Loi du 16-24 août
fier la défense des accusés en matière criminelle à des défenseurs commissionnés par les tribunaux ^
C'est vainement que les défenseurs officieux cherchèrent à se reconstituer en barreau sous le nom de « Société d'hommes de loi » .
C'était une tentative d'associalion de légistes, munis d'un simple certificat de civisme et désireux sans doute de présenter toutes les garanties de savoir et de moralité; mais le contact d'intrus, d'hommes d'affaires tarés était inévitable et l'institution fut dénaturée.
Toutes ces considérations devaient amener quelques années plus tard ^ Napoléon à rétablir l'Ordre des avo-
1. « Sans douto, disait-il devant TA^^semblée constituante, lors de la discussion de la loi du 16-24 août 1790, cette profession n'est point exempte de certains abus, mais pourtant on est forcé de convenir que le Barreau montrait encore les dernières traces de la liberté, exilée du reste de la terre : c'était là que se trouvait encore le courage de la vérité, qui osait proclamer les droits du faible opprimé contre les crimes de l'oppresseur puissant. Faites conférer j)ar les tribunaux le pouvoir de défendre les citoyens, et vous ne verrez i>lus, dans le sanctuaire "de la Justice", de ces hommes sensibles, capables de se passionner ]jour la cause des malheureux, et par conséquent dignes de la défendre. A leur place, on accueillera des gens de loi sans délicatesse, sans enthousiasme ])Our leurs devoirs, et poussés seulement dans une noble carrière par un vil intérêt. Vous dénaturez, vous dégradez des fonctions précieuses à l'humanité, essentielles au progrès de l'esprit public; vous fermez cette école de vertus civiques, où les talents et le mérite ai)prendraîent, en plaidant la cause des citoyens devant le juge, à défendre un jour celle du i)euple devant les législateurs. »
2. Une loi du 22 ventôse an XII avait prescrit la composition d'un tableau, exigé la licence en droit de ceux qui voulaient exercer la i)rofpssion et annoncé qu'un règlement d'administration jmblique pourvoirait à la discipline des avocats. En attendant que ce règlement i)arùt, des avocats, qu'on appela les « avocats du Marais », fondèrent une association, dépositaire des traditions de l'Ordre et qui compta dans son sein : de Sèze, Chauveau-Lagardo. Berryer j)ère, etc. Mais ce ne fut qu'un ilécret du 14 décembre 1810 qui réinslitua l'Ordre des avocats, et encore en lui imposant le serment politique.