‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, Dubosq et Béroldy. D'apresChapitre 73 sur 80 · llii)ert, dôfenseiir de Durochat · texte numérisé non relu

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328 L AFFAIllK DU COURRIER DE T.YON

a élé tonl le Icnips défendu, sous peine d'aller au cachot el de voir d'autres fers nous charger, de nous dire un bonjour ou un bonsoir.

Le Président. — Il est certain que ces précautions devaient vous gêner pour de nouveaux projets d'évasion ; ceci est fort regrettable, mais tout a une tin.

DuBosQ. — A (|Lioi bon, en tout cas, le silence le plus rigoureux qui nous était prescrit, même avec les autres détenus qui nous avoisinaient. Nous sommes enterrés ce (jui s'appelle tout vivants, et on a mis à ma femme une chemise, des pantalons et une veste de forçat, comme un homme, el même des. sabots, pardessus le marché.

Le Prkside>t. — Toutes ces questions, d'ordre inté- / rieur, sont bien secondaires. Ce ne sont pas elles qui ' sauveront ou feront tomber votre tête. » (Après un instant : ) « Voyons, Dubosq, puisque vous êtes, ditesvous, dans de plus sages dispositions, nous allons exécuter le jugement que le Tribunal a rendu le 5 ventôse an ^ 1, qui vous a été signifié le i3 frimaire dernier, et par lequel il a été ordonné que tout portrait ou buste de Lesurques serait ai)porté à cette audience pour y servir de pièces de comparaison ou de conviction ; et ([ue, d'autre part, uïie perruque blonde, h votre mesure, el à l'usage de votre tête, serait confectionnée, sur la vue du buste, par Saint-Martin, perru{{uier à Versailles, rue du Commerce. La veuve Lesurques ayant remis à l'huissier, à ce commis, un buste de (( terre crue » et un portrait de Lesurques en miniature, en forme de médaillon, la perruque a pu être dressée et un tableau peint d'après le médaillon.

Le Bon. — Citoyens, pour l'honneur des principes, je dois vous faire observer que l'accusé pourrait se refuser à la mesure prescrite par le jugement dont il

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vient (le VOUS être donné lecture. En effet, un accusé ne peut jamais être contraint à produire preuve contre lui-même, et cela résulte de l'article 538 du Gode des De'lits et des Peines; mais, comme l'intérêt des accusés est ([ue la vérité soit connue, ils consentent à l'exécution (ludit jugement ^ »

Sur ce, le Président ordonne que la perruciue blonde, fabriquée en exécution dudit jugejnenl, sera placée sur la tête de l)ubos(|. Le citoyen Julliard, perruquier à Versailles, rue de la Républi([ue, est alors introduit à l'audience, e(, siu* l'ordre du Président, pose la perru- ([ue sur la tête de Dubos([ ; mais il observe que les favoris des cheveux, naturels de Dubosq sont plus longs (|ue ceux de la perruque.

Le PuKSiDEXT. — (( Puisque Dubosq a prêté son consentement à l'exécution du jugement et que ce jugement ne serait point exécuté si les cheveux naturels de Dubosq paraissaient sous la perruque, j'ordonne au citoyen ])erru([uier, en vertu du pouvoir discrétionnaire que me confère la loi, de couper les cheveux naturels de Dubosq à hauteur des favoris artificiels, en sorte (jue les cheveux naturels de Dubosq ne paraissent point.

Le Bon. — N'est-ce point, citoyen Président, aller au delà du consentement qu'avait prêté l'accusé?

Le Président. — Dubosq, de son aveu, et ainsi qu'il résulte d'ailleurs d'un jugement qui a force de chose jugée, a été précédemment condamné à vingt-quatre ans de fers. Dès lors, les procédés envers lui peuvent être composés de moins d'égards qu'envers tous les autres accusés -. »

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