‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 45 sur 80 · LE PROCÈS DUROCHAT, DIT « LABORDE · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DUROCHAT, DIT « LABORDE

Il montra dès lors autant d'ardeur inconsidérée à faire proclamer l'innocence de Lesurques qu'il avait mis, à l'origine, de précipitation irréfléchie à établir sa culpabilité ^

Maintenant, dans cette nouvelle mission qu'il s'était donnée à lui-même, montra-t-il toute l'impartialité, toute la prudence, toute la sérénité qu'il importe à un magistrat? Fut-il impeccablement circonspect et avisé? On ne saurait l'affirmer. Et quoiqu'on en ait dit jusqu'ici, il y laissa en tout cas un peu de sa réputation, sinon de son honorabilité, et sa retraite dut suivre peu après.

Mais, par contre, son zèle, eût-il été trop ardent et pas assez discret, servit puissamment la Justice, car son acharnement contre Dubosq aida à découvrir tous les auteurs du crime, et à les livrer au châtiment suprême.

D'ailleurs un fait inattendu, inespéré, vint asseoir davantage encore sa nouvelle conviction.

Il avait, en efl'ct, appris qu'un individu était, sous le nom de Durochat, actuellement détenu pour vol à la prison de Pélagie. Le signalement de celui-ci correspondait singulièrement avec celui du seul voyageur qui, le 8 floréal précédent, avait pris, dans la cour de la Poste aux Lettres, a l'hôtel du Plat d'Etain, la malle pour Lyon.

Ce voyageur, il est vrai, dont on avait recherché sur les registres de la Poste la copie du passe-port, répondait au nom de Pierre Laborde; mais, après le crime, auquel il semblait avoir participé, car on n'avait retrouvé ni son cadavre, ni ses traces ; après l'arresta-

1. M. Daiibanton ne provoqua même point Lesurques à justiûer d'un alibi, ni de l'emploi de son temps. 12.

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lion do Lesurques et de Goiiriol; après surtout les aveux de ce dernier, il était bien probable qu'il n'avait point conserve un nom aussi compromettant, et qu'il devait se cacher aujourd'hui sous son nom véritable, si celui-ci ne l'était point, ou sous un nouveau nom d'emprunt.

Bref, pour que ce particulier fût plus sûrement reconnu, M. Daubanlon avait obtenu que l'inspecteur des Postes., celui-là même qui avait vu monter Laborde dans la malle de Lvon, se rendît avec lui à l'audience où allait être ju<çé ledit Durochal.

Ils arrivèrent tous deux quand celui-ci, condamné à quatorze ans de fers, quittait la salle.

L'inspecteur, sans perdre un instant, demanda la parole et déclara au Tribunal que cet homme était précisément celui qui était monté dans la malle de Lyon le 8 floréal, etavait vraisemblablement poignardé le courrier.

Durochat, ramené au banc des prévenus, fut aussil(M inculpé de ce chef, et le lendemain, 25 ventôse an V, M. Dauba n ton pouvait mander devant lui, en son bureau de la Préfecture de Police, le particulier Joseph Durochat, dit « Joseph Vérot », dit « Laborde », et procéder à son interrogatoire.

L'inculpé était un homme de cinq pieds trois pouces et demi ^ aux yeux couverts, au teint brun, à la figure pleine, au visage marqué de petite vérole et de taches noires, aux cheveux et à la barbe bruns.

Il déclara se nommer Joseph Durochat, natif de Lille, Agé de trente-deux ans, chapelier, sans domicile, et venant de Marseille.

D. — (( A quelle époque étes-vous parti de Marseille?

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