CHAPITRE IV
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xctée.
I^'.A-r"r*esta.txoix.
Le 15 octobre 1894, à l'heure qui lui avait été assignée, le capitaine Alfred Dreyfus se présenta au cabinet du chef de TEtat- Mujor. Il croyait venir pour la
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« L'arrestalion^ne fut ni digne i
re » (Dessùi de COUTURIER)
formalité dite « de confession »
qui a lieu tous les ans à l'époque de l'inspection générale. On l'appelle ainsi d'un nom emprunté au vocabulaire des sacristies, parce que les généraux reçoivent alors sans témoin chacun de leurs officiers.
Introduit au cabinet de BoisdefTre, le capitaine Alfred Dreyfus fut surpris d'y trouver, non point le chef d'Etat-Major, mais du Paty de Clam et trois autres personnes, dont une seule lui était connue, le commandant (depuis lieutenant-colonel) Henry.
Un instant après arriva un cinquième personnage (qui devait faire fonction de greffier), l'archiviste Gribelin, du deuxième bureau.
Du Paty de Clam invita le capitaine Dreyfus à s'asseoir, en ^attendant le général de Boisdellre ; puis aussitôt il ajouta :
— Je suis, accablé de besogne... Mon cher camarade, pendant que je classe mes dossiers, ayez donc robligeanco d'écrire sous ma dictée une lettre urgente.
— Bien volontiers, mon commandant, répondit Dreyfus en prenant place à une table.
Du Paty de Clam se rapprocha de lui et debout, tenant à la main un papier qu'il avait préparé, il dicta la lettre suivante, qui visait, par sa teneur, le bordereau soustrait à l'ambassade allemande.
Paris, 15 octobre iS98.
Ayant le plus grand intérêt, monsieur, à rentrer momentanément en possession des docujnents que je vous ai fait passer avant mon départ aux fnanœuvres, je
vous prie de me les faire adresser d urgence par le porteur de la présente, qui est une personne sûre.
Je vous rappelle qu'il s'agit de :
1" U?ie note sur le frein hydraidique du canon de 120 et sur la manière do?it il s'est comporté aux ma7iœuvres ;
2° Une note sur les troupes de couverture ;
3° Une note sur Madagascar . . . .
Au mot manœuvres, du Paly de Clam s'était arrêté:
— Voire main tremble, dit-il, à son secrétaire improvisé.
— C'est que j'ai froid aux doigts, répondit le capitaine Dreyfus.
Du Paty reprit sa dictée, puis:
— Faites attention, recommanda-t-il, c'est grave!
Et presque aussitôt, sur le mot Madagascar, il s'écria en prenant le bras du capitaine Dreyfus:
— Au nom de la loi, je vous arrête comme traître!...
A ce signal, le chef de la sûreté Cochefert et l'inspecteur de police qui se tenaient au fond du salon, se jetèrent sur le capitaine Dreyfus et se saisirent de sa personne avec une ardeur que le commandant Forzinetti devait plus tard décrire comme suit, d'après le récit du prisonnier lui-même :
« L'arrestation ne fut ni digne, ni militaire... »
Dans quel but la scène mélodramatique qui en avait été là préface ?
L'accusation a donné à entendre, au procès, que c'était une épreuve ayant pour objet de vérifier quelle serait l'attitude de l'inculpé en écrivant ainsi, sous la dictée, cette liste des documents indiqués au bordereau et que cette épreuve même décida de son arreslatation, par le trouble qu'elle décela chez lui. Le ministère public dit en propres termes :
« Avant d'opérer l'arrestation et alors « que le capitaine Dreyfus, sil était
« innocent, ne pouvait pas se douter de u l'accusation formulée contre lui, le « commandant du Paly de Clam le sou- « mit à l'épreuve suivante : il lui fit « écrire une lettre dans laquelle étaient (c énumérés les documents figurant dans « la lettre-missive incriminée. Dès que « le capitaine Dreyfus s'aperçut de l'ob- « jet de cette lettre, son écriture jus- « que là régulière , normale , devint « irrégulière et il se troubla d'une façon « manifeste pour les assistants. Interc( pelle sur les motifs de sou trouble, il « déclara qu'il avait froid aux doigts. « Or, la température était bonne dans (( les bureaux du ministère, où le capi- (( taine Dreyfus était arrivé depuis un u quart d'heure et les quatre premières « lignes écrites ne présentent aucune « trace de l'influence de ce froid. »
Cet extrait textuel de l'acte d'accusation a une grande importance parce qu'il montre bien les procédés tortueux mis en œuvre dès la première heure pour arriver à la condamnation.
Et, d'abord, quelle est la preuve de l'authenticité de la réponse attribuée au capitaine Dreyfus, « qu'il avait froid aux doigts » ?
