LES JOYEUSETÉS DE L ANNONCE ET DE LA RÉCLAME
Les annonces. — Les échos. — Rien ne va plus. — Versiculets Congolais. — Les apéritifs réclamiers. — L'annonce à l'étranger.
Oh ! la réclame. Terrible et sans pitié vraiment. On avait eu la réclame franco-russe dont les plus amusants spécimens se trouvent en mon Musée Pittoresque du voyage du Tsar. Et voici pour ne point perdre les bonnes habitudes, tant ce cinquième pouvoir fait, maintenant, partie de notre vie, de notre organisme, les réclames dreyfusiennes — anti-dreyfusiennes. Je me hâte de le dire, pour qu'on ne se figure point que la question qui divise notre monde politique a également divisé le monde des affaires.
Réclame de première page, réclame de troisième page, échos et faits divers, toutes les formes habituelles de l'annonce ont eu recours au tirel'œil de l'affaire Dreyfus; — les unes par de
simples titres habilement ménagés, les autres par l'habituelle historiette en laquelle on fait intervenir la ou les personnes à la mode.
Couramment l'on a pu voir des échos mondains ou des réclames, commencer sous la forme suivante :
« Bien que les soucis du procès Zola absorbent les esprits et attristent l'hiver de 1898, quelques salons ont entrebaillé leurs portes. »
Ou:
« Après l'infïuenza, Zola. Après la gorge, les écarts de plume et de langage !
(( Gela n'empêche pas les magasins, etc..»
Ou encore :
« Pour oublier le procès Zola.
« Passé aujourd'hui chez M. X. où sont exposées les admirables eaux-fortes de Z. »
Ou bien encore :
« Pour se remettre des fatigues des longues séances du Palais de Justice, si recherchées de nos mondaines, rien ne vaut un tour au Bois en s'arrêtant au Pavillon... »
Expositions, lieux de plaisirs, spécialités médicales, liqueurs, parfumerie, grandes mises en vente, tout fut à l'affaire.
Souvent un titre, un simple titre ; — mais combien d'actualité, combien fait pour retenir le regard :