‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 69 sur 80 · C'est-à-dire à prêter serment · texte numérisé non relu

C'est-à-dire à prêter serment

316 LAFt^AIRE DU COURRIER DE LYON

Lyon, que Rouchy et Lafleur s'étaient jelés sur le courrier, tandis que Laborde lui perçait le corps avec un grand couteau; que ce dernier faillit être la victime de Rouchy et de Lafleur, parce qu'ils le prirent pour le courrier en entrant dans la voiture.

Le Préside?ît. — Celui qui est là, vous le reconnaissez bien?

^.E Témoin. — Oui, citoyen.

DuBOSQ. — Si c'était la vérité, pourquoi ne l'a-t-il pas dit plus tôt à Paris, au Tribunal, quand il a passé avec Courriol?

Le Président. — 11 est toujours temps de dire la vérité, et il est regrettable que ce moment ne soit pas encore venu pour vous.

DuBOSQ. — Quand je la dis, on me répond que ce n'est pas vrai ! Je vais être obligé de commencer à mentir, comme tous ces particuliers !

Le Président. — Tenez, voilà une bonne occasion de la dire, car vous connaissez certainement la maîtresse de Courriol, la fille Breban aujourd'hui femme Ferret ?

DuBosQ. — Ne connaissant pas Courriol, je ne vois pas comment je connaîtrais sa maîtresse ; ce qui ne l'empêchera peut-être pas, comme les autres, de me reconnaître tout de même. D'abord, celle-là, je la récuse.

Le Président. — Mais je croyais que vous ne la connaissiez pas ?

DuBOSQ. — Si, je me souviens maintenant; j'en ai entendu tant de fois parler. On l'a relâchée peu de temps après le procès Courriol et Lesurques, et, un an plus tard, on l'arrêtait de nouveau à Dijon avec le bourreau; on la tint une dizainedejours dans un secret

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particulier à Paris, pour la faire convenir de ce qu'elle devait dire.

Le PRÉsmENT. — Est-ce bientôt fini ?

DuBOSQ. — Aussitôt sa déposition faite, les gendarmes la laissent retourner à Paris où elle s'est rendue avec Daubanton.

Le Président. — Je vous ai déjà dit de parler plus respectueusement d'un magistrat.

DcnosQ. — D'un ci-devant magistrat. Quoiqu'il en soit, il l'a fait monter dans son cabriolet ; tous les gendarmes de Melun pourraient attester l'avoir délacée plusieurs fois dans la salle, suffoquant par la boisson qu'on lui faisait prendre, car on l'a saoulée, et on mettait à côté d'elle, sur la table du grclïier, un grand vase de liqueur pour l'entretenir dans cet état jusqu'à ce qu'elle ait répété sa leçon K

Le Président. — Vous ne direz point que cette fois on ne vous laisse pas tout dire, même les choses les plus extravagantes. — Audiencier, faites avancer la fille Breban , mais je vous engage, Dubosq, à vous montrer, devant le témoin, plus modéré.

Madeleine Brebàn, femme Nicolas Ferret, exécuteur des hautes-œuvres du département de la Côte-d'Or, vingt-trois ans, et demeurant à Paris, rue Mazarine, depuis son arrestation momentanée : « Je reconnais que j'ai vécu avec Gourriol pendant environ dix à onze mois à Paris, rue du Petit-Reposoir, à l'hôtel Guillaume Tell, près la place Victoire. Pendant ce temps, j'ai vu venir assez fréquemment chez Gourriol un individu qu'on appelle Vidal-Dufour, et qui alors portait le nom de « Grand Lyonnais » et Dubosq qui, lui, venait plus rarement. Roussy y venait aussi, et

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