PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
On peut faire une autre constatation également intéressante dans les recueils des Affaires étrangères. On y^vojt les efforts du cardinal de Rohan et de sa famille pour faire arrêter les complices de l'escroquerie, la d'Oliva réfugiée à Bruxelles, Rétaux évadé en Suisse, La Motte en Angleterre1. — Car il est établi d'autre part, parles déclarations de la d'Oliva et de Rétaux1, que Mme de la Motte les pressa l'un et l'autre de se sauver. Le comte de la Motte se hâta lui-même de mettre la frontière entre lui et le Parlement : en sorte qu'en adoptant le système de M. de Soudak on aurait ce spectacle, assurément unique dans les annales judiciaires, d'un coupable faisant tous ses efforts pour faire arrêter les complices du crime, afin que leurs déclarations pussent être recueillies et, devant le tribunal, le charger bien complètement, et d'une innocente, Mme de la Motte, ne faisant pas des efforts moindres pour mettre ces mêmes complices — dont les témoignages devraient l'innocenter — hors la portée des magistrats.
Dans les premiers interrogatoires que Rétaux de Villette subit après son entrée à la Bastille, les 7 et
1. Voir entre autres les lettres de l'abbé Georgel adressées au nom des Rohan au ministère des Affaires étrangères, Arch. des Aff. étrang., Mém. et doc, France 1399, fos -228, 246, 250.