Aujourd'hui, au château de Versailles, salle
2. Aujourd'hui salle 125. Ne pas confondre le Cabinet, appelé aussi cabinet du Conseil, avec le Cabinet intérieur.
sition d'un collier de diamants que vous auriez faite au nom de la reine? »
Rohan est devenu blême.
« Sire, je le vois, j'ai été trompé, mais je n'ai pas trompé.
— S'il en est ainsi, mon cousin, vous ne devez avoir aucune inquiétude. Mais expliquez-vous.... »
La reine était devant lui, la tête haute et fîère. Elle le perçait de son regard qu'elle savait rendre si dur et altier; elle l'écrasait de sa colère, de son mépris. Quelle chute brusque, atroce, où d'un coup était brisée la belle et longue espérance qui s'élait peu à peu élevée en Rohan depuis la scène du soir au fond du parc. Rohan étouffe, le sang enfle ses tempes, ses jambes fléchissent. Le roi voit son émotion et lui dit d'une voix plus douce : « Écrivez ce dont vous avez à me rendre compte ». Et le roi passe dans sa bibliothèque avec la reine, avec Breteuil et Miromesnil. Rohan est seul, assis devant une grande feuille blanche, les yeux hagards, la cervelle vide. Il regarde la feuille blanche fixement. Sa main tremble. Il écrit quinze lignes commençant par ces mots : « Une femme que j'ai cru... », finissant par ces mots : « madame Lamotte de Valois ».
Nous lisons dans le rapport officiel au lieutenant de police de Crosne : « Le roi a laissé le cardinal seul dans le cabinet afin qu'il pût écrire tranquillement. Quelque temps après le cardinal a apporté au roi sa déclaration qu'une femme nommée de Valois lui avait persuadé que c'était pour la reine qu'il fallait faire l'acquisition du collier et que cette femme l'avait trompé. »