XX PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
8 avril 1786, il se défendit d'avoir falsifié la signature de la reine au bas du contrat passé avec les joailliers. Mais, le 5 mai, il entra dans la voie des aveux et reconnut avoir fait la fausse signature sous l'inspiration de Mme de la Motte. M. de Souclak reconnaît que si les aveux du 5 mai, renouvelés et confirmés clans la suite devant le Parlement assemblé, sont sincères, l'opinion émise par lui ne peut plus être soutenue.
Observons immédiatement que la véracité de aveux de Villette, amenés par la force démonstrative des interrogatoires, des confrontations et parla comparaison des écritures, ne fit de doute pour aucun des magistrats qui furent mêlés au procès. On sait combien ceux-ci furent nombreux et d'ailleurs divisés d'opinion. Les premières dénégations ne peuvent être mise en balance. N'est-ce pas le cas de tous les criminels qui s'efforcent tout d'abord de nier? Cependant M. de Soudak estime que les aveux du 5 mai ne furent obtenus que par « un mois de Bastille ». M. de Soudak paraît encore se faire de la Bastille les idées d'antan. Et voici que ce « mois de Bastille » disparaît à son tour devant les documents des Affaires étrangères. On y trouve une relation envoyée de Genève, le 20 mars 1786, à Troncbin, représentant de la république de Genève auprès du roi de France. Tronchin la communiqua à Vergennes *. On y voit que, dès son arrestation à
1. Arch. des A/f. étrang., Mém. et doc, Franco 1100, f°s 69-74.