‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 48 sur 80 · LE PROCÈS DUROCIIAT, DIT « LABORDE · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DUROCIIAT, DIT « LABORDE

à vingt pas de là, où il fut bientôt rejoint par Courriol auquel il se plaignit de ce qu' « on ne tenait pas parole et qu'on assassinait au lieu de voler, ainsi qu'ils en avaient convenu ».

(( C'est nous exposer à la guillotine ! s'écria-t-il.

— Il faut nous en prendre à Roussy, lui répond Courriol ; tu sais comme il est vif; d'ailleurs, c'est une affaire faite », ajouta-t-il philosophiquement avec ce flegme qui le caractérisait; « et ceux qui sont morts ne reviendront plus pour passer devant nous ! »

Bientôt, on détourna la malle dans la forêt; on coupa les cordes des paquets; on s'empara de tout ce qu'il y avait de précieux, puis les cinq particuliers revinrent à Paris. Roussy était monté sur le cheval du postillon tué et avait donné le sien à Durochat. De retour à Paris on abandonna sur les boulevards le cheval du postillon tué, et on se rendit chez Dubosq qui occupait un entresol rue Croix-des-Petils-Champs, en face la barrière des Sergents. C'est là que se fît le partage du butin.

11 était alors environ quatre heures du matin.

Outre les 5o louis et les 5oo ooo livres en assignats que, dans sa déclaration à M. Daubanton, il reconnut avoir re(;u pour sa part, il eut encore 4o ooo livres en mandats qu'il vendit cinq mois après à 4o sous le loo.

Elonné et un peu inquiet de se voir à la tête d'une pareille fortune, il resta encore huit jours avec Vidai dans son appartement de la rue de Rohan, et craignant alors l'un et l'autre des poursuites, devant le bruit que commençait à faire le crime, ils crurent prudent de prendre un autre appartement, rue des Fontaines, n"4-

Après l'arrestation de Courriol, leurs alarmes augmentèrent et ils estimèrent de leur sécurité de quitter Paris et de se réfugier à Ne vers.

(( Connaissez-vous le nommé Lesurques ? » demanda le Président à Durochat, interrompant son récit, qui maintenant commençait à perdre de son intérêt.

M. Barbier était, en effet, non moins désireux que M. Daubanton d'amener, pour le plus grand bien de la justice, les aveux de l'accusé sur Lesurques.

R. — « Non, citoyen, je ne le connais pas ; je ne l'ai jamais vu de ma vie.

D. — Je vous observe cependant que Lesurques a été reconnu pour l'un des voleurs de la malle; qu'il avait à ses bottes des éperons argentés, et qu'on lui en a vu raccommoder un avec du fil, soit à Lieursaint, soit à Montgeron, et que cet éperon a été retrouvé dans le lieu où la malle a été volée.

R. — C'était le nommé Dubosq, qui avait les éperons argentés. Le 'matin même que nous avons partagé le vol, je lui ai entendu dire qu'il avait brisé l'un des chaînons de ses éperons; qu'ils l'avait raccommodé avec du fil dans l'çndroit où ils ont dîné, et qu'il l'avait perdu dans l'affaire. Je lui ai vu moi-même dans les mains l'autre éperon, et il disait qu'il allait le jeter dans les commodités. 11 nous ajouta qu'il avait perdu Sur le champ de bataille une paire de ciseaux où était gravé le nom d'un administrateur ou d'un commis de la poste.

D. — Comment est fait Dubosq?

R. — C'est un homme de vingt-six ans, horloger de sa profession, de 5 pieds 3 à 4 i)ouces, assez mal jambe, bien corsé, assez belle figure, teint de blond, gros yeux et perruque blonde le jour de l'assassinat et du vol.

D. — ^' 'avez- vous jamais été repris de justice?

1\. — iNon, citoyen. »

El Durochat qui, au début de la procédure, prélen-

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