L. Mme Campan, éd. Barrière, p. 463; Beugnot, I
2. On sait que par l'expression « Madame » était désignée la sœur ou la belle-sœur du roi.
3. Déclaration do Mme Pothey, première femme de chambre de Madame.
une dette de cinq cents écus 1 — dont elle pensait peut-être s'être acquittée par les bontés qu'elle n'avait cessé de témoigner à l'un des fils de l'hôtesse 2.
Ce fut à cette époque que, sur les instances de Madame, la pension de Jeanne de Valois fut portée de huit cents à quinze cents livres3. Mais qu'étaient quinze cents livres pour les La Motte? Jeanne essaya de pénétrer jusqu'à la princesse qui paraissait s'intéresser à elle : à ce moment Madame Elisabeth soupçonna l'artifice et l'écarta comme une intrigante. Un second évanouissement ne réussit pas mieux auprès de la comtesse d'Artois.
Troisième tentative le 2 février 1784, d'une audace plus grande encore. Jeanne se place dans la galerie des Glaces, au passage de la reine qui se rend à la messe. Elle perce la foule, tombe évanouie; mais cela fît un tel brouhaha que la reine ne put même l'apercevoir. Le coup était manqué.
Jeanne renouvela enfin ses syncopes en les compliquant de convulsions nerveuses, sous les fenêtres de l'appartement occupé par Marie-Antoinette. Mais cette fois encore la reine ne la vit pas. Dans ses Mémoires, où elle fait une réalité de ses désirs, Mme de la Motte découvre le fond de sa pensée : « Le roi trouva Sa Majesté dans une agitation extrême dont il s'empressa de demander la cause. Elle lui dit qu'elle venait d'être témoin d'un spectacle bien triste; qu'elle avait vu une jeune femme tomber dans d'affreuses convulsions. « J'ai demandé « son nom, ajouta la reine, et on m'a répondu que « c'était la demoiselle de Valois, épouse du comte de