AFFAIRE VIDAI-DL'FOL'R, DIT « LAFLEUR
chand de vins mais de montres, et il nia avoir jamais connu Courriol. Cependant, faisant un effort de mémoire, il crut pouvoir se souvenir que, vers le 8 floréal, il devait cire à Toulouse, à moins que ce ne fût à Avignon, mais rien ne pouvait lui faire remémorer qu*il eût été à cette époque à Paris. Quant au crime, il ne le connaissait que par ouï dire, en ayant beaucoup entendu parler à Paris et en province.
A la suite de cet interrogatoire, le mandat de dépôt fut aussitôt transformé en mandat d'arrêt, et l'interrogatoire fut repris le lendemain.
Vidal persista énergiquement dans ses dénégations.
Durochat? Sa figure ne lui était pas inconnue, mais,, lui personnellement, il ne le connaissait pas.
Courriol ? 11 ne le connaissait pas davantage, et, au surplus, ce n'est qu'en le voyant qu'il pourrait dire s'il l'a jamais connu et fréquenté.
Vidal savait à merveille que cefte réponse ne pouvait le - compromettre, n'ignorant point que depuis longtemps Courriol avait été guillotiné.
« Mais enfin, lui dit le juge Beau, quel est le motif de la précipitation avec laquelle vous avez voulu partir en poste pour Lyon, après avoir donné 5oo livres pour boire à un commissionnaire sans vous donner le temps d'accepter votre part d'une bouteille de vin que vous offrait Perrin?
R. — Si je n'ai point accepté un verre de vin de Perrin, répond Vidal d'une voix émue, c'est que le chagrin me dominait alors...
D. — Oui, je sais, interrompit le juge, le prétendu décès de votre père.
R. — Nullement prétendu, objecta Vidal, mais réel. D'ailleurs, je ne bois jamais de vin le matin.
D. — Louable sobriété î Mais lorsque Durochat alla
au Bureau central, le 7 floréal, pour avoir, sur le passeport que lui avait fabriqué Dubosq, un autre visa, n'y av«z-vous point rencontré un garçon de bureau de votre connaissance que vous avez écarté en le menant boire au cabaret, et n'avez-vous point fait mettre sur ce pa-sepôrt un au Ire numéro que celui du 22 de la maison où vous demeuriez rue de Uoban?
H. — Ce fait est d'autant plus faux, citoyen, que je n'aurais pu faire viser mon passeport sans montrer ma carte sur laquelle était le numéro de ma demeure.
1). — Poiiniez-vous nous représenter cette carte?
K. — Non; je Tai rendue à la section des Tuileries, il y a environ treize ou quatorze mois, lorsque j*ai pris mon passeport pour aller du coté de la Flandre!
D. — Prenez garde, Vidal, vous \ous coupez dans vos réponses. Vous nous avez dit plus haut qu'en quittant votre demeure de la rue de Rohan, vous aviez été directement dans la rue des Fontaines, qui était d'une aulre section que celle des Tuileries, et qu'il n'y avait qu'im an que vous demeuriez rue de Hohan?
R. — Mais lorsque j'ai fait mon voyage en Flandre, il y a ti^ize ou quatorze mois, je n'avais pas encore quitte ma demeure rue de Rohan. Il n'y a, vous le \oyez, aucune contradiction dans mes réponses.
— Ah! bien », répondit le juge, scepti([ue.
Et, après diverses autres questions auxquelles il opposa les dénégations les plus catégoriques :
D. — (( ^ 'étiez- vous pas. par hasard, le 8 floréal an IV, dans une auberge de Montgeron où nous auriez demandé à acheter une pipe et du tabac, et ne fumezvous point ordinairement?
R. — Oui, eflectivement, je fume ordinairement, mais je ne sais ce que vous voulez me dire d'ailleurs.
D. — (^uels vêtements portiez- vous dans le mois de