histniriinii Daubantuii sur le faux el usage de faux
LE PKOCHS ClliMlNKL IGl
crois que Baudarta aussi certifié d'après mon livre, mais je ne puis Taffirmer.
Le pRÉsmENT. — Et personne ne s'est aperçu de la surcharge?
Legrand. — Personne ^
Le PRÉsmENT (à Lesiirqiies). — Quels pouvaient être vos revenus, Lcsurques?
Lesurques. — De douze à quinze mille livres.
Le Président. — Qu'est-ce cela ! A'oiis voulez peutêtre même parler d'assignats ?
Lesurqi es. — Non, mon revenu est en fermage et en argent.
Le Président {se tournant vers les jujy's). — On voudrait faire croire que les crimes n'appartiennent qu'aux pauvres, mais si les petits crimes appartiennent aux pauvres, les grands crimes appartiennent aux riches ^. Et vous, Lcsurques, avez-vous quelques observations à faire au sujet de celte surcharge? »
Après avoir longuement et en tremblant considéré le fatal registre, Lesurques, avec des sanglots dans la voix, et lui d'ordinaire si pâle, plus pâle encore, répondit : (( Je demande que les citoyens jurés considèrent comme non avenues les dépositions basées sur. la fausse date. ))
1. Legrand ronvoyt' à nouveau devant le juge Daubanton fut le lendemain remis en liberté.
« Attendu, dit Tordonnance qu'il n'est pas i)rc)uvé (jue c'est le citoyen Legrand <|ui a fait la surcharge du 8 sur le litqui originalement existe et (|ui existe encore sur le livre ; que d'ailleurs .il a rétracté sa déposition qui ne •i)arait être que le fruit de l'erreur résultant de la fausse date donnée à Tarticle de son livre dont il est question, disons que ledit Legrand demeurera en ]il>erté et néanmoins disons ([ue ledit livre et les ])ièces seront remises au greffe du Tribunal criminel pour y avoir recours, si besoin est. — Daubanton. »»