officielles passées, soit par les Gouvernements euxmêmes, soit par leurs représentants en France et aux confidences que les personnes en situation d'être bien informées ont pu faire officieusement à des tiers, soit en ce qui concerne Dreyfus, soit au regard d'Esterhazy.

Le Gouvernement allemand, ses représentants en France ses principaux officiers, qui, à raison de leurs fonctions, ont élé en mesure de fournir d’utiles indications, ont, en maintes circonstances, cherché à faire connaître leurs senti ments sur l'affaire Dreyfus.

Dès le milieu de novembre 1894, des bruits furent mis en circulation qui tendaient à incriminer l'ambassade d'AIlemagne et à représenter le bordereau comme avant été saisi dans ses bureaux. Le prince de Münster s'en émut ; 1l fit une série de démarches auprès de notre Ministre des Allaires étrangères et obtint la publication par l'agence Havas de deux notes dégageant) la responsabilité de son ambassade (5). Comme ces rumeurs prenaient de nouveau une certaine consistänce et inquiétaient le Gouvernement de Berlin, le prince de Münster sollicita, sur les instructions du

(1) Conclusions de M° Labori, Rennes IIT, 381 et suiv.

(2) M° Labori, Rennes. III, 516, 524-525. — Paléologue, Rennes III, 517. — Carrière III, 541.

(3) Jugement du Conseil de guerre, Rennes IT, 452, 54

(4) Cpr. Paléologue, Rennes III, 383, 517. — Carrière. R — Labori, ibid, 516

(5) Hanotaux, Rennes I, 221.

annes III, 444,

grand Chancelier de l'Empire, M. de Hohenlohe, une audience de M. le Président de la République Casimir- Perier, et, au cours de l'entretien qu'il eut avec lui, le 5 janvier 1895, il insista pour que l'agence Havas publiât une nouvelle note plus énergique que les précédentes et dont le texte fut arrêté d'accord entre le Gouvernement el lui (4).

Ayant reçu la satisfaction qu'il désirait, il considéra l’incident comme clos (2;. Ainsi donc, dès le début de l'affaire le représentant de l'Allemagne a protesté devant le Chef de l'Etat contre le rôie que la presse française attribuait à son ambassade (3).

Les adversaires de la revision n'ont pas manqué d'inter-

préter ces démarches comme la preuve du désir de l’'ambas-

sadeur de se tirer de la situation délicate dans laquelle il se trouvait, et qui était due à l’imprudence de son attaché militaire. Elles prennent au contraire un tout autre caractère, si nous recherchons les circonstances dans lesquelles elles ont été faites.

Dans une lettre qu'il a adressée à M. J. Reinach le 20 mai 1901, M. le prince de Münster a fait connaître à son correspondant qu'il avait personnellement ouvert une enquête dès que l'affaire Dreyfus avait éclaté. Il avait d'abord exigé des explications catégoriques de l’attaché militaire A... qui lui avait affirmé sur l'honneur n'avoir jamais eu de relations avec Dreyfus. A la suite de renseignements reçus par lui du Ministère de la Guerre et du chef d'Etat-Major général à Berlin, il avait acquis la certitude que là aussi le nom de Dreyfus était inconnu. C’est seulement après avoir recueilli ces déclarations formelles qu'il s'était décidé à entrer en pourparlers avec le Gouvernement français (4.

Dans une seconde lettre écrite à Mme la baronne Brautsen de Wielbergen le 13 mars 1898, il a indiqué de même quel avait été le caractère de son intervention, et rappelé que, dès cette époque, il avait officiellement prévenu M. le Président du Conseil, Charles Dupuy, que « l'ambassade « d'Allemagne n'avait jamais connu Dreyfus, et que ni l’am-

4) Voir pages 663 et suiv.

2) Casimir-Perier, Cass. 99, 1, 329, 330 : Rennes I. 62 : Enq. crim. I, 67. (3) Casimir-Perier, Eodem.

