‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 51 sur 80 · AFFAIRE VIDAI -DUFOUR, DIT (( LAFLEL'R · texte numérisé non relu

AFFAIRE VIDAI -DUFOUR, DIT (( LAFLEL'R

et demi S aux cheveux et sourcils châtains foncés, à la barbe brune, portant des favoris très noirs, au front rond et découvert, aux yeux gris et chassieux, au nez court et aquilin, à la bouche moyenne, au menton rond, à la figure bombée et fortement marquée de petite vérole.

Né à Saint Elienne, il avait alors trente-cinq ans environ, s'était établi, dans ces derniers temps, marchand de vins à Lyon. C'est là qu'il avait fait la connaissance de Dnrochat.

Condamné le 19 messidor an III par le Tribunal criminel de l'Isère sous le nom de a Pierre Pialat », dit « LaQeur », à vingt-quatre ans de fers et à l'exposition au poteau fendant six heures, pour vol par violence avec circonstances aggravantes, il était parvenu par l'évasion à se soustraire à sa peine.

Arrêté sur la dénonciation de Durochat à Taudience même du Tribunal criminel de Versailles, Vidal fut renvoyé, illégalement, nous le verrons tout à l'heure, devant M. Beau, juge de paix de Melun.

Le directeur du jury de Melun, M. Cartault, avait en effet estimé que le juge de Paix le plus proche du lieu du crime étant légitimement empêché, il était préférable de renvoyer Vidal-Dufour à l'enquête du juge de paix de Melun, comme ayant déjà connu et de l'affaire Lesurques et autres, et (Je l'afFaire Durochat.

Toutefois, il fit subir à Vidal un premier interrogatoire le 17 lloréal an V.

Vidal répondit en termes vagues aux questions qui lui furent posées.

Il déclara que : « il y avait environ deux mois et demi qu'il était arrivé à Paris; qu'il avait logé dans la SQp-

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tien de la Halle au Bled, sans pouvoir se rappeler dans quelle maison ni chez qui; que, le jour même, il avait -été le soir à la Comédie avec le bourgeois chez lequel il logeait, et, qu'en partant du spectacle, il n'avait plus retrouvé ni son portefeuille ni ses papiers dans sa poche; et que c'était deux jours après avoir été au spectacle et avoir perdu ses papiers qu'il avait été arrêté à Paris dans le jardin des Tuileries; qu'il avait •été conduit à la mairie devant un juge de Paix, puis mife en prison dans la maison de Pélagie pendant longtemps, sans avoir jamais su les causes de son arrestation; qu'il ne pouvait se rappeler positivement où il était durant les deux jours du 8 et 9 tloréal an IV, attendu qu'il avait beaucoup voyagé, tant à Paris qu'à « Lion )) et Avignon ; qu'il était marié, mais que sa femme était morte, il y avait environ six ou sept mois à Toulouse d'une fausse couche ; qu'il ne niait pas avoir habité à Paris, avec sa femme, lorsqu'elle était enceinte rue des Fontaines, et auparavant, il y avait environ dix mois, rue de Rohan ; mais qu'il ne se rappelait pas dans quel endroit il avait pu voir et rencontrer le dénommé Laborde; que cependant devant le Tribunal de Versailles sa figure ne lui avait point été inconnue; qu'au surplus, il pouvait se faire qu'il eût fait avec lui quelques articles de vin, mais non pas en tout cas avec un nommé Laborde; qu'en tout cas, il était faux qu'il lui eût communiqué ni ellectué avec lui le projet d'arrêter, voler et assassiner le courrier de la malle de a Lion. » Et a déclaré ne pouvoir signer. Le 19 floréal, devant le citoyen Beau, juge de paix de Melun, chargé de l'enquête', Mdal n'était plus mar-

1. Cette attril)ution ressemblait fort à celle ariuelle des commissaires de police ou des commissaires aux délrgalious judiciaires à Paris.

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