‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 68 sur 80 · C'est d'ailleurs ce qu'il fit Tannée suivante · texte numérisé non relu

C'est d'ailleurs ce qu'il fit Tannée suivante

VOUS le silence ou les révélations mêm« d'un détenu. Il écrivait donc, 'le 3o messidor an V...

DuBOSQ. — C'est bien vieux!

Le Président. — Rassurez-vous, Dubosq, Richard a été cité, et nous verrons s'il confirme cette lettre, entre autres, qu'il adressait au juge Daubanton, précisément de la prison de Rochefort, où il était incarcéré :

Citoyen, je vous déclare que le 13 floréal an IV, j'ai déjeuné sur le boulevard du Temple avec Courriel, Dubos, Rouchy, Lafleur et le prétendu Jean-Baptiste Laborde, ainsi qu'avec Bruer qui demeurait chez Courriel; que là, il y a eu une conversation dans laquelle j'entendis que le partage s'était fait chez Dubos, que Dubos et Courriol sont ceux qui ont massacré le postillon et que Rouchy et Lafleur se sont jetés sur le courrier, tandis que Laborde perçait le corps du courrier avec un grand couteau, qu'il manqua même d'être la victime de ses deux complices, qui se Irompoient, en le prenant pour le courrier. Croyez, citoyen, que mes intentions ne sont que de faire punir les vrais coupables, et que, si l'on me faisait paraître les accusés devant moy, je n'aurais pas de peines à les convaincre et qui ne pourraient pas nier d'autres faits que je leurs avancerois.

Vous connaissez tous mes malheurs, ce n'est pas dans ma position que l'on cherche à tromper les juges.

La fille Brebant peut vous instruire ainsi que bruer, mais ils nieront tout cela crainte de se compromettre.

Croyez que je n'employé que la vérité et que je la dois à la justice..

' Je persiste toujours, comme dans mes précédantes, que vous me fassiez paroitre les accusés et que je les confonderai.

Si je persiste à vous demander à paroître devant les accusés, c'est que je crains qu'il ne se commette encore une erreur aussi grande (lu'envcrs Le Surques, et que ces individus ne soient pas ceux que j'ai parlé dans mes lettres,

Pierre Richard, n^ 121.

AFFAIRE DUBOSQ 315

Le Président, continuant. — Et celte déclaration fut réitérée par Richard, le i'*^ thermidor an V, auprès du juge de paix de Rochefort qui, à cet effet, s'était transporte au bagne de ce port. Niez-vous toujours, Dubosq?

DuBOSQ. — Nier quoi? Que je suis coupable? Pour sûr. Il n'y a que ces habitués du bagne ou delà prison, qui ont encore la marque des fers, qui se plaisent à me reconnaître. Les vrais témoins, ceux-là ne l'ont pu le faire I

Le Présidext. — Audiencier, faites avancer Richard. (A Richard : ) Devant votre condamnation, vous n*etes pas admis à faire la promesse prescrite par l'article 35o du Code des Délits et des Peines^; vous n'êtes donc entendu qu'à titre de renseignement. Connaissez-vous l'accusé?

Richard. — Oui. Le i3 floréal an IV, je fus invité par le nommé Cou rriol, bijoutier à Paris, d'aller déjeuner avec lui; ayant accepté son invitation, nous fûmes ensemble au Cadran bleu, sur le boulevard du Temple, où nous avons trouvé l'accusé ici présent, les nommés Rouchy, Lafleur, Bruèr et un particulier qui dit se nommer Jean-Baptiste Laborde; je ne les connaissais pas alors; nous avons déjeuné ensemble; durant le déjeuner, j'eus besoin de sortir un instant ; en rentrant, j'entendis lesdits Courriol, Dubos, Rouchy, Lafleur et Laborde qui se disputaient à l'occasion d'un partage qu'ils prétendaient n'être pas égal, et qui avait été fait chez Dubos. Après notre jugement de condaifination, et étant avec Courriol dans la prison de « Bisaitre», ce dernier me dit qu'il était l'auteur, ainsi que Dubos, du massacre du postillon qui conduisait la malle de

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