Il n'y en a point d'autre que des témoignnges intéressés. "Volontairement ou non, cette réponse peut avoir été altérée. Dreyfus a pu dire, par exemple, « mes doigts tremblent », ou « cette lettre me donne froid », ou quelque autre chose analogue, où figurait le mot froid, sans qu'il fût nécessairement question de la température du salon. Le cas n'est pas rare, d'une fausse interprétation des paroles murmurées par un homme qui se trouve dans une situation tragique ; on pourrait même dire que le cas est normal, dejuiis Jésus, à qui ses gardt^s croient enteniire dire qu'il est « roi des Juifs ».
D'autre part, la dictée n'était pas et ne pouvait pas être une épreuve suprême, destinée à faire décider si l'on arrêterai '^
ou non le capitaine Dreyfus. Celte arrestation était convenue déjà, !e mandat signé de la veille, la chambre de sûreté toute prête à la prison militaire.
La dictée avait simplement pour but de fournir à l'accusation, pour une comparaison nouvelle avec l'écriture du bordereau, certains mots caractéristiques de ce même bordereau : manœuvres, frein hydraulique, canon de 120, troupes de couverture, Madagascar. On en verra la preuve dans la suite de l'instruction.
Qui sait même si du Paty, en son mode accoutumé d'inquisiteur romanesque, n'avait pas rêvé de faire parvenir cette réclamation de documents à Schwarzkoppen, pour en suivre l'effet et voir s'il la tiendrait comme venant de son correspondant ordinaire ? Mais, s'il eut cette idée, du Paty l'abandonna, sans doute par la crainte d'arriver à une preuve toute dill'érente de celle qu'il souhaitait.
Au surplus, le trouble de l'inculpé, réel ou non, n'impliquait nullement culpabilité. Quel oflicier des Bureaux de la Guerre, soumis à une expérience aussi insolite, aussi inquiétante pour son honneur, dans le cabinet même du chef de l'Etat-Major, qui l'a mandé et qui n'est pas présent, n'en aurait, au bout de quelques instants, compris la portée outrageante, et n'aurait pas manifesté de l'émotion ou de l'étonnement?
Encore faudrait-il que l'accusation n'exagérât pas systématiquement cette émotion. Quoi qu'on en ait dit, la lettre écrite par le capitaine Dreyfus, sous la dictée du commissaire enquêteur, ne présente aucune trace de trouble. Elle figure au dossier : d'un bout à l'autre, l'écriture en est calme, régulière, normale ; tous ceux qui l'ont vue, sauf les accusateurs de la première heure, en ])ortent témoignage. Il est faux que les dernières lignes tombent ou marquent un désarroi quelconque.
Nouvel exemple de la bonne foi quj
va présider aux moindres incidents de ce monstrueux procès! On peut dire qu'il s'ouvre, comme il se poursuivra, sur un véritable faux matériel et moral ; faux documentaire et faux d'interprétation.
Mais un aveu bien plus significatif encore est celui qui ressort de ces mots de Tacte d'accusation : « le capitaine Dreyfus, s il était innocent, etc. ». Donc, l'accusation admettait encore comme possible l'hypothèse de l'innocence de l'inculpé ; donc, elle n^avait contre le capitaine Dreyfus, contrairement à ce qu'elle a dit et répété plus tard, aucune preuve positive, extrinsèque au bordereau qu'elle lui attribuait injustement.
Ne pouvant rien mettre à sa charge, elle en était réduite, au seuil même de l'instruction, ;à donner un sens abusif et forcé à ce trouble si naturel, provoqué par l'épreuve même qu'elle instituait.
Epreuve à laquelle personne n'aurait songé à l'Etat-major, s'il avait eu en mains les certitudes et les précisions matérielles qu'il invoquera systématiquement dans la suite, sans pouvoir les fournir. Epreuve qui constitue, par sa puérilité même et par son caractère charlatanesque, le plus formel indice de l'état d'hallucination véritablement morbide chez du Paty de Clam qui déterminerait les poursuites et qui allait présider à l'instruction.
Du premier moment jusqu'à 'la fin, cette instruction va être « truquée, maquillée », comme on dit dans l'argot des théâtres. Elle est dirigée par un homme si profondément accoutumé par son éducation jésuitique au mensonge perpétuel, qu'il ne peut plus ne pas mentir non seulement en paroles, mais en pensée et en action, ne pas détourner toutes choses de leur sens propre, ne pas se mouvoir dans la vie réelle à la manière d'un acteur dans son rôle ; {/lypocritès, celui qui joue un personnage, disaient les Grecs.)
Revenons à la scène de Farrestalion.
Aussitôt appréhendé, le capitaine Dreyfus fut fouillé par le chef de la sûreté et par son acolyte.
— De quoi m'accuse-t-on ? demandat-il pendant cette ignoble opération, ainsi accomplie dans le cabinet même du chef de l'État-Major.
