XXII PRÉFACE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
a été question tout à l'heure, qui se chargeraient de le dissiper. Prenons les « faits pour interroger » dressés par le substitut Laurencel 1 à l'intention de Mme de la Motte :
« Si elle (Mme de la Motte) ne sait pas que le cardinal dit aux sieurs Bôhmer et Bassenge (les joailliers) qu'aussitôt qu'ils trouveront l'occasion favorable de se trouver seuls avec la reine, d'en profiter pour lui faire leurs remerciements de l'acquisition du Collier; s'il est à présumer que le cardinal eût pu dire pareille chose aux sieurs Bôhmer et Bassenge, s'il n'eût pas réellement été persuadé qu'elle, femme de la Motte, avait remis ou fait remettre le collier à la reine? »
Et plus loin, à propos de l'insistance du cardinal auprès des joailliers, en apprenant qu'ils n'avaient pas suivi le conseil donné par lui une première fois :
« Si elle (Mme de la Motte) n'a pas connaissance que le cardinal chargea les sieurs Bôhmer et Bassenge de faire leurs remerciements à la reine et s'il ne leur dicta pas ces remerciements par écrit;
« S'il ne les chargea pas de remettre cet écrit sans délai à la reine et de lui faire part de la réponse qu'elle y ferait;
« Si elle peut soutenir que le cardinal eût con-
1. L'auteur môme de la lettre du 15 novembre 1785 dont il est question ci-dessus.