‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 47 sur 80 · LE PROCES DIROCHAT, DIT « LABORDE · texte numérisé non relu

LE PROCES DIROCHAT, DIT « LABORDE

OÙ il substituait, au nom qui y était et au signalement, le nom de Laborde et le signalement de lui, Véron ; qu'avec ce passeport il en obtint un autre pour Lyon ; qu'avec ce passeport il se présenta à la poste et arrêta sa place dans la malle où il monta avec le courrier ;

(( Que les seuls qui furent de ce complot sont Vidal- Dufour, dit « Lafleur», dont le véritable nom est Pierre Pialin, lequel avait été condamné aux fers à Grenoble; Rossy ou Ferrari, Dubosq et Gourriol ou Etienne; que c'est Bernard qui prêta les chevaux;

« Que le projet était seulement de lier le courrier et le postillon, et non de les assassiner; que c'est Courriel qui a été cause des meurtres qui ont été commis ; que Rossi, Gourriol, Dubosq et Lafleur, arrivés à l'endroit où le courrier avait été attaqué, Gourriol, en arrêtant le postillon, lui avait porté un coup de sabre; que lui, Yéron, n'a porté aucun coup au courrier dans la malle; que le postillon ayant été attaqué, il descendit, et que, l'action engagée comme elle l'avait été, ce courrier fut entraîné par lui, Véron, et Lafleur, derrière un petit bouquet d'arbres, où il avait été poignardé et égorgé par ledit Lafleur ;

(( Qu'étant de retour à Paris, ils se sont rendus chez Dubosq,, rue Groix-des-Petits-Ghamps, où le partage a été fait; que Bernard s'y est trouvé et a reçu, pour sa part de chacun d'eux cinq, 5oo ooo livres et lo louis ;

(( Que c'est Gourriol, Dubosq et Vidal ou Lafleur qui ont reconduit les chevaux ;

(( Que Vidal ou Lafleur, Dubosq et Roussy doivent être reconnus, ainsi que Ta dit Gourriol, par les gens de l'auberge où ils ont dîné ;

« Qu'il a entendu dire qu'il y avait eu un particulier nommé Lesurques q,ui avait été condamné ; qu'il doit à la vérité de dire qu'il n'a jamais connu ce particu-

lier, ni lors du projet, ni à son exécution, ni au partage ; qu'il ne le connaît pas et ne Ta jamais vu ; que les seuls ayant concouru k ce crime sont lui, Yéron, Rossy, Dubosq, Courriol et Vidal, avec Bernard qui a prêté les chevaux, mais qui n'était pas à l'assassinat ;

« Que, depuis, il a été loger avec ledit Vidal, rue des Fontaines, quartier du Temple, d'où ils sont partis peu de temps après ; que le portier de cette maison se nommait Perrin et les reconnaîtra sûrement l'un et l'autre ;

(( Qu'à partir de cette époque, il n'a plus revu ni Rossy, ni Vidal, ni Dubosq, ni Courriol ; qu'il sait que Dubosq est à Paris, avec la femme qu'il a fait sauver des prisons de Lyon où elle a été condamné à onze ou douze ans de détention; qu'on lui a dit que Roussy était à Milan où il faisait le commerce; qu'il a appris cela à Mars eille où il s'était trouvé peu après que Roussy, qui y était aussi venu, en était parti ; qu'il savait également que Vidal était actuellement arrêté pour une autre affaire, et que c'est lui qui l'a fait découvrir pour se sauver lui-même. »

Et a déclaré ne savoir signer.

Cette confession fut confirmée le i" germinal an V, devant le commissaire de police Pille, par Durochat, dans sa prison de Versailles, où il avait été transféré après son jugement de Paris.

C'était la première fois que Durochat consentait à avouer qu'il savait signer, et encore ne le fit-il que sous le nom de a Vérot ».

Le 9 germinal, Durochat fut appelé à préciser ses aveux devant M. Pacou, juge de paix de Versailles, mais ce ne fut que le 12 que le juge Vincent de Paule Barbier, faisant fonction de président criminel du département de Seine-et-Oise, obtint de lui un histo-

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rique complet et détaillé du crime, et différent, sur quelcjiies points, de ses premiers aveux à M. Daubanton.

Durochat ayant, le 25 germinal an IV, retrouvé, à Paris, Vidal, dont, avons-nous dit, il avait fait la connaissance durant le siège de Lyon, partagea le soir même Thospitalité que celui-ci lui offrait dans son logement de la rue de Ilohan.

Au bout de deux ou trois jours, Vidal lui confia le projet formé par lui et quelques-unes de ses connaissances d'aller, sur la grande route de Melun, dévaliser sur son passage le courrier de la malle de Lyon.

Pour vaincre ses dernières hésitations, Vidal le fît rencontrer, au Café du Perron, près le Palais-Royal, avec le courrier des dépêches de la Poste de Brest, qui avait indiqué Taffaire.

Durochat promit, dès lors, son concours et son entière discrétion et il ne restait plus qu'à arrêter les derniers détails de l'expédition.

A cet effet, Vidal et Durochat allèrent dîner aux Champs-Elysées chez le traiteur Lebœuf où ils se rencontrèrent avec D'ubosq, Roussy et Etienne Gourriol.

Au dessert, les rôles furent distribués : Durochat fut chargé de prendre la voiture du courrier de Lyon, tandis que les autres iraient attendre la malle sur la route, dans le bois, entre Lieursaint et Melun.

Il avait toutefois été formellement décidé (du moins c'est Durochat qui le déclare) qu'on se contenterait de lier le postillon et le courrier, sans leur faire aucun mal, pendant qu'on dépouillerait la Poste.

Le 8 floréal fut choisi d'un commun accord pour mettre ce projet à exécution. ()uel({ues jours étaient, en effet, nécessaires pour se procurer des chevaux et fournir un passeport à Durochat.

Dubosq se chargea de ce soin, et, le 7 floréal, Duro-

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chat, accompagné de Yidal, n'eut plus qu'à le faire viser à la section des Tuileries, et, de là, au Bureau central.

Par un fâcheux contre-temps, Vidal y rencontra un garçon de bureau de sa connaissance qui aurait pu les trahir par la suite, mais son parti fut vite pris. N'ayant pas été aperçu de ce dernier, il se détacha de Durochat, et, tandis que celui-ci obtenait le visa nécessaire, Yidal emmena le garçon de bureau au cabaret.

Le lendemain matin, Durochat alla retenir sa place au bureau de Poste, movennant 3 ooo livres en assignats que lui avait prêtées Dubosq, et partit de Paris vers les quatre heures du soir, ayant à côté de lui, dans la malle, le courrier ExcofTon.

Sorti par la port^ de Gharenton, il feignit de dormir afin d'éviter de lier conversation avec le courrier. Au relais de Villeneuve, il descendit à peine, et encore en ayant grand soin de rabattre son chapeau sur sa figure.

A celui de Lieursaint, il dîna rapidement et d'ailleurs, il faisait déjà nuit.

Il était environ neuf heures ou neuf heures et demie du soir quand la voiture se trouva au-dessus de Lieursaint.

D'après la version de Durochat, qui, au milieu de ses aveux, cherchait cependant à dégager le plus possible sa participation effective à l'assassinat, lorsque la malle eut été attaquée par les quatre autres, Roussy aurait porté le premier coup de sabre au courrier, mais Durochat aurait cherché à le parer avec la main et reçu, à la paume, au dessus du pouce, une entaille qui lui fit répandre beaucoup de sang, et dont il portait encore la cicatrice au jour du jugement.

C'est alors qu'il s'élança hors de la voiture et courut

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