‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 72 sur 80 · Mémoire de Dubosq k son défenseur · texte numérisé non relu

Mémoire de Dubosq k son défenseur

chat, on suivait sans partialité les formes ordinaires, et sans Masson, huissier, qui de Paris transféra les prisonniers à Melun, je devais être le lendemain mis hors d'accusation. Aucune ombre de preuve n'existant plus contre moi, j'étais absous; mais, à son retour à Paris, il s'empressa d'informer Daubanton de toutes ces choses.

Le Présideint. — Sont-ce là vos belles résolutions ?

DuBOSQ. — Celui-ci accourt donc sans perdre de temps, fait suspendre la convocation des jurés, et, en un mot, je ne sais comment il s'y est pris, mais depuis ce moment, je n'ai vu que fraudes et stratagèmes abominables, suscités de toutes parts contre moi.

Le Président. — La situation désespérée où vous vous sentez à la lin de ces débats égare votre raison. Vous disiez tout à l'heure que vous vouliez discuter, faites-le sérieusement.

DunosQ. — En tout cas, on me renvoyait toujours devant de nouveaux juges.

Le Président, — Mais c'est vous qui vous êtes pourvu en cassation.

DuBOSQ. — Et, quand je voulais parler sur la fourberie des équivoques volontaires et sur la noirceur des phrases que l'on écrivait souvent à leur envers, le Directeur du Jury me répondait qu'il suivait les instructions du ministère et ses ordres en tout point, y étant obhgé. Il m'a donc fallu tout voir et tout entendre et les laisser travailler à leur manière. Ah ! je sais bien que mon moral S joint à toutes ces présomptions équivoques, peut me perdre, car la cause de celte injustice est le citoyen Daubanton, qui, huit jours avant la confirmation du jugement Durochat, est venu lui faire encore la

J. Pour moralité.

AFFAIRE DUBOSQ 327

proposition de faire casser le jugement sous les mêmes conditions qu'il avait exigées quand il lui avait promis qu'il ne serait condamné qu'aux fers sur l'intention ; mais, quand il n'a eu plus rien à dire, on Ta emmené à la mort.

Le Président. — Vous attribuez au juge de paix Daubanton un pouvoir auquel il n'a jamais songé.

DunosQ. — Ah ! si pourtant on pouvait démontrer tout cela, on reculerait sans doute alors à me condamner. Le fils Humblot n'hésiterait peut-être pas à le déclarer à la Justice, maintenant qu'il ne craindrait plus de perdre sa place de concierge; un homme de loi à Melun, dont le nom se rapprochait de Riquet', mince, grêlé, et qu'on pourrait retrouver si on voulait, est venu aussi me confier qu'il venait d'entendre Daubanton...

Le Président. — Pour la dernière fois, Dubosq, je vous rappelle au respect.

DuBosQ. — ...Qu'il venait d'entendre le citoyen Daubanton, chez l'accusateur public de cette ville, jurer <j[u'il fournirait bien des preuves de ma culpabilité; qu'au surplus, il me brûlerait plutôt la cervelle lui-même, s'il ne pouvait aboutira me faire guillotiner, ajoutant mille autres choses qui prouvaient qu'il m'en voulait au delà de l'imagination I

(( Non, Tamour-propre de la police, piquée de ce que je leur échappe mieux qu'un autre, me donne une renommée que je ne mérite pas, à tous égards !

(( On ne m'a même pas laissé voir mon défenseur en particulier : « monsieur» Mariotte était toujours là, et bien que ma femme soit dans le même corridor, qu'il n'y ait qu'une chambre d'intervalle entre nous, il nous

Page 1