Loi du 3 brumaire an \\ et décret du 2i germinal an VIIL
AFFAIRE DUBOSQ 261
cornes ayant, par des ganses de velours noir, les bords raballus sur la forme, laquelle était serrée par un ruban de velours également noir, avec un gland de soie de même couleur.
Sous un coslume identique, le Commissaire du Gouvernement fermait la marche. Ce magistrat, de haute stature et de constitution athlétique, n'était autre que Brillât-Savarin, l'épicurien bienveillant, aimable et paradoxal, qui devait, cette année même, être nommé au Tribunal de'Cassation, avant que d'écrire ce petit chef-d'œuvre d'humour, d'esprit, de philosophie et d'art culinaire : la Physiologie du goût.
A peine installé, le Président déclara l'audience reprise.
Un grand brouliaha se fit dans la salle et chacun s'installa.
Depuis la Révolution, le Tribunal criminel de Versailles se tenait à la Geôle, vastes bâtiments situés entre la rue Neuve, d'une part, et à l'angle des rues Ducis et de la Pourvoierie, d'autre part, près la rue du Plessis, et comprenant alors les prisons criminelles où la populace s'était livrée à des massacres sanglants les 9 et 10 septembre 1792, le Palais de la Cour de Justice et le Greffe.
La salle où se déroulait l'affaire Dubosq était l'ancienne salle des audiences du bailliage, aménagée en l'an II par l'ingénieur Le Masson ^ et que l'architecte Saint-Cyr venait d'agrandir encore en prévision du procès actuel.
La salle était un peu sombre, et, comme il faisait ce jour-là un lemps épouvantable, une tempête de vent et de pluie qui cinglait contre les vitres, celle-ci, bien