NOTICES DIVERSES
Résultat de la condamnation.
[L'Uomo di Pietra, de Milan.)
— Heureusement que l'armée est intervenue, sans quoi cette plèbe, sous prétexte que le pain a renchéri, eût saccagé les boutiques.
— Mais ne me disiez-vous pas être contre le militarisme ?
— Ah! certainement, mais... en France !
(Don Chisciotle, de Rome, février 189J.) I. AUTRES TEMPS, AUTRES MŒURS
D'Escherny , Fauteur du Moi humain avant M. Maurice Barrés, écrivait en 1763 : « Quand Rousseau fut décrété de prise de corps par le Parlement, quelques personnes craignant, bien à tort, pour leur sécurité, voulurent brûler celles de ses œuvres qu'elles possédaient. Un magistrat, consulté par elles sur ce point délicat, fut le premier à les en dissuader. »
Sous la Restauration, Louis XVIII, apprenant que les jésuites d'un collège de province avaient fait un joyeux auto-da-fé de Voltaire et de Rousseau, ne put s'empêcher de dire : « Les malheureux ! Ils ne savent pas que ce feu de papier pourrait mettre le feu au pays ! »
En 1786, quelqu'un ayant proposé de faire subir la même opération aux histoires perverties, ennuyeuses et immorales de Restif de la Bretonne, Mercier lui répondit : « Dans un siècle, c'est nous qui serions mis au pilori pour une pareille barbarie. »
Mercier se trompait, car le 25 février de Tan de -grâce 1898 — plus au XVIII e siècle, par conséquent, — La Patrie imprimait ce qui suit :
Bravo, les Soldats!
On nous écrit d'une ville frontière:
Les sous-officiers des régiments en garnison dans notre ville ont décidé de nettoyer leur bibliothèque des livres de Zola et de brûler ses œuvres.
L'opération a été faite séance tenante dans la cour de la caserne.
Voilà un exemple à suivre.
Cet exemple a été suivi : le vœu de La Patrie a
été exaucé, car le lendemain même, le 28 février,
ce journal publiait l'entrefilet suivant :
Le bureau de la Bibliothèque populaire de Bagnols a décidé, en réunion générale, de brûler les ouvrages de M. Zola. Le feu purifie tout !
Décidément, cela va bien. Le progrès des lumières se fait vivement sentir.
A quand la « purification » des bibliotèques ?
A quand l'Inquisition du papier pour régler soigneusement ces auto-da-fé solennels?