XVIII PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
les lettres de change, les bijoux, les diamants et marchandises qu'il avait portées, vendues, échangées et achetées en Angleterre »
Écoutons le joaillier, William Gray, avec lequel le comte de la Motte a longuement négocié : « De sa conduite générale, de tous ses traits avec moi, je suis parfaitement convaincu qu'il n'agissait point comme agent d'une autre personne et ne vendait les bijoux pour le compte de qui que ce soit, que pour lui-même '2. i>
Recueillons les déclarations de la Motte lui-même clans un article du Morning Chronicle, qu'il a directement inspiré, s'il ne l'a pas rédigé : « Le cardinal savait que les bijoux que le comte (de la Motte) avait vendus publiquement en son propre nom à Londres lui appartenaient légitimement ». Et plus loin : « Il est de fait que le comte de la Motte n'a jamais vendu de diamants pour le cardinal3 ».
Est-il permis de conclure que la théorie de M. de Soudak se trouve ainsi ruinée dans son fondement? Aussi bien peut-on s'étonner de ce que notre distingué contradicteur ne se soit pas demandé comment il se faisait que, si les La Motte avaient vendu le collier pour le Cardinal, ils en eussent détourné entièrement le produit à leur propre usage.
1. Analyse de la déposition de Mac Dermott par l'abbé Georgel, Arch. des Aff. étrang., Mém. et doc., France 1399, f° 265 verso. La déposition même de Mac Dermott, en date du 21 oct. 1785, se trouve dans le même recueil, fos 251-256.