‹ L'affaire du collier, d'après de nouveaux documentsChapitre 53 sur 120 · Le 4 avril · texte numérisé non relu

Le 4 avril

vous embrasser! » A quoi elle répondit qu'elle les voyait et embrassait les petits bonshommes, et cela, ajouta-t-elle, « pour se débarrasser ». « Le cardinal, pendant ce temps-là, était en prière et se prosternait et dit à la déposante, en s'en allant, de ne rien dire, car cela lui ferait du tort. »

Mlle de la Tour revint au palais du cardinal trois jours après1. On lui donna ce jour-là une longue chemise blanche tissue d'argent, un « grand soleil » au milieu, ornée sur les bords de crépine d'argent, et une écharpe bleue : costume dessiné par Cagliostro. Vêtue de cette chemise, le grand soleil flamboyant sur sa poitrine, et, ceinte de celte écharpe, elle fut introduite dans la chambre à coucher du cardinal, tout éclairée de bougies. Sur la table il y avait encore un vase rempli d'eau transparente et, tout autour, des étoiles, de petits bonshommes et des signes qu'elle n'avait jamais vus. C'étaient des hiéroglyphes et des figurines représentant Isis et le bœuf Apis. Cagliostro, ayant recommencé à faire de grands gestes avec son épée, lui demanda si elle ne voyait pas dans la carafe une femme blanche et si cette femme ne ressemblait pas à la reine. Marie-Jeanne, qui ne voyait toujours rien, répondit qu'elle l'apercevait.

« Il lui demanda ensuite si elle ne voyait pas un vieux bonhomme vêtu de blanc, qui se promenait dans le jardin, qui venait pour l'embrasser; elle dit qu'elle le voyait, et que c'était pour se débarrasser. » Elle dut ensuite répéter les invocations au grand Cofte et à l'ange Gabriel, puis Cagliostro l'avertit qu'elle allait voir le cardinal à genoux, tenant en main une tabatière dans laquelle il y aurait un

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