En décembre
•2. Notes de Rohan pour son avocat. Bibl. v. de Paris, ms. de la réserve, doss. Target.
daté du 7 octobre suivant, par lequel elle accuse à ce contrôleur général réception d'un secours de quarante-huit francs1. « Son crédit à l'hôtel de Reims, dit Beugnot, avait singulièrement baissé, et les deux prêts, de dix louis chacun, que je lui avais faits à distance, ne l'avaient que faiblement relevée. Je ne pouvais pas l'inviter à manger chez moi, parce que je n'avais pas de ménage monté, mais, une ou deux fois par semaine, elle me faisait la grâce d'accepter au Cadran Bien, et elle y étonnait ma jeunesse de son appétit. Les autres jours elle avait recours à mon bras pour la promenade, qui aboutissait constamment à un café. Elle avait un goût singulier pour la bonne bière et ne la trouvait mauvaise nulle part. Elle mangeait par distraction deux ou trois douzaines d'échaudés, et ces distractions étaient si fréquentes qu'il fallait m'apercevoir qu'elle avait légèrement dîné, si elle avait dîné. »
La gône ni la misère n'empêchèrent Mme de la Motte d'augmenter encore son train. Le 5 septembre 1782, elle loue, au numéro 13 de la rue Neuve-Saint- Gilles au Marais, vis-à-vis de la petite porte des Minimes, une maison avec loge de portier, four à pain, remise, grande et petite écurie, trois étages, dont les hautes et étroites fenêtres sont ornées de balustrades en fer à fleurs et dessins Louis XV. Bette d'Étienville l'a visitée. « J'ai été dans une maison de la rue Neuve-Saint-Gilles, dit-il, dont la porte cochère est fort écrasée en entrant. A gauche est la loge de portier; a droite, l'escalier, qui est assez ordinaire. Au haut se trouve un carré servant de vestibule, une antichambre de médiocre grandeur où l'on entre dans
1: Pièce provenant de la collection Duplessis, Y Amateur d'autographes 1er mars 1856, aujouriThui dans la collection de M. Alf. Bégis.