XVI PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
La culpabilité de Rohan, qui se serait approprié le Collier pour remédier à ses finances embarrassées, — après avoir, de complicité avec Cagliostro, falsifié la signature de la reine au bas du contrat passé avec les joailliers, — a été soutenue par M. Louis de Soudak au cours de deux articles que le Temps a insérés dans ses numéros du 1er et du 24 avril 1902. Le cardinal aurait escroqué le collier, puis l'aurait fait vendre par les La Motte à son profit.
Les diamants du Collier, après que celui-ci eut été dépecé, peuvent être répartis en trois parties : 1°, ceux que Mme de la Motte échangea à ses bijoutiers et fournisseurs contre des meubles et autres bijoux à son usage ou qu'elle fit monter en parures à elle-même destinées. Il est bien évident que ces diamants n'ont pu servir à Rohan pour parer à ses embarras d'argent.
2°, les diamants que Mme de la Motte cacha à Bar-sur-Aube chez sa tante Mme Clausse de Surmont et que ceile-ci, après que le procès eut éclaté,
mettre de s'y rendre et, en s'y rendant n'a-t-il pas commis envers la reine une offense la plus punissable? » Résumé du procureur général Joly de Fleury, Bibl. nat., ms. Joly de Fleury 2089, f° 34.
« (Le cardinal) pouvait-il avoir l'illusion de penser que la reine lui donnerait un rendez-vous nocturne dans le parc de Versailles, seule et sans être accompagnée de personne, n'est-ce pas une injure qu'il a faite à la reine et au roi comme roi et comme mari? » Résumé du substitut Laurencel, Bibl. nat., ms. Joly de Fleury 2089, f° 19.