LE COLLIER DE LA REINE
Il fut guillotiné le 31 mars 1794 et ses héritiers versèrent encore, jusqu'au 12 novembre 1795, 405 672 livres formant le solde de la créance Sainte-James.
La confiscation des biens du clergé, entraînant la suspension du payement des fermages à Saint- Vaast, avait dégagé Liger vis-à-vis de la créance de Deville, son bail ayant été annulé de ce fait avant l'échéance du premier terme qui lui avait été transporté. Pour se couvrir, Deville s'empressa de mettre séquestre sur toutes les propriétés des Bôhmer et les biens de Mme Bôhmer, caution de son mari. La crise révolutionnaire entravait d'autre part le commerce de bijouterie. Les Bôhmer furent ruinés1. Et, de ce moment, ils assiégèrent l'Assemblée nationale de leurs placets. Oubliant leur déclaration, qu'ils n'avaient rien à réclamer des La Motte, ils demandent à être indemnisés sur la vente de leurs biens; ils demandent qu'il soit fait une vente de ce qui appartient au cardinal à titre particulier, de ses meubles et objets de famille, qui ne peuvent être confisqués comme biens du clergé; ils réclament sur ce que Rohan possède au delà du Rhin et qui n'a pu être pris par la Révolution : le dépôt en a été opéré dans le trésor du grandduc de Bade et c'est là qu'ils vont frapper; ils exigent payement du roi et de la reine, de la reine avec menaces; ils réclament au Trésor national l'acquittement « d'une créance sacrée et que les décrets mêmes de l'Assemblée nationale leur assurent 2 ».
Bôhmer avait vendu sa charge de joaillier de la
Bastille pour être soustrait à ses créanciers. Il mourut le 4 juillet suivant et son corps fut conduit à sa dernière demeure sur le char des pauvres.