(4) J. Reinach, Enq. crim. 554 et suiv.

« bassadeur ni les autorités militaires de Berlin n'avaient « jamais eu de rapports avec Lui » (1). Il avait même insisté

pour qu'alors cette déclaration fit l’objet d'une communication à la presse. Si dans la conversation qu'il a eue avec M. le Président de la République, le prince de Münster n'a pas renouvelé cette affirmation, et si le nom de Dreyfus n'y a été prononcé par lui que pour désigner l'affaire dont il s'agissait, sans que la question de culpabilité ait été mise en discussion, c'est qu'il à estimé que le Gouvernement français était suffisamment éclairé par la déclaration officielle faite au Président du Conseil, et qu'il a jugé qu'il serait contraire à la dignité et à la courtoisie internationales d'en entretenir à nouveau le Gouvernement dans la personne du Chef de l'Etat (2;. Le général Roget est par suite mal venu à s'étonner que, dès ce moment, l'ambassade d’Allemagne n'ait pas formellement répudié toute espèce de rapports avec Dreyfus, et à considérer ce silence comme un aveu tacite de compromission (3). La protestation a été officiellement faite, et l'argumentation du général Roget n'est due qu’à sa connaissance imparfaite des incidents diplomatiques qui se sont déroulés à cette époque.

Le prince de Münster avait, en réalité, fait usage de tous les moyens que la diplomatie lui offrait pour mettre en éveil l'attention du Gouvernement français ; il ne pouvait aller plus loin dans cette voie et affirmer l'innocence de Dreyfus, sans engager gravement sa responsabilité. I] régnait alors une grande incertitude : après une instruction conduite dans le plus grand secret, les débats avaient eu lieu à huis clos : on ignorait la nature des charges relevées contre l'accusé : Dreyfus pouvait être convaincu de trahison pour le compte d’autres puissances. M. le comte Tornielli a même déclaré dans des conversations avec MM. Trarieux et J. Reinach que cette opinion avait été celles des attachés A. et B. après le procès, et qu'ils ne s'étaient aperçus de l'erreur qu'ils avaient commise qu'après la publication de la pièce : « Ce canaille de D... » et du bordereau (4.

(1) Lettre du prince de Munster à la baronne de Wielbergen, 13 mars 1898, Enq. crim. I, 26.

(2) Casimir-Perier, Cass. 99, I. 330.

(3) Général Roget, Rennes I. 27S et 279.

(4) Trarieux, Rennes III, 441. — J. Reinach, Enu. crim. 1, 551.

Pourtant, lorsque les polémiques reprirent avec acuité à la fin de l’année 1897, le Gouvernement allemand crut de son devoir de tenter une nouvelle. intervention amicale et, le 17 novembre 1897, l'Ambassadeur d'Allemagne vint déclarer à notre Ministre des Affaires étrangères que l’attaché militaire A. protestait sur l'honneur n'avoir jamais eu ni directement, ni indirectement aucunes relations avec Dreyfus ; il ajouta qu'il n'était pas vraisemblable que le bordereau eût été trouvé dans la Chancellerie de son Ambassade.

En même temps, une dépêche d'un représentant de la République à l'étranger vint faire connaître que, d’une part,

p. 238 l’attaché militaire A. ne paraissait pas avoir été en relations

avec Dreyfus et, d'autre part, que le Gouvernement allemand ne pouvait évidemment pas savoir si ce dernier avait eu des relations suspectes avec un agent d'une autre puissance (1).

M. Hanotaux, qui n'a jamais mis en doute la sincérité de ces renseignements, s'empressa de les communiquer au Ministère de la Guerre par M. Paléologue. Le lieutenantcolonel Henry et le général Gonse ne purent en donner l’explication qu'en faisant observer qu'à leur avis Dreyfus n'avait pas été effectivement en rapports avec l'Ambassade d'Allemagne et n'avait agi que pour le compte de l’ageut B;' qui avait joué le rôle d'intermédiaire (2).

