‹ L'affaire Dreyfus et ses ressorts secretsChapitre 31 sur 39 · I.c. t :e du ju^em-i t Dessin '7e COUTURIER · texte numérisé non relu

I.c. t :e du ju^em-i t Dessin '7e COUTURIER

dience, avec M. le colonel Henry, a porté ^ exclusivement sur l'affaire Dreyfus.

« Sous le bénéfice de cette observavation, en vous faisant remarquer également qu'un très long et très vif incident a eu lieu tout à l'heure, à propos de faits qui s'étaient passés pendant le huis clos et de faits secrets, puisqu'il s'agissait de pièces secrètes, je vous fais observer qu'on a pu parler de tout cela, et je vous demande de poser à M' Démange la question suivante :

« M' Démange vient de nous dire — et il n'a pas à s'expliquer autrement, a dit M. le président — qu'il avait la certitude que le jugement n'avait pas été léfjalement rendu.

« Je lui demande s'il ne pourrait pas nous dire sur quoi il base cetle certitude et, en particulier, voilà ma question : « Si ce n'est pas parce qu'un juge du conseil de guerre l'a affirmé à M. Salles, qui l'a répété à W Démange? »

Démange. — Mais oui, parbleu! — (Mouvements divers.)

Le PpÉsmEXT. — M' Démange, vous n'avez pas la parole.

Clemenceau. — Je vous demande, monsieur le président, de poser la question.

Le PRÉsmENï. — Non, non, je ne poserai pas la question. [Rires.)

Ayant terminé son œuvre secrète et illégale, le conseil de guerre rentrait en séance. Conformément aux termes de l'article 136 du Code de justice mililaire, le huis clos a été levé, le jugement devant être prononcé publiquement.

L'accusé n'est pas présent.

« A ce moment, dit un témoin oculaire, il règne dans la petite salle du conseil, au fond de laquelle on aperçoit, à la lueur dansante dos lampes la silhouette d'un grand christ mourant, un silence de plomb. C'est que Theure est solennelle. La qualité et la situation sociale de l'accusé, le mystère dont on

a entouré les débats, la simplicité imposante de l'appareil militaire, la sécurité de la France enjeu, tout contribue à émouvoir les assistants.

« Le colonel Maurel se lève et, d'une voix chevrotante, donne lecture du jugement dont voici le texte :

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