‹ L'affaire Dreyfus et l'imageChapitre 2 sur 142 · EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER

Contre Dreyfus. — Contre Zola. — Raisons de l'acharnement contre ce dernier. — Chansons et bibelots divers. — Son immense popularité à l'étranger. — Les hommages s'adressent à l'écrivain. — Cartes postales et images diverses.

Le peuple n'y va pas par quatre chemins. Il aime les choses simples, et les gros mots ne l'effrayent nullement. Loin de là. Aussi, point besoin de gants pour parvenir jusqu'à lui. Les grandes phrases, les mots à effet, les périodes oratoires

savamment amenées, le laissent indifférent ou ne l'empoignent que d'une façon superficielle. Parlez-lui la langue du Père Duchesne ou du Père Peinard, cela vaudra mieux. Et c'est pourquoi de tout temps, la littérature, la chanson, l'image, lorsqu'elles voulurent aller à lui se firent grossères, injurieuses ; souvent même ordurières.

Tel il en fut sous la Révolution contre Louis XVI et Marie-Antoinette ; tel sous la Commune contre Napoléon III et l'Impératrice.

Dans ces conditions, ne vous étonnez pas que la littérature et l'imagerie de colportage dirigées contre Zola soient d'une extrême violence et se complaisent à couvrir de boue celui que certains journaux ne cessent de représenter comme ayant tout sali, tout vilipendé, comme s'étant complu par goût, par besoin inné, dans la description de choses peu édifiantes.

La caricature ! Elle a, depuis vingt ans, poursuivi notre écrivain de ses traits mordants, de ses attaques passionnées : elle a fait pour ainsi dire, du cochon, son compagnon fidèle et Zola, nouveau saint Antoine, a dû marcher dans l'image au milieu de sentinelles fumantes postées à tous les coins sous les ordres d'un nouveau générai Cambronne.

L'arme était donc toute trouvée, toute indiquée, et elle a été brandie avec enthousiasme par ceux

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