Le 24 novembre, le prince de Münster renouvela ses affirmations ; puis, le 2% janvier 1898, le secrétaire d'Etat à l'Office des Affaires étrangères de l'Empire, M. de Bülow, fit devant la Commission du budget du Reïichstag la déclaration suivante

Je me bornerai à déclarer de la façon la plus catégorique qu'entre l’ex-capitaine Dreyfus, actuellement détenu à l'ile du Diable, et n'importe quels organes allemands, .il n’a jamais existé de relations ni de liaisons de quelque nature qu'elles soient. Les noms de Walsin-Esterhazy et de Picquart, je les ai entendus pour la première fois dans mon existence, il y a trois semaines (3).

Enfin le Gouvernement impérial a, une dernière fois, manifesté son sentiment dans les circonstances suivantes. A la fin du procès de Rennes, M° Labori, dont le Président

(1) Paléologue, Cass. 99, I, 389, 39. — Hanotaux, Cass. tbid, 644. (2! Paléologue, Cass. 99, I. 390.

(3) Rennes I. 335. et III, 67%:

du Conseil de guerre venait de rejeter la requête tendant à faire entendre par commission rogatoire les attachés militaires A. et B. (1), a adressé une dépêche lélégraphique à S. M. l'Empereur d'Allemagne, en lui demandant au nom de la défense de vouloir bien apporter son haut et précieux concours à la manifestation de la vérité. I lui a été répondu par le communiqué officiel suivant qui a été publié par le Moniteur de l'Empire, dans son numéro du 8 septembre

Nous sommes autorisés à renouveler les déclarations ci-dessous que, en ce qui concerne le capitaine français Dreylus, le Gouvernement impérial, tout en restant dans la réserve que commande la loyauté dans une affaire intéressant une puissance étrangère, mais pour sauvegarder sa dignité, a faites pour remplir son devoir d'humanilé.

L'ambassadeur prince du Münster a remis, sur l'ordre de l'Empereur, en décembre 1894 et en janvier 1895, à M. Hanotaux, Ministre des Affaires étrangères, à M. Dupuy, Président du Conseil, el au Président de la République, M. Casimir-Perier des déclarations réitérées que l'Ambassade allemande en France n'avait jamais entretenu de relations ni directes ni indirectes avec le capitaine Dreyfus.

Le secrétaire d'Etat M. de Bülow a fait, le 24 janvier 1898, devant la Commission du Reichstag, la déclaration suivante : « Je déclare de la façon la plus formelle qu'entre l’ex-capitaine Dreyfus actuellement détenu à l'île du Diable et n'importe quels organes allemands il n'a jamais existé de relations ni de liaisons de quelque nature qu'elles soient » (2).

L'attitude du Gouvernement allemand a donc été très loyale et très nette, et, quoi qu'en aient dit le général Zurlinden (3) et M. Cavaignac (4), son intervention ne pouvait revêtir une forme plus explicite et plus pressante sans compromettre les secrets de son service et sans violer les règlesp. 239 de la courtoisie intérnationale.

Telle a été l'opinion de M. de Münster ; car, à Mme de Wielbergen, qui lui demandait de tenter une nouvelle démarche, il a répondu par lettre du 13 mars 1898 :

Sans nous mêler des affaires intérieures de la France, nous ne pouvons faire plus ; si nous voulions même agir contre le droit

international, nous ferions, j'en ai la conviction, plus de mal que - de bien à la cause du malheureux Dreyfus (3).

(1) Rennes III, 545.

(2) Rennes III, 674.

(3) Général Zurlinden, Enq. crim. I, 345, 346.

(4) Cavaignac, Rennes I, 194.

(5) Lettre du prince de Münster à M" de Wielbergen, du 13 mars 189$ : Enql. crim. I. 26.

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