LE PROCÈS DUROCHAT, DIT « LABORDE
dait ne savoir signer, apposa, cette fois, sans difficulté, et d'une écriture assurée, sa signature.
Pour qu'il ne subsistât aucun doute sur ces axeux, et que ceux-ci fussent confirmés par des témoignages désintéressés, le Président chargea un de ses juges, M. Simonneau, d'interroger le citoyen Perin ou Perrin, le portier de l'immeuble du 8 de la rue des Fontaines, où Durochat déclarait avoir habité avec Vidal.
Celui-ci ne fît aucune difficulté pour déclarer que différentes personnes étaient venues voir Vidal dans l'appartement; qu'il ne les connaissait pas de nom, mais que cependant il y en avait un qui était gros, visage plein, les cheveux noirs, vêtu d'une veste bleue avec une ceinture et un chapeau rond, et un autre particulier blond.
Mis en présence de Durochat, il le reconnut aussitôt comme étant l'individu qu'il n'avait plus vu depuis le samedi, veille de Ja Pentecôte.
(( Comment cela, demanda le juge, je croyais que ces deux particuliers étaient restés jusqu'après la PentecO)tc ?
— ("est vrai, citoyen, mais je suis parti ce samedi pour aller passer les fêtes à Auteuil. 11 faisait si beau, et il^' a à Auteuil de la verdure qu'il n'y a pas rue des Fontaines.
— C'était votre droit.
— En revenant le mardi à Paris, je trouvai le citoyen \ idal seul, fondant en larmes, et qui me dit qu'il venait de recevoir une lettre lui annonçant la mort de son père; qu'en conséquence, il était nécessaire qu'il partît pour Lyon tout de suite, et, qu'à cause (le cela, il allait vendre ses meubles. 11 les vendit en effet à un limonadier de la rue du Temple, en face les Bains, et partit le soir même de Paris. C'était
un bien honnête particulier, citoyen, et bien généreux, car, avant départir, il me donna 5oo livres pour boire, me dit-il. Vous pensez bien que j'ai pas bu tout ça. 11 n'a même pas voulu accepter un verre de ce vin, tellement il était pressé. »
Durochat reconnut la véracité de celte déclaration et ajouta que le citoyen qui était blond se nommait Dubosq, et qu'il avait une grande femme grêlée, mais qu'il ignorait ce qu'il était devenu.
Traduit devant le Tribunal criminel de Versailles, vingt questions furent posées au jury qui, par la bouche du chef du jury, le citoyen Hardelay, déclara, malgré une plaidoirie émue du citoyen Ripert, %oh défenseur: Laborde, se disant a Joseph Durochat », coupable d'assassinat et de vol avec circonstances aggravantes.
En conséquence, le Tribunal criminel de Seine-et- Oise, présidé par le citoyen Ghallau, condamna Duro- , chat, le 17 germinal an V, à la peine de mort, à la restitution des effets volés appartenante la République, et à 3 000 francs de dommages-intérêts au profit de la veuve ExcofPon, née Jeanne-Rose Doté, qui s'était portée partie civile, tant en son nom personnel que comme tuteur de son fils mineur.
A celle même audience Durochat avait formellement dénoncé Vidal comme un co-auteur du crime et ce dernier avait été, comme nous le verrons, arrêté sur- Je- champ. Bientôt également Dubosq élait découvert par M. Daubanlon, el transféré à Melun dans la même voiture que Durochat, qui y élait aussi conduit pour être confronté avec Vidal et celui-ci.
Mais Dubosq profila habilement des loisirs de la roule pour s'assurer le silence de Durochat, et ce dernier revint à Versailles sans avoir consenti à rccon-
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