‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 58 sur 80 · DIVISION · texte numérisé non relu

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(Fac-similé dune des pièces du dossier criminel;.

AFFAIRF: VIDAL-DIFOLB, DIT « LAFLEIU >' 2o7

de ce que, intentionnellement ou non, «aucun valet ne se trouvait derrière les verrous de la porte du corridor )), et que la chambre des enfants était vide, ceux-ci se trouvant à la noce à Pontoise, nos deux particuliers mirent leur projet à exécution. Dubosq ouvrit les verrous du corridor avec deux morceaux de bois recourbés, tandis qu'il faisait baisser le ressort de la serrure avec un compas. Ils ouvrirent ensuite avec une fausse clef, « faite d'otain », la porle de la chambre où couchaient d'ordinaire les enfants du concierge ïlumblot.

Une fois là, on attacha les draps de la fille Barrière à ceux du lit et aux couvertures des enfants pour en faire « une espèce d'échelle coulante ».

Malheureusement pour Dubosq, elle était encore trop courte, car, tandis ([ue Vidal parvenait à s'échapper, Dubosq tombait sur le sol si malencontreusement qu'il se cassait la jambe sans pouvoir se relever.

Une ronde le réincarcéra peu après dans sa cellule.

Quant à Vidal, c'était de sa part une grave imprudence que de se réfugier dans une ville comme Lyon où il était particulièrement connu et où il risquait, à chaque pas, d'être démasqué.

En effet, le 17 prairial an Vï, une perquisition était faite chez un nommé Châtre, prévenu de vol, et chez lequel il avait trouvé asile.

11 s'y dissimulait sous le nom de a Borel ».

Gomme il se trouvait là au moment de la perquisition, et qu'il ne put exhiber aucun papier, il fut arrêté en même temps que son hôte.

Amené devant le juge de Paix Perret, il soutint s'appeler Pierre Borel, âgé de trente-huit ans, militaire hussard du lo*.

o D. — Avez- vous des papiers?

R. — Non.

D. — OÙ avez-vous logé pendant les deux jours que vous êtes à Lyon, dites- vous ?

R. — La première nuit chez une femme dont je ne connais pas la demeure, et la nuit dernière chez le citoyen Châtre.

D. — D*où venez-vous?

R. — Du côte de Rouen.

D. — Avez- vous un congé de votre corps ou une feuille de route?

R. — Non; je suis encore attaché au corps, et j'ai perdu mon billet d'hôpital.

D. — N'êtes-vous pas échappé des fers auxquels vous avez été condamné à Grenoble?

R. — Oh! non.

D. — Qui connaissez-vous ici?

R. — Personne, à l'exception du citoyen Châtre. »

Comprenant que cette attitude conduirait à des recherches qui certainement seraient fâcheuses pour lui, de deux maux, il préféra le moindre, et, avant que d*être renvoyé par le juge, il se rétracta et déclara qu'en effet il avait été condamné à quatorze ans de fers sous le nom de « Pierre Lafleur » par le Tribunal criminel de l'Isère, il y avait environ trois ans, mais qu'ayant eu l'adresse de s'en échapper, il s'était engagé dans les hussards où il servait depuis deux ans et demi.

L'expédient était maladroit, car il pouvait être trop facilement contrôlé.

La vérité fut vite connue, et, le i6 messidor an VI,. il était ramené sous bonne garde à Pontoise, et de là,, le i'^'' thermidor, à Versailles.

Mais il devait être seul à répondre devant le Tribunal criminel.

Dubosq, l'abandonnant cette fois, parvenait à nouveau, avec une audace incroyable, comme nous le ver-

AFFAIUK VIDAL-DUFOIIU, DIT « LAFLKUR » 2:>9

rons plus loin, à s'évader, ainsi que sa maîtresse, le 29 thermidor suivant.

Ils ne devaient point être repris de silot.

Ce fut le 22 fructidor an Yl que Vidal comparut devant le Tribunal criminel de Versailles, présidé par le citoyen Cholet.

Malgré le chaleureux plaidoyer de son défenseur, le citoyen Ranté, et après le défilé de 24 témoins, Vidal se vit condamné, lui aussi, à la peine de mort.

En effet, la déclaration unanime du jury, par la bouche de son chef, le citoyen Chevreul, avait été que les faits relevés contre Vidal étaient constants.

Son pourvoi ayant été rejeté par le Tribunal de Cassation le 28 vendémiaire an VU, Vidal fut conduit en charrette, le 12 frimaire suivant, sur la place de la Loi de Versailles, où il eut la tête tranchée sur Téchafaud.

C'était la cinquième qui tombait!

Affaire Dubosqii

Première audience (28 frimaire an IX).

« Le Tribunal criminel, citoyens ! » annonça solennellement un huissier-audiencier en habit de « drap bleu national », avec, à la boutonnière, une médaille retenue par un ruban tricolore ^ ; veste et culotte rouges, chapeau à la française 2.

Toute la salle, ainsi que les jurés et les accusés se levèrent; les hommes se découvrirent; les gendarmes rendirent les honneurs.

Précédé d'un second audiencier, le Tribunal apparut par une porte du fond.

Le Président, le citoyen Cholet;, et les juges portaient le costume nouvellement édicté^ : habit noir, sur lequel était jeté un manteau court, de soie noire, à collet rabattu, et garni tout aulour d'une bande de soie bleu-ciel de la largeur du collet; pendant sur la poitrine, une cravate de batiste; en sautoir, sous le mantelct, un ruban rouge, liséré de bleu et de blanc, auquel était suspendu un petit faisceau avec une hache en argent; sur la lete, un chapeau h trois

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