— Vous le savez bien, répliqua du 'Paty de Clam. Votre émotion en écrivant la lettre que je vous dictais tout à rheure en est la preuve suffisante.
— Je vous affirme que je ne comprends pas! reprit Dreyfus bouleversé.
— Allons donc ! Il est inutile de vous débattre devant l'évidence. Votre trahison est découverte.
Le malheureux continua à protester de son innocence, disant qu'il était victime d'une erreur ou d'une vengeance ; mais le chef de la Sûreté mit fin à ces protestations en procédant à un interrogatoire sommaire et de pure forme, et remettant son prisonnier aux mains du commandant Henry; celui-ci l'emmena aussitôt et le fit monter avec lui et l'inspecteur de police dans un fiacre à galerie qui stationnait devant la porte du ministère.
Dix minutes plus tard, le fiacre s'arrêtait devant la prison du Cherche-Midi, 'les deux officiers en descendaient, toujours suivisde l'inspecteur de police, et se dirigeaient vers le logement de l'agent principal. Ils y étaient attendus par le chef de bataillon Forzinetti.
Henry lui remit un ordre écrit du ministre de la guerre, confirmant les instructions déjà données verbalement par d'Aboville et prescrivant au commandant de la maison d'arrêt du Cherche-Midi d'écrouer le nommé Dreyfus, sans inscrire ses prénoms et qualités sur les registres de la prison et de le mettre au secret le plus rigoureux en l'empêchant de communiquer même avec le personnel de surveillance;, k l'exception de l'agent principal qui serait
seul chargé d'assurer sa nourriture.
L'ordre portait, en outre, qu'il était formellement interdit, tant au commandant qu'à l'agent principal, de faire connaître cette arrestation à qui que ce fût.
Aussitôt après les formalités d'écrou, le prisonnier passa du greffe à une petite chambre voisine du logement de l'agent principal et les verrous en furent tiré» sur lui.
« A partir de ce moment, a conté le (c commandant Forzinetti, Dreyfus fut « ?nuré vivant dans sa chambre.
« Peu d'instants après, je me rendis « auprès de lui. Il était dans un état de « surexcitation impossible. J'avais de- « vant moi un véritable aliéné, aux yeux « injectés de sang, ayant tout bouleversé « dans sa chambre.
« Je parvins non sans peine à le calce mer.
« J'eus l'intuition que cet offirier était « innocent. Il me supplia de lui donner « les moyens d'écrire ou de le faire moice même, pour demander au ministre de « la Guerre à être entendu par lui, ou « par un des officiers généraux du mice nistère. Il me raconta les phases de c( son arrestation, qui ne fut ni digne « ni militaire. »
Ecrire au ministre de la guerre, demander à être entendu par un des officiers généraux du ministère, le capitaine Dreyfus ne le pouvait même plus, par une première et formelle violation de la loi. C'est vainement qu'elle prescrit de jaisser à tout détenu la faculté de communiquer sous pli fermé et sans le visa du directeur de la maison d'arrêt, avec le ministre de l'intérieur s'il s'agit d'un civil, le ministre de la guerre, s'il s'agit d'un soldat et, dans ce dernier cas, avec le gouverneur de Paris, chef du parquet militaire. Les instructions que Boisdefire, Renouard, Gons© et du Paty de Clani avaient eu soin de faire sig-nor par'Meroier, sous prétexte de couvrir l'instruction d'un mystère impénétrable, dans l'intérêt de
1 accusé lui-même, se retournaient contre lui et le plaçaient dans l'impossibilité absolue de s'expliquer. Forzinetti, vieux soldat de carrière, se crut tenu d'obéir strictement aux ordres reçus, en dépit de la conviction de l'innocence de Dreyfus qui se formait déjà chez lui et qui se forlifia dès lors chaque jour, en deux mois de rapports continuels avec l'accusé.
Au cours de ces deux mois, le capitaine Dreyfus ne vit personne, sinon ses deux gardiens, du Paty de Clam et plus tard le commissaire instructeur. Il ne put jamais écrire ni à ses chefs directs, ni au ministre de la guerre, ni au gouverneur militaire de Paris. Cette précaution monstrueuse, en violation positive de la loi la plus nécessaire, n'est-elle point par elle-même la preuve d'un parti pris frauduleux chez les accusateurs?
Diront-ils que la sûreté de l'Etat exigeait que Dreyfus ne communiquât pas avec le ministre de la guerre, comme ils diront demain qu'elle exige le huis-c'os des débats? Une pareille excuse serait évidemment le comble de l'absurdité. Le comble de l'art jésuitique était d'avoir fait signer par Mercier en personne la défense expresse de communiquer même avec Mercier.
Cependant, aussitôt après le départ de leur prisonnier pour le Cherche-Midi, du Paty de Clam et Cochefert, quittant à leur tour le ministère de la guerre, s'étaient rendus au dom' ile du capitaine Dreyfus, 6, avenue da Trocadérô, près la place de l'Aima. Ils y arrivèrent à midi et demandèrent à parler à M"" Dreyfus, qui les reçut aussitôt.
— Nous sommes chargés, madame, dit du Paty de Clam, de remplir auprès de vous une triste mission.
— Mon mari est mort ! s'écria M™' Dreyfus.
— Non, madame.
— Il est blessé, peut-être ? . . .
— Non, madame. Il est retenu par
ordre du ministre de la guerre, et nous avons été requis de perquisitionner ici...
La perquisition commença aussitôt.
Elle fut des plus minutieuses et dura plusieurs heures, sans donner aucun résultat.
« Lorsqu'on fouilla le capitaine Drey- ( fus au moment de son arrestation, ( dit à ce sujet l'acte d'accusation, il ( dit :
— « Prenez mes clefs, ouvrez tout' ( chez moi, vous ne trouverez rien. »
« La perquisition qui a été pratiquée ;< à son domicile, a amené, où à peu de
< chose près, le résultat indiqué par ( lui. Mais il est permis de penser que,. ( si aucune lettre, même de famille,
( sauf celles des fiançailles adressées à ( M"" Dreyfus, aucune note, même de ( fournisseurs, n'ont été trouvées dans ( cette perquisition, c'est que tout ce ( qui aurait pu être en quelque façon
< compromettant avait été caché ou détruit de tout temps. »
Que voilà un raisonnement admirable et bien jésuitique ! On ne trouve rien chez le capitaine Dreyfus... Mais il est permis de penser que c'est parce qu'il a détruit ou caché tout ce qui aurait pu être compromettant!... Si bien qu'aux yeux de magistrats mili-^ taires, le néant de toute preuve écrite équivaut à plusieurs liasses de lettres autographes de Schwarzkoppen ou de l'empereur d' Allemagne 1. . . C'est évidemment plus commade que de les fabriquer, comme l'Etat-Major va le faire prochainement en désespoir de cause. Mais... «il est permis de penser » que ce genre d'argumentation juridique n'a pas encore cours forcé chez les peuples civilisés.
El, pour comble, cette argumentation repose sur un mensonge. Il est incontestable qu'on ne trouva rien (et non pas à peu près rien) de compromettant chez, le capitaine Dreyfus, par la raison qu'il n'y avait jamais eu rien de tel. Il est
L'AFFAIRE DREYFUb
faux qu'on n'y ait trouvé ni papiers de famille ni notes d'affaires. Les tiroirs du capitaine Dreyfus, qui avait beaucoup d'ordre, étaient au contraire pleins de notes de fournisseurs remontant à l'année de son mariage (1890), do lettres de famille et de pièces ou documents relatifs à sa fortune. Tous ces papiers furent saisis et emportés. S'ils ont disparu, c'est qu'ils établissaient de la manière la plus claire et la plus certaine les revenus et dépenses du capitaine Dreyfus et qu'ils
mettre aucun message, même verbal, si inoffensif qu'il pût paraître. Encore un raffinement de barbarie qu'aucune loi n'autorise, qu'aucune raison ne pouvait légitimer, que du Paty de Clam improvisait à l'instant et qui éclaire d'une lueur impitoyable cette âme d'inquisiteur et de bourreau.
Il trouva mieux encore, par un nouveau coup de génie véritablement sadique, en annonçant à M""' Dreyfus que non seulement elle ne devait pas
La prison militaire
étaient de nature à faire éclater l'absurdité de l'accusation portée contre lui.
Pendant celle longue perquisition, M"" Dreyfus avait naturellement essayé d'apprendre quelle accusation pesait sur son mari. Du Paty de Clam se refusa à toute explication et refusa même de dire en quelle prison le capitaine Dreyfus se trouvait détenu. Sur l'observation de la pauvre femme qu'un de ses enfants était malade, que leur père devait être inquiet et qu'il serait cruel de le laisser sans nouvelles, elle s'entendit répondre que toute communication était interdite au prisonnier etqu'il était impossible de lui trans-
du Cherche-Midi.
chercher à voir son mari, ou à communiquer avec lui, mais encore qu'il lui était prescrit de ne laisser soupçonner à personne son arrestation.
— Quoi'?... même à sa famille et à la mienne ?... même à ses frères?...
— A personne... Sauf le ministre de la guerre et les officiers chargés de l'instruction, nul ne doit .savoir ce qu'il est devenu!... Dites qu'il est absent, en mission, mais pas un mot sur la triste réalité. Il y va de sa vie... En parlant, vous la mettriez en danger. Une parole de vous serait sa perte !...