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LE SYNDICAT

Le véritable Syndical^ celui qui possède toutes les sympathies et n'excite que la reconnaissance et la gratitude, c'est celui de YÉlixir et de la confiture Saint-Vincent de Paul, ces deux merveilleux remèdes qui guérissent également, l'un et l'autre, l'anémie en vingt jours.

Par l'Élixir ou par la Confiture, tout anémique est sûr de vaincre radicalement la maladie en moins de trois semaines sans rien changer à son régime et à ses habitudes.

En vente dans toutes les pharmacies. Se méfier des imitations.

Traître — Syndicat — Dreyfus — Zola — LaborL On n'entend que ces mots; on ne cite plus que ces noms. Aussi, de temps à autre, apparaît un écho de protestation dans le genre, dans le goût du suivant emprunté au Journal :

ans un bar américain. C'est l'heure du coktail. Guy, Gontran et Gaston parlent de ce dont il est impossible-

de ne pas parler à l'heure qu'il est

Guy. — En somme, tout ça devient rasant.

Gontran et Gaston. — Sûr!

Guy. — Le commerce se plaint.

Gaston. — Bah ! c'est son habitude !

Guy. — Les théâtres ne font pas le sou...

Gontran. — Pas intéressants, les théâtres !

Guy. — Les restaurants sont presque vides.

Gaston. — On va donc pouvoir s'y faire proprement servir!

Guy. — Et puis, voici les courses qui recommencent...

Tous les assistants, en chœur. —. Oh ! ça, c'est sacré! On ne va pas compromettre la saison des courses, peutêtre! Assez d'histoires, assez de procès! Conspuez...

Et on échange des tuyaux pour la première journée d'Auteuil...

Théâtres, restaurants, boutiquiers, vendeurs en gros ou en détail, tout cela est fort bien, mais il y a encore autre chose, un commerce connu de toute antiquité avec de nombreuses prêtresses, avec de nombreux officiants, de nombreux fidèles et, cette fois, sans se faire l'écho d'une officine particulière, le Journal, par pure galanterie, prend en main la cause des pauvres abandonnées, des pauvres sacrifiées :

ien ne va plus ! C'est le cri du jour, et il n'est pas besoin, pour l'entendre, d'aller jusqu'à Monte-Carlo. Paris est tout au grand procès. Il ne veut plus, il ne peut plus s'occuper d'autre chose, penser à autre chose.

Et de tous les commerces, savez-vous quel est le plus atteint? C'est celui dont la désignation, en termes honnêtes, est si difficile que nous ne nous risquerons même pas à l'essayer.

Hélas! hélas! que de beaux yeux vont pleurer!

Si Zola avait été un enfant chéri des muses et des prêtresses cythéréennes, pareils malheurs,, assurément, ne seraient point arrivés. Les beaux yeux n'eussent point pleuré.

Donc, assez de procès? Conspuez.... et laisseznous nous amuser.

Soit. Mais où, pour ne pas avoir les oreilles trois fois assourdies.

Où? — Le même Journal va nous l'apprendre en un écho où le coktail joue encore son rôle :

Chanteclair rencontre son ami le Vieux-Peuplier. Et aussitôt il lui propose un petit pari :

— Cent mille francs...

— Non... C'est trop.

— Alors, un coktail, un simple coktail : que je sais un endroit où, après-demain samedi, de toute la soirée, il ne sera point parlé de l'affaire Dreyfus, de M. Zola et de la cour d'assises.

Cet endroit, c'est (le deviner n'est pas bien difficile) le Casino de Paris, où, les nuits de redoute, on ne songe qu'à s'amuser, et où l'on n'a pas un instant le loisir de penser aux tristesses de l'heure présente.

Amusez-vous, gens de la noce, ou plutôt gens de nopces et surtout ne vous attardez point à la lecture des annonces, car la bataille n'est point finie s'il faut en croire le parfumeur que tout le monde sait. Lisez plutôt :

Projets de revanche

Le syndicat, dit-on, reprendra l'offensive;

Il veut tout chambarder, France, armée et drapeau.

Ça prouve qu'il n'a pas assez d'une lessive,

Et veut encore un bain de savon du Congo,

E. Cany, au parfumeur Vaissier.

Ce n'est plus la chanson, ce n'est plus l'image seulement qu'il faudra consulter à l'avenir, pour écrire l'histoire; l'annonce, elle aussi, fournira sa part, surtout quand, comme le savon du Congo, elle suit pas à pas tous les événements, du moindre au petit, enregistrant soigneusement en quatrains qui, souvent, ne manquent pas d'esprit, les actualités les plus diverses.

Pour blanchir un traître, ne suffiraient point les soixante mille pains de savon que Victor Vaissier, par jour, parfume et vend. Quoi qu'il en soit, patriote avant tout, notre parfumeur modèle savonne ferme le condamné Zola.

Que dis-je ! il se met contre lui avec les crayons populaires, avec les amusettes de Léon Hayard, et il tranche dans le vif. Jugez :

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