‹ L'affaire du collier, d'après de nouveaux documentsChapitre 54 sur 120 · Le 7 avril · texte numérisé non relu

Le 7 avril

petit écu, et, comme il recommençait dans une agitation de plus en plus grande ses gestes avec son épée, la jeune fille lui dit qu'elle voyait effectivement le cardinal à genoux tenant en main une tabatière dans laquelle il y avait un petit écu. Alors le cardinal, très animé, dit que c'était « incroyable, extraordinaire », et il avait, observe Mlle de la Tour, « l'air pénétré de joie et de satisfaction ». « Le cardinal s'était mis à genoux, il pleurait et levait les mains au ciel1. » « J'ai été complètement aveuglé, dira plus tard le prince de Rohan devant le Parlement, par le désir immense que j'avais de regagner les bonnes grâces de la reine 2. »

Tel était le cardinal de Rohan. Or, l'obstacle principal auquel se heurte l'histoire du Collier, est l'invraisemblable crédulité qu'elle exige de la part du cardinal3. Et voilà quedes textes précis, concordants, authentiques, prouvent que le cardinal était incroyablement crédule. Deux jours avant qu'il fut arrêté, Cagliostro lui avait persuadé qu'il avait dîné avec Henri IV. « Cette anecdote, dit la Gazette de Leijde, dont on peut garantir l'authenticité, justifie toutes les imprudences du cardinal 4. » « Sa crédulité incroyable, note le duc de Lévis, est réellement le nœud de toute l'affaire et dispense de recourir aux explications non moins incroyables qu'on n'a pas manqué de suggérer3. » On dira que, plus haut, nous

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