‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 50 sur 80 · LE PROCÈS DUROCIIAT,^ DIT (( LABORDE · texte numérisé non relu

LE PROCÈS DUROCIIAT,^ DIT (( LABORDE

naître son complice qu'il avait dénoncé cependant si formellement, alors qu'il croyait Dubosq hors des atteintes de la Justice, mais en accablant à nouveau Vidal de sa reconnaissance bien que ce dernier persistât à trouver plus prudent de nier l'avoir jamais connu.

(( Cependant, avait fait observer le juge à Durochat, dans votre interrogatoire du 12 germinal dernier, vous avez dit positivement que Vidal, Dubosq, Roussy et Courriol étaient partis de Paris vers huit heures du matin et que vous étiez allé retenir et payer votre placç au bureau de la poste, avec environ 3 000 livres en assignats que Dubosq vous avait prêtés P

R. — Je ne le nie pas, répond Durochat, mais ce n'est pas Dubosq qui est ici présent; le Dubosq dont j'ai parlé avait le visage plein et était plus grand de taille, quoiqu'il fut blond comme celui icy présent. Sûr, je reconnais \ idaJ-Dufour, et même sous son nom de (( Pialat », mais pas Dubosq. Reconnaissant l'un, je reconnaîtrais aussi bien l'autre, si c'était la vérité, mais je ne veux plus dire de .mensonges. Si ce n'était point Vidal, je le dirais aussi bien, quoiqu'il m'ait dénoncé, à ce que je crois. »

Entre temps, Durochat s'était pourvu en cassation, sur le motif que toutes les pièces de la procédure ne lui avaient point été communiquées, mais ce pourvoi ayant été rejeté par jugement du Tribunal de Cassation en date du 3 thermidor an V, Durochat fut conduit au lieu d'exécution dei Versailles, revêtu d'une chemise rouge, conformément à la loi, et eut la tête tranchée le 22 thermidor suivant.

Avant que de quitter pour le supplice expiatoire la chambre qu'il occupait au deuxième étage de la mai-, son de Justice, Durochat demanda ;à faire au commissaire de police Pile une ultime déclaration :

« Citoyen commissaire, lui dit-il, tremblant un peu de la voix, mais avec un accent de réelle sincérité, ajoute le procès-verbal, je veux vous parler encore une fois sans haine et sans vengeance. Nous n'étions que cinq pour cet assassinat : Vidal et Dubosq, qui viennent d'arriver avec moi de Melun et qui sont renfermés dans celte maison de justice, Courriol et iloussy, l'un exécuté, l'autre à Milan, et moi, Durochat. Mais Lesurques et Bernard sont morts innocents. Bernard n'a fait que prêter les chevaux, ignorant pour où aller et n'a participé à rien.

(( Si je n'ai point voulu reconnaître Dubosq à Melun, c'est que j'étais sans argent et que Dubosq m'a fait dire par le nommé Barthelel, guichetier à Melun, que si je voulais dire que je ne le reconnaissais pas, il me fournirait de l'argent tant que j'en aurais besoin. J'ai donc nié connaître Dubosq et Dubosq m'a envoyé de l'argent tant que j'en ai eu besoin ; c'est Barthelet qui m'a apporté de l'argent à différentes fois.

(( C'est là la plus pure vérité. »

C'était la quatrième tête qui, pour ce crime, tombait sur l'échafaud.

yT' A-*^' * * fy&A . */ r

I Vf ' •' • i

■ • • ' • ; II' ; • . > i > \

" * ,-y4«„^^ >:7// ,v. 11-'' **.^<L.. j.aJl/^

Affaire Vidal-Dufour, dît « Lafleur ».

« Citoyens jurés, c'est Vidal-Dufour qui m*a, le premier, communique le projet d'arrêter le courrier de la malle de Lyon et de le voler, mais non, il est vrai, de l'assassiner. Je le jure I » s'écria Durochal, devant le Tribunal criminel de Versailles, au cours du procèsqui devait, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, se terminer par une condamnation à mort.

(( Vous n'avez point à jurer, accusé », lui fit observer le Président.

L'accusateur public se leva alors et requit à ce que Vidal-Dufour soit extrait de Pélagie où il était détenu pour d'autres causes, et amené à cette audience pour être confronté avec Durochat.

Le Tribunal ayant fait droit à cette réquisition, l'audition des quarante-cinq témoins fut « coupée » par le Président et remise au lendemain.

A neuf heures, le lendemain matin, 17 germinal an V, l'audition fut reprise. Vidal, entre deux gendarmes nationaux, fut amené à la barre des témoins.

Après la lecture à lui faite par le greffier de l'acte . d'accusation Durochat et après qu'il eût attentivement dévisagé ce dernier, Vidal-Dufour déclara :

<( Je ne connais pas Taccusé. A la vérité, j*ai demeuré rue de Rohan à Paris, ça, je ne le nie pas ; j'ai demeuré aussi à Lyon, mais, je le répèle, je ne reconnais pas l'accusé.

— Eh bien 1 s'écria Durochat, moi, je te connais parfaitement; j'ai demeuré avec toi, rue de Rohan, à Paris; je t'ai connu à Lyon et je t'ai même vendu du vin. Vois- tu, au point où nous en sommes, ce n'est plus la peine de nier; c'est toi qui t'es employé pour me faire obtenir un passeport à la section des Tuileries sous le nom de « Laborde »; enfin, puisqu'il faut tout dire, tu fus du nombre des assassins.

— C'est faux I répond imperturbablement Vidal.

— C'est bien, ajoute le Président; nous allons entendre le ciloyen Perrin, le portier de la rue des Fontaines. »

Et Perrin réitéra la déposition qu'il avait déjà faite, ajoutant que Vidal avait logé dans l'immeuble avec son épouse, qui était enceinte, et avec l'accusé.

La femme Alfroy et la femme Ghampeau, de Lieursaint, déclarèrent également le réconnaître ; le ciloyen Champeau affirma que c'était bien lui qui était monté sur un petit cheval noir; mais les citoyens Alfroy, Sureau, aubergiste à Lieursainl, Roger, Iludry et les femmes Bourgoint, Feuillet et Petit prétendirent ne point le reconnaître.

Cependant Taccusateur public déclara « l'inculper de complicité dans l'assassinat commis par une troupe de brigands armés, dans la nuit du 8 au 9 lloréal an 1\ , sur les personnes d'Excofîon, courrier, et d'Audebert, postillon ». et demanda qu'il lût amené, sous bonne et sûre garde, devant le jury de Meliin.

\ idal-Dufour, dit « I^alleur )), dit « Pialat », dit a le Crand Lyonnais », était un garçon de 5 pieds 7 pouces

